‹ Mélanges de teratologie végétalesChapitre 40 sur 51 · XI. — ANOMALIES PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

XI. — ANOMALIES PHYSIOLOGIQUES

Lilac vulgaris L. —Le15 octobre 1876, j'ai trouvé cette plante en fleurs sur de jeunes rameaux très-vigoureux. Cette floraison anticipée s'explique ; l'automne fut trèschaud et les pieds fleuris n’étaient abrités que du côté du nord et recevaient le soleil en plein midi. Mais l'aspect des grappes florales fut singulièrement modifié. Les axes de l’inflorescence étaient extrêmement raccourcis et au lieu de former uñe panicule bien développée, les deux bourgeons floraux du sommet ont donné deux groupes de fleurs contigus, simulant deux capitules très-serrés. Les fleurs n’ont plus que le tiers de leur développement normal. Elles étaient complètement inodores.

. Les bourgeons placés plus bas étaient fortement gon-

flés et, en les ouvrant, on reconnaissait qu'ils se préparaient à fleurir. — Jardins de Nancy.

Les monstruosités sont assez rares chez les plantes sauvages. La culture en plein air dans un sol fertile et les soins incessants donnés aux plantes d'ornement par nos horticulteurs, la sélection des sujets porte-graines, le métissage et l’hybridation, enfin le bouturage dans des conditions de chaleur, d'humidité, d’air confiné, de sol léger et riche conservent les variétés méritantes obtenues ou en créent de nouvelles. Ces faits sont parfaitement connus ; mais, ce qui ne l’est pas aussi généralement, c'est que tous ces procédés de culture et de multi plication donnent naissance à un grand nombre de cas tératologiques. C’est là ce que j’ai constaté dans les cultures de M. Bertier, horticulteur à Nancy, et petit-neveu du collaborateur de Mathieu de Dombasle. Mais ce n’est pas tout : ce jeune horticulteur possède un rare talent d’observation ; son œil scrutateur découvre les anomalies des plantes avec une perspicacité remarquable ; elles prennent immédiatement le chemin de mon habitation, et c'est grâce à son concours et à son extrême obligeance, dont je-le remercie, que j'ai pu jusqu'ici observer et décrire un aussi grand nombre de monstruosités.

DE

PAR

Mr. D.-A. GODRON,

Correspondant de l’Institut.

Page 1