‹ Mélanges égyptologiquesChapitre 4 sur 66 · Le cultivateur ( ^ ^ „ ) Amonerriheh , de · texte numérisé non relu

Le cultivateur ( ^ ^ „ ) Amonerriheh , de

la demeure d’Amonapet , qui commande parmi les gens d’Amonapet, sous l’autorité du premier prophète d’Ammon ;

4. Le fournisseur d’eau 1 Kaemuab ( ou Kaemous), du pavillon de repos 2 du roi Menkheperou-ra (Thothmès IV), sous l’autorité du (lacune).

5. Le soldat Nefer , fils de Nekhouiemmou , qui est sous l’autorité de l’esclave nègre Tanouramon, du premier prophète d’Ammon.

Total des hommes qui ont été dans le tombeau du dieu : hommes, 8.

Cette liste d’accusés est dressée sur le même modèle que toutes celles qui nous sont connues dans les documents de la même classe3. Nous n’y remarquons aucun per-

étaient l’objet ( Chabas : Études sur l'Antiquité, p. 147). On en trouve des traces , même à l’époque ptolémaïque et romaine ( Letronne : Lettre a Passalacqua , Catal. Passalacqua, p. 276 ). Un fonctionnaire écrit à un de ses inférieurs et le prévient qu’il le suit des yeux : «xol.ouÔoüvTa aoi 6'ji0a.'),uoit;.

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/www , littér. celui qui met ou ajoute de l eau. On

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trouve le titre : Fournisseur d’eau à l’occident de Thèbes ( Bircb : Coffins and mummies of the prince of Wales, 5.)

2 173’ s^ye- Probablement le lieu où le

roi se retirait pour se livrer au repos et au rafraîchissement. On

connaît les prêtres du siège : j ^

1 mi —

mandés par un jj?* .

3 Voir celles du papyrus Abbott, ci-devant, tome I, p. 144 et suivantes.

qui étaient corn-

LE PAPYRUS JUDICIAIRE AMIIURST

sonnage de quelque importance , pas de scribes , pas de prêtres.

Les aveux des coupables recueillis et la reconnaissance de leurs personnes faite, il fut procédé ainsi que l’expose la suite de notre texte :

« Ils furent mis à la question de la fustigation par le bâton ; on leur serra les pieds et les mains. Ils tinrent le même langage. »

Ce passage est fort curieux ; il nous montre le groupe

employé dans le sens de mettre à la ques-

tion, examiner par la torture. Cette méthode cruelle, dont nous n’avions pas encore rencontré de traces certaines , n'était sans doute appliquée que dans les cas où la culpabilité était évidente, comme dans l’espèce où les accusés avouaient leur crime. On sait d’ailleurs que le

admet divers déterminatifs) se

dit de toutes les opérations d’instruction judiciaire: investigations, confrontations , interrogatoires, comparutions, etc.1

Le groupe qui signifie fustigation, j^j£,^>est très-

i'" se lil

connu ; mais le mot

bafana, ne s’est pas encore rencontré ailleurs5; c'est évidemment le bâton avec lequel on frappe; il serait

i Ci-devant, tome 1 , 91.

2 On trouve la forme

XABA-T , t’aba-t (Pap.

Anast. III , 7, 2).

vraiment curieux de retrouver dans l’ancien égyptien l’étymologie du mot français.

En outre de la bastonnade, les accusés subirent sur les pieds et sur les mains une opération indiquée par le

uaa , maa. On remarquera le

groupe

déterminatif commun à tous les groupes exprimant dans cette phrase des actes de violence, i.iaa se rencontre seulement dans un passage du Rituel funéraire comme nom d’un bassin mystique ce qui ne peut absolument rien nous apprendre ; aussi ce n’est que d’après les vraisemblances que nous traduisons serrer les pieds et les mains. Un traitement de ce genre a toujours fait partie des tortures infligées aux malheureux mis à la question.

11 paraît du reste que l’opération n’allait pas jusqu’à la dislocation des membres, car, ainsi que nous allons le voir, les deux magistrats purent faire conduire les condamnés devant eux ( <=> \ c’est-à-dire en les

faisant marcher devant eux") jusqu’à l’occident delà ville, quartier de la nécropole où devaient être faites les confrontations.

Voici les derniers détails que nous puisons dans le papyrus :

« Le chef de la ville, gouverneur, Shaemab \

i Et le contrôleur royal Nassuamon , scribe du roi,

1 Lepsius : Todtb. , ch. 17 , 17. — Ælteste Texte , 30 , 17.

2 Voyez la phrase analogue au papyrus Abbott, pl. IV, lig. 17 , et sa traduction , tome 1 , 79.

3 Ou Shaemous. Ce nom signifie Couronné dans Th'ebes.

LE PAPYRUS JUDICIAIRE AMI1URST. 19

firent emmener les voleurs devant eux, à l’occident de la ville.

« En l’an 16 , d’Athyr le 19° jour, les voleurs posèrent la main sur le tombeau dont ils avaient touché les monuments funéraires ; leur confrontation fut faite, leur affaire mise en écrit.

• Le gouverneur, le contrôleur, le lieutenant et le commandant de la ville envoyèrent sur cette affaire pardevant le pharaon. »

On a vu par le papyrus Abbott que l’aveu des coupables ne suffisait pas pour motiver leur condamnation. Au préalable on les conduisait sur les lieux du crime, et là on les confrontait avec tous les objets dont ils avaient pu s’approcher pendant la consommation de leur méfait ; le procès-verbal de cette instruction constatait

qu’ils avaient mis la raain(^|c=^

sur ces

objets ; c’était ainsi une descente de lieux avec confrontation des accusés sur le théâtre du crime. Le nom hiéroglyphique de cette phase de la procédure est encore

Au papyrus Abbott on trouve la

Kl)

combinaison significative

examiner par une confrontation com-

plète'. Grâce à ces constatations, la traduction de notre papyrus n’offre pas de difficultés sur ce point, et il n’y

reste rien d’incertain que le groupe incomplet J

1 Pap. Abbott V, 5. — Traduction, ci-devant, tome F. p. 80.

(lig. 9. pi. 3), que nous croyons pouvoir être com-

J , l’utile , le nécessaire , ce que le

rapport écrit de l’affaire devait contenir pour que le roi pût la connaître et choisir les juges chargés de prononcer en dernière analyse sur le sort des coupables.

Ainsi donc nous ne possédons pas encore les dernières pièces de ce procès criminel ; il nous manque un document semblable au papyrus judiciaire de Turin , contenant l’institution du tribunal par le pharaon et le compte-rendu des condamnations. Ces pièces se retrouveront peut-être, car elles devaient être comprises dans l’énorme trouvaille de papyrus qui a fourni presque tous les documents de cette nature, et en outre la collection de papyrus deM. Harris, dont le Musée britannique vient de faire l’acquisition.

Nous avons reconnu , dans les mentions qui précèdent , quatre des fonctionnaires nommés au papyrus Abbott. Ce sont les suivants:

Le chef delà ville ( poliarque), gouverneur, Shaemab;

Le contrôleur royal Nassuamon, scribe du roi ;

Le lieutenant, dont les titres sont: le contrôleur Neferkara-em-pa-Amon , lieutenant du roi;

Et le commandant de la ville ( ^ ) '•

Trois de ces personnages faisaient partie de la commission qui visita les tombes dans la journée du 1 8 A thyr de l’an XVI; le quatrième, c’est-à-dire le commandant de la ville, y figurait aussi , mais comme accusateur.

i Ci-devant , tome I , p. 54 , 76 et suivantes , 82 , etc.

LE PAPYRUS JUDICIAIRE AMHURST. 21

Le lendemain 19 Athyr fut une journée bien remplie; les paragraphes IV et V du papyrus Abbott se réfèrent à des actes d’information judiciaire qui eurent lieu ce môme jour D’abord, le chef de la ville, gouverneur Shaemab , et le contrôleur royal, Nassuamon, inspectèrent les tombes des princes et celles des reines, et firent arrêter l’ouvrier Pekhar, qui fut ensuite interrogé et confronté sur les lieux; puis, le commandant

de la ville ( , incriminant l’information, porta

plainte directe au roi pour provoquer la désignation d’un tribunal spécial chargé de connaître de l’affaire.

D’après le passage du papyrus Amhurst que nous venons de traduire , c’est aussi le 19 Athyr de l’an XVI qu’eut lieu la confrontation des spoliateurs de la tombe du roi Sebakemsauf, et c’est encore ce môme jour que rapport fut fait au pharaon sur l’affaire. Le contrôleur et le gouverneur eurent ainsi à présider à deux confrontations différentes dans le quartier des tombes5. On conçoit que ces opérations aient été combinées de manière à éviter un double déplacement des fonctionnaires de Thèbes; toutefois, à en juger par ce qui nous reste de cette procédure, nous devons reconnaître que les magistrats égyptiens faisaient preuve d'une remarquable activité.

Nous sommes maintenant arrivés à l’espace resté blanc sur le papyrus , après lequel vient la dernière page

1 Ci-devant, tome I, p. 77 et 79.

2 Voir, pour la première, tome I , p. 78.

22 MÉLANGES ÉGYPTOLOGlyUES.

(Pi- IV), qui se compose seulement de trois lignes entières précédées des débris d'une quatrième. On y lit :

« (Voleurs de) individus 3

« Voleurs des maisons? .... individu 1

Total 4

« Voleurs du tombeau du dieu, qui (avaient été), à son ellractiori , placés devant le premier prophète d’Ammon-Ra, roi des dieux, pour les faire amener, puis les faire placer parmi les hommes gardés dans la geôle du temple d’Ammon-Ra, roi des dieux ; qui avaient parlé entre eux du vol , et dont le pharaon leur seigneur avait fait instruire la sentence :

« L’ouvrier ciseleur Setnekhl , fils de Penhaou , du temple d’Ousormara - Meriamon , dans la demeure d’Ammori ( Thèbes) , sous l’autorité du deuxième prophète d’Ammon-Ra, roi des dieux, et du scribe Nassuamon , du temple d’Ousormara-Meriamon , dans la demeure d’Ammon. »

Cette dernière page du papyrus nous donne simplement une liste de voleurs , incomplète au commencement et à la fin. Il y avait plusieurs séries d’accusés , dont la première sur notre fragment comprend quatre individus.

La série suivante se composait de spoliateurs d’un hypogée royal désigné seulement par le nom de tombe du

dieu : les groupes < ^ < , qui suivent cette

indication, ne nous présentent pas un sens bien clair: [-At-i a signifie séparer, entamer, fendre, et se dit du front ou du flanc de l’hippopotame entr’ouvert par un

LE PAPYRUS JUDICIAIRE AMHURST

glaive', mais nous ne l’avons pas encore rencontré exprimant l’idée effraction dans un édifice \ Ce point de doute et l’absence de mentions significatives ne nous permettent pas de décider la question de savoir s’il s’agit encore de la tombe de Sebakemsauf ou d’une autre tombe royale dont il aurait pu être parlé dans les portions perdues de la page. Ces prévenus avaient comparu devant le premier prophète d’Ammon , fonctionnaire qui tenait l’un des premiers rangs dans l’ordre judiciaire5. Ce magistrat les avait fait placer avec les

hommes gardés dans la geôle

, iyAAp 1 2 3 4) du temple d’Ammon. Là ,

ilsavaient converséavec leurs compagnonsà proposdu vol.

Ceue phrase

rappelle bien la forme copte atcaxi... lieu ucrrepuor, ils se dirent les uns aux autres, entre eux. Mais soit qu’ils eussent parlé entre eux, soit qu’ils eussent rencontré des compagnons ou complices de leurs méfaits , leurs paroles avaient été écoutées et avaient formé contre eux une charge qui détermina le pharaon cà ordonner leur mise en jugement , ou plutôt l’examen de la

1 Naville : Mythe d’Borus, pl. II, VII.

2 Si l’on pouvait lire i-^-, x> limite, on serait conduit à croire qu’il s’agit de voleurs arrêtés dans le voisinage de la tombe de Sébakemsauf, et distingués de ceux qui avaient été dans le tombeau même (voir ci-devant p. 16).

3 Voir ci-devant, tome 1 , 165.

* Mot nouveau qui rappelle le copte ^yiop , obturare.

condamnation qu’ils avaient méritée ( ^

). La justice égyp-

tienne organisait une surveillance étroite et recherchait les informations de la délation , ainsi que nous l’a suffisamment montré le papyrus Abbott

De cette série de voleurs il ne nous reste plus qu’un seul nom, celui de l’ouvrier ciseleur Setnekbt , fils de Penhaou , que nous avons déjà rencontré dans les fragments détachés. Il est impossible de reconnaître sûrement la liaison qui existait entre les fragments et la mention de la page IV; mais on peut supposer que le fragment donnant le nom de Setnekht a fait partie d’un préambule ou titre général du document, et que la dernière page , si elle eût été complétée, nous aurait donné le verdict des juges. Ce point pourra être éclairci par quelque nouvelle trouvaille ; car il est manifeste que le scribe qui a laissé vide l’espace de deux pages et qui a arrêté au premier nom une liste de plusieurs individus , a eu des motifs pour ne pas achever son œuvre sur le même papyrus ; il est conséquemment possible que l’on rencontre un jour les pièces qui nous manquent ici.

Le nom de Nasamon, Nasiamon ou Nasuamon 1 2 était fort commun à l’époque de la XXe dynastie ; il se ren-

1 Voir ci-devant, p. 15, la note relative à la Voyante.

2 Ce nom signifie: Celui qui est a Ammon. Les divers documents qui le citent présentent de légères différences dans la voyelle qui suit nas; ces différences étaient certainement insensibles dans la prononciation égyptienne.

LE PAPYRUS JUDICIAIRE AMHURST. 25

contre trois fois dans le papyrus Amhurst et semble désigner trois personnes différentes:

1° Le contrôleur royal Nasiamon , dont le nom est orthographié Nasuamon au papyrus Abbott ;

2° L’intendant des surveillantes Nasiamon , de la demeure d’Ammon-Ra, roi des dieux;

3° Le scribe Nasiamon, de la demeure d’Ammon-Ra, roi des dieux. Ces deux derniers personnages pourraient bien être un seul et même individu , car il est certain que l’intendant des surveillantes possédait aussi le titre de scribe.

Ici s’arrête l’analyse des mentions que nous livre le papyrus Amhurst. On voit qu’elles ne sont pas sans importance. L’application de la question dans l’instruction des affaires criminelles est un fait nouveau pour nous ; mais nous savions déjà que, l’instruction faite, les affaires de cette nature étaient renvoyées devant le pharaon, qui ne prononçait pas de jugement, mais désignait les magistrats du tribunal, qu’il choisissait parmi les hauts fonctionnaires militaires , religieux et civils. Il n’existait pas de tribunal permanent pour le jugement des crimes. 11 en était institué un pour chaque affaire , comme en France il est institué un jury pour chaque session d’assises.

La spoliation des hypogées dès l’époque pharaonique a été signalée par d’autres documents originaux , et surtout par le papyrus Abbott , qui décrit ainsi l’état d’un hypogée public livré au pillage : « Les voleurs avaient violé toutes les sépultures ; ils avaient arraché les momies de leurs coffres et de leurs caisses , et les avaient

jetées sur la poussière ; ils avaient volé toutes leurs fournitures qui leur avaient été données, ainsi que l'or , l’argent et les garnitures qui étaient dans leurs coffres funéraires. »

On peut comparer avec ce texte, qui date de 3000 ans, la relation suivante de M. Passalacqua: « Les nombreux tombeaux publics de Thèbes sont plus ou moins praticables, selon les ruines qui les encombrent. La plus grande partie d’entre eux , noircis par le feu et remplis d’une immense quantité de fragments de momies et de débris de cercueils brûlés , attestent que tout ce qui y avait été anciennement déposé par les Égyptiens y avait été la proie des flammes •

Cette relation nous parle de l’incendie des coffres funéraires, circonstance que le papyrus Abbott ne mentionne pas, mais qui concorde parfaitement avec la déclaration faite par les spoliateurs du tombeau de Sebakemsauf. Elle est aussi d’accord avec ce que disent les savants de l’Institut d’Égypte de l’aspect que présentaient de leur temps les chambres intérieures des pyramides , ces tombeaux des plus anciennes dynasties : On y voyait des amas de momies brisées , de toiles et d’ossements épars , et de fragments de sarcophages.

S. Birch. — F. Chabas.

1 Catalogue Passalacqua , 198 et 202.

TRANSACTION SUR UN LITIGE

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