A MADAME DE
En lui envoyant un exemplaire de Numa.
J 'ai voulu dans ce faible ouvrage , Présenter la vertu sous les traits les plus 'doux :
J'aurais dû peindre votre image , Et je sens qu'Anaïs est encor loin de vous.
A-ussi modeste et plus habile , aiieux qu'flle vous savez régler tous nos de'sirs : Ce qui coûte à son ce^ar pour le vôtre est facile ;
Et ses devoirs sont vos plaisirs.
A MAlfAME GONTHIER,
Après lui avoir vu jouer la mère coîïfidente .
OtiE j'aime à t'écoutef, quan3 d'un accent si tendre Tu dis que la vertu fîit seule le bonheur !
Ton secret pour te faire entendi'el,
C'est de laisser parler ton cœur.
i^ïais , en blâmant l'amour, ta voix trop séduisante V^ers l'amour, maigre' moi, m'entraîne à chaque instant ; Et <iepuis que j'ai vu la mère confidente,
J'ai grand besoin d^un confident.
RÉPONSE
A une lettre anonyme d'une demoiselle de iS an:
V ous daignez lire mes romans , Vous de'sirez de me connaître ; Mais à vos yeux de dix-lmit anr.
Je risquerais trop à paraître.
Moiss fortumé que mes héros , Je n'en aurais que la constance ; Et je soufiTrirais tous leurs maux, Sans espérer leur récompense.
En me'crivant, du nom d'ami Votre aimable bonté m'honore ; En vous lisant, j'ai pressenti Qu'il me faudrait un titre encore.
PovB punir ma témérité, Vous fuiriez l'auteur et l'ouvrage ; Mes vers perdraient votre suffrage, Mon cœur perdrait sa liberté.