‹ Mélanges Émile Le SenneChapitre 96 sur 186 · LÉON GRUEL · texte numérisé non relu

LÉON GRUEL

une supplique adressée à $S. E. le Ministre de l'intérieur par les frères Hervet et qui, j'espère, pourra intéresser un jour nos confrères qui s'occupent de l’histoire du quartier ; elle est datée du 20 décembre 1806, était accompagnée d'un double plan sur lequel on lira parfaitement de quelle façon fut installé l'alignement de notre rue Royale, en opposition à ce qu'elle était précédemment.

Seule la place devant l’église n’a pas été réalisée. Voici ce docuentre

Monseigneur,

Il est sans doute dans vos intentions que lorsque l’on projette un allignement dans Paris, on concilie autant que possible, 1° le bien public, 2° l'intérêt du Gouvernement, 3° enfin celui des propriétaires qui ne doit être lezé que dans l’absolue nécessité.

C’est en s'appuyant sur ces bases, que les S'° Hervet frères, croient pouvoir présenter à V. E. leurs observations sur les allignements projettés à l’occasion de l’E. de la M., depuis la rue Saint-Honoré jusqu’à ce monument.

Le premier projet, arrêté alors par le feu roi Louis XV, d’après la proposition du S' Gabriel, son premier architecte, consistait à prolonger la rue Royale (dite à présent de la Concorde), dans toute sa largeur. et à établir une place en avant de cette église, telle qu’on la voit indiquée avec ce prolongement sur le plan ci-joint.

Le même artiste, auteur de la place de Louis XV, prit soin que le portail de l'Église, lorsqu'il en donna aussi le projet, eut précisément les dimensions nécessaires pour concorder à la décoration de cette Place, et former avec le reste un bel ensemble.

On ne sait par quelle raison ce plan fut modifié après plus de 30 ans, mais comme ce second projet ne consiste qu’à donner, près de l’église, à la rue projettée un évasement peu nuisible aux propriétaires, le gout seul aurait peut-être à s’en plaindre; ainsi on va passer au 3° et dernier projet.

Par ce projet désastreux pour les propriétaires, on a proposé et fait arrêter en 1797 (an 5) par M. Benezech alors ministre de l’intérieur, de continuer le Ba avec des contre allées dans cette partie où l’on en a jamais vu, et même d’en augmenter à cet effet la largeur, comme si le terrain nécessaire eut été parfaitement libre. Il en résulte cependant, qu’il faudrait porter fort en arrière la façade entière des maisons du côté du marché d’Aguesseau. Par là on enleverait aux propriétaires actuels et même à ceux qui ont rebâti depuis peu, des terrains précieux, tant pour eux par leur produit, que pour l’ État par les contributions.

Encore si cette continuité d'arbres eut conduit ] jusqu’ à la place de la Concorde, ce motif pourrait être déterminant, mais c’est pour s’arrêter à la rue Saint-Honoré devant des bâtiments particuliers ; autant vaudrait la faire finir en deça de l'Église. Le public n’a pas besoin de ce petit surcroit de promenade, quand tous les environs lui en présentent. Le monument d’ailleurs se trouverait mieux, ce semble, d’une belle façade de rue et d’une place qui en décorerait l'entrée sans nuire à son effet optique.

La maison des S' Hervet, désignée sur le plan par la lettre H, qui déjà se trouvait dans le cas de perdre par le premier alignement, serait anéantie par le dernier.

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