‹ Mélanges et lettresChapitre 11 sur 67 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

tête. Car c'était le propre de M. Douclan de ne jamais faire îe sacrifice de la moindre nuance de ses opinions à ceux qu'il prisait le plus ou qu'il aimait le mieux; ni le respect, ni l'affection n'avaient de prise sur l'indépendance de ses jugements. Il mettait une sorte de fierté modeste à demeurer et à se montrer tel qu'il était, et les preuves de cette liberté d'esprit si complètement affranchie de l'influence des idées qui dominaient autour de lui apparaissent presque à chaque page de sa correspondance.

Le trait distinctif de M. Doudan, c'était la sûreté de son goût. Gomme il n'avait rien d'exclusif dans ses préférences, comme sa bienveillance était extrême , les auteurs se trouvaient mal à l'aise pour contester son jugement littéraire. Ses amis et ses connaissances, quand ils tenaient une plume, trouvaient plus commode de recourir à sa censure anticipée. Bien peu s'en sont fait faute, et tous ceux qui s'y sont soumis n'ont eu qu'à s'en féliciter. M. Saint-Marc Girardin n'a guère

Page 1