‹ Mélanges Émile Le SenneChapitre 173 sur 186 · LE · texte numérisé non relu

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Planche 39.

MEÉLANGES

FÊTES NATIONALES AUX CHAMPS-ÉLYSÉES. o6r

IX. — Fête du 14 juillet an IX. Vue de 1a salle de Walze construite au Carré de la Laiterie. Se vend à Paris, chez Martinet, rue du Coq-Honoré,

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Eau-forte anonyme coloriée. H. 0,172 — L. 0,270. Bibl. Nat. Estampes. Qb. 116, année 1801. Contrefaçon en noir (H. 0,070 — L. 0,218) dans

London und Paris, vol. VII, pl. XVI, reproduite dans Ch. Simond, Paris de 1800 à 1900, t. I, p, 23, et d’'Aristeet Arrivetz, Les Champs Élysées, p 08.

X. — Fête du 14 juillet an IX. Vue du rocher élevé au carrefour de l'Étoile. Se vend à Paris, chez Martnet, rue du Coq-Honoré, n° 124.

Eau-forte anonyme coloriée. H. 0,173 — L. 0,272. Bibl. Nat. Estampes. Qb. 116, année 18o1.

XI. — Vue brillante de l’anniwersaire du 14 juillet 1801, du 25 messidor an IX. Feu d'artifice tiré à l'Étoile des Champs-Élysées, sous le Consul Buonaparte premier de la République française. (Voir la reproduction, pl. 39.)

Eau-forte anonyme coloriée. S. 1. n. d. H. 0,158 — L. 0,213. London und Paris, vol. VIII, pl. 17. Le ballon d'artifice avec étoile, qui se voit dans le haut de l’estampe, à droite, se retrouve dans Ruggieri, Éléments de Pyrotechnie, 3° édit. 1827, pl. 22.

Les n° VIII et IX, décrits plus haut, sont des contrefaçons dans London und Paris. Par contre, cette planche paraît ici être originale.

XII. — Fête aux Champs-Élysées. Équilibres et tours de force, danses, oérostats, feu d’artfice, orchestres, valses.

Eau-forte anonyme coloriée. S. 1. n. d. H. 0,162 — L. 0,260. Bibl. Nat. Estampes, coll. Hennin, vol. CXLV, fol. 30.

Cette image représente diverses scènes de la fête. On y voit un joueur de flûte et un gamin faisant danser des marionnettes; un personnage courant sous lequel on lit : Jocrisse ; des couples de danseurs devant une estrade qui porte l’inscription walses ; une chaîne de danseurs, au milieu, le mot Danses. Au fond, un ballon éclate en artifice et, à gauche, une estrade basse supportant trois équilibristes.

XIII. — Fêtes brillantes données aux Champs-Élysées et sur la rivière de

Seine, pour la fondation de la République. À Paris, chez Jean, rue Jean-de-Beauvais, n° 32.

Eau-forte anonyme coloriée. H. 0,198 — L. 0,284. Bibl. Nat. Estampes, coll. Hennin, vol. CXLV, fol. 29. Joutes, lances et autres exercices donnés sur la rivière de Seine. Termes de la carrière qu'ont parcourue les chaloupes et bateaux. Monument élevé au milieu de la rivière de Seine, à la gloire de la République, entre le pont des Thuilleries et celui de la Concorde.

XIV. — Fêtes brillantes données aux Champs-Élysées pour la fondation de la République, les cinq jours complémentaires de l'an IX et le premier jour de l’an X. À Paris, chez Jean, rue Jean-de-Beauvais, n° 32.

Eau-forte anonyme coloriée. H. 0,196 — L. 0,288. Bibl. Nat. Estampes,

262 AUGUSTE TRICAUD.

coll. Hennin, vol. CXLV, fol. 35. Jeux de bague dans l’allée qui borde le

chemin de Versailles et dans l’allée d'Antin.

Danses et orchestre au bout du quarré Marigny. Monumens dédié aux vertus guerrières et Républicaine (sic). Soleil en illumination entouré des douze signes du zodiaque au-dessus des portes du ci-devant Palais des 500.

XV. — Fête du 1* vendémiare an X. Jeux du mût de cocagne, avec une perspective de la décoration du Corps législatif aux fêtes du 14 juillet et du premier vendémiaire an 10. À Paris, chez Depeuille, rue des Mathurins-Sorbonne, aux 2 pilastres d’or.

Eau-forte anonyme, en noir, d’après le dessin de Naudet. H. 0,240 — L. 0,387. Bibl. Nat. Estampes. Qb. 116, année 1801.

XVI. — Fête du 1° vendémiare an X. Vue de la salle de walse, aux fêtes du . 14 juillet et 1° vendémiare an X. À Paris, chez Depeuille, rue des Mathurins-Sorbonne, aux deux pilastres d’or.

Eau-forte anonyme en noir, d’après le dessin de Naudet. H. 0,238 — L. 0,388. Bibl. Nat. Estampes. Qb. 116, année 18or.

Telles furent les premières fêtes nationales célébrées aux Champs- Élysées. Le silence fait autour d'elles par tous les historiens est parfaitement injuste, d'autant qu'ils ont décrit avec complaisance celle du 9 novembre 1807, organisée en l'honneur de la célèbre paix d'Amiens. Elle ne fut cependant ni plus remarquable, n1 mieux réussie. Les fêtes du 25 messidor an IX et du 1°" vendémiaire an X méritaient d’être mieux connues, et de reprendre leur place logique dans la chronologie et l’histoire de nos réjouissances parisiennes.

AUGUSTE TRICAUD.

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Les Militaires

du VIIT Arrondissement

L'épopée des combats de la Révolution et de l'Empire, qui hanta notre mémoire jusqu à la guerre actuelle, domine parfois les échos de la bataille longue et cruelle que nous suivons arxieusement ; c’est que l’histoire contemporaine nous est mal ou trop peu connue.

Les hauts faits de nos concitoyens peuvent soutenir la comparaison avec la glorieuse légende des grognards; ils la surpassent souvent et alors les récits des anciens s’estompent et n'apparaissent plus que comme un rêve, celui que le poète Zedlitz a décrit dans une ballade :

C’est la grande revue Qu’aux Champs-Élysées, À l'heure de minuit, Tient César décédé.

Chant allemand qui ne fait point ‘image, mais que la pierre de Raffet a immortalisé par ses héros nébuleux défilant au-dessus de l’avenue triomphale sous la clarté lunaire.

Cette lithographie nous intéresse encore parce que des grands chefs, parmi ceux de la troupe des fantômes, ont vécu tout près des Champs-Élysées.

Nous allons, au cours d’une sorte de ronde historique, les retrouver en leur logis, eux, leurs devanciers et leurs imitateurs.

Par lui-même, le Huitième ne prit jamais un air guerrier, au

264 J. VACQUIER.

point de rester paisible lorsque les ennemis descendirent « le grand cours »; citons pourtant deux casernes datant du xvn° siècle, sur les dix installées alors dans Paris; c'étaient la Pologne, dite caserne de la Pépinière où logeaient les Gardes françaises dès 1763, et Penthièvre (rue Verte), en 1780; mais les militaires ne furent qu'une distraction topique. -

Ce n'est du reste qu'à partir du xvir° siècle que parmi les habitants du faubourg Saint-Honoré les modèles chevaleresques, les sacrifices patriotiques, les dévouements militaires s’ajoutèrent au point de retenir l'attention de la postérité.

Les parchemins enregistrent le nom d'un hôtel (détruit aujourd’hui) qu'habitait, rue de l’Arcade-des-Bénédictines, Charles de Rohan, maréchal de France, prince de Soubise, né à Paris et mort en cette ville; Soubise depuis le grade de capitaine, reçu à 17 ans (1734), jusqu'à son dernier souffle (1787), fut également brave soldat et chef médiocre. Dans la galerie des maréchaux de l’ancien régime, cette figure se détache cependant sur le fond désagréable de Rosbach mais n'obtient quelque relief par ses succès sur les Prussiens, en 1758, que grâce à Chevert; mais il fut si bon courtisan |

La maison de César de Damas d'Antigny, aide de camp de Rochambeau en Amérique, rue du Faubourg -Saint-Honoré, 112, est un témoignage du désintéressement français et de notre passion de liberté universelle; les événements actuels les récompensent.

L'hôtel qui s'élevait au n° 31 de la même rue fut habité par le général comte René de Marbeuf, gouverneur de la Corse. Son nom rappelle des services rendus à la France et aussi à la famille de Charles Bonaparte; en reconnaissance de ceux-ci, la veuve du général et son fils bénéficièrent d’une pension viagère de 6000 francs. Plus loin, nous reverrons cet hôtel en palais ; c'est aujourd'hui l’ambassade du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande.

Les noms de Roquépine, lieutenant-général en 1762, du maréchal de Matignon et du lieutenant-général Louis de La Trémoïlle, gouverneur de Bourgogne, évoquent aux coins des rues l’ancienne armée.

S1, des voies publiques, nous passons au square Louis-Seize, nous foulons les tombes de Custine, Westermann, Luckner et La Tour du Pin.

Parfois on retrouve quelque analogie entre les années du début de la Grande Révolution et celles où nous vivons, sauf de la nervosité dans l’armée et dans le peuple. En 1789, on sentait, en effet, les

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