SUA LB FUSIL DB OUBIIR
ET
SUR LE pUSIL DE CHASSE.
A&OUMBWT.
Fn^ils à $ile|:. — Fjisil3 k percu^sioq. — Fusils se c)^|t/rg^ap^f f^r la culasse. — Conditions auxquelles derrait satisfaire ipn fusil ^ charçeastparla culasse pour être propre à la guerre. — * Garactjbre nouveau «ue lie perfecy^MVieoiiepit liu fou Ae l^aoïtaKiA k*-
rait prendre à la guerre.
If^iurmUiQU à^ 1% platine à silex pour trans* ïf^tv^è hr £w 9L la charge date de i63o; mais <m fpimneQça s/eule^l^^t ea 1670 à remplacer les mpusqiiiet^ p^ des fii^; en i68o^ {unesqpie toute rinfaQterie était déjà armée de fusils.
En 1678 , les filais des grenadiers fiirent «rmés d^une baïonnette à manche qui se fixait au bout du fusil en enfonçanf ce manche dan§ h çanoii : ainsj, il fidlait retirer la baïonnette pour faire feu.
En 1701, on commença à armer les fusils d^une baïonnette à douille qui permettait d^exé-:
çQbsf ]ét igeau 4m5 h retirer ; eu i 7o3 , itoute Vifirfmi€^ fr^fiçai^ .était armée de qe fusil , ^et en f7o4j il w^ »é(;é adopté par toutes les skutso^ {HiilSM^^ de jL^&uxupe* iPeu avant la .guerre de Ç^ésie , f^w ^l^^ta .eo 1740 9 les ^russicais s^xba-r
4o^ on s^^èl^ servi jw^jn^alore.
Après que Tinfanterie .eut été armée de ioàsâs k taïonnette, le feuacquit une teUe importance, qa^il devint son principal moyen de x^ombattre^ jet ^^eUe -ne. se joÂgnîl; plus ,qiïe très-rarement à l^anne blanche. Le &sil laissait pourtant encore t^ieaucoup à désirer ; son emploi présentait de ^graves inconvéniens, >et F^pn continua de s^ocon-* f^ à le perfedionner.
Eyaminons^en les inconvéniens , tant pour ia .guerre que pour la chasse : ce sera la meilleure «panière de faire pressentir de quelle nature de** Juraient être les perfeetionnemens que cette arme arédiame iencor^.
L'amorce s'envole s^il £iit grand vent ; elle se l^etd si IW r^nplit trop le bassinet; eQe se mouille si le fusil a étë exposé à la pluie, et alors Bile ne s^enflamme plus , ou elle fuse , et le fusil fait long feu f le bassinet s^enorasse lorsque Ton a tiré quelques coups de fiisil , il faut le nettoyer ; ia Imnière 4»e bouche ^qudqu^is aussi , fl faut
r^ing;ler ; les pierres s'^érooussent ou se cassent, il faut les remplacer; la batterie ne découvre plus bien le bassinet , il faut nettoyer et huiler le ressort de batterie. On compte dans le fusil de guerre à silex français un raté de platine ou de canon sur neuf coups , un long feu sur dix-huit coups , et il faut ordinairement changer la pierre au bout de trente coups.
La platine , cette partie de Varme destinée à transmettre le feu à la charge , est d^un travail compliqué , et Ton parvient diffiicilement à établir le rapport de fi»*ce désirable entre le grand ressort , qui communique le mouvement au chien et le ressort de batterie. Ce n^est pas sans peine que Ton apprend aux soldats à bien démonter et à bien remonter la platine , ce qui est pourtant fort important, puisqu'elle peut être impropre à remplir son but si elle est mal re* montée. Elle est sujette à de nombreuses dégradations : ainsi , il arrive , au bout d'un certain tçms de service, que la feuille d'acier qui recouvre la batterie s'use, et alors l'arme rate toujours, le bassinet se déforme, la batterie ne le recouvre plus exactement, et l'amorce se perd ; les crans du repos et de Parme , ou le bec de gâchette , qui s'engage dans ces crans , se cassent ou s^usent, et le fusil part au moindre choc; par
MÉLAN6E& 293
exemple, quand on exécute le mouvement de se reposer sur les armes.
La charge varie , parce qu^il se perd plus ou moins de poudre en amorçant , et que le soldât en jette souvent une partie pour éviter que soh arme ne repousse. Il arrive quelquefois aussi , au milieu du tumulte du combat et du bruit des armes , surtout dans ces momens de trouble et de précipitation qui se rencontrent fréquemment à la guerre , que le soldat charge mal, soit parce qu^il ne laisse tomber qu^une partie de la poudre dans le canon, avant que d^enfoncer là cartouche, soit parce quHl n^en laisse point tomber du tout, ou quMl met la balle la première, et alors le coup ne part point. Ordinairement , il ne s^aperçoit quMl a mal chargé que lorsquHl a introduit plusieurs charges les unes sur les aatres. J^ajouterai , en ce qui concerne le fusil, le mousqueton ou les pistolets que porteraient des cavaliers , que , ces armes ayant alors la bouche dirigée vers la terre , la charge descend par suite du mouvement du cheval.
Le canon s'encrasse promptement, et Ton éprouve bientôt de la résistance en y enfonçant la cartouche ; cette résistance augmente progressivement, au point qu'après avoir tiré cinquante coups avec la poudre dont on s'est servi en
àg4 1ËÉLÂK6ÊS.
France pttÈèOttl leâ guerres dé fa î%fcXMah et de Tempire , on était contrami , poitt potitèii tirer de nouveau , de laver le canon. Les Àh" ^laSs , qui se servent de poudre fine , peuvètfé tirer plus dé eent cotips^ avant que' et hiveè le eanon , quofqû^fls emploient des balles de i6 k là livre, tandis qtf en France elles ne sont qire de ôo à la livre. Le canon pourrait fféaUèuri^ Mtë ttfiloùg service sans avoir besoin de rép^àtiônî,éi la lâmière né se détériorait afssel pi^onipte^ tnent. Lorsqu'elle s'est étaséé, bientôt la pondre de la charge tombe dans kf bassinet par tetië lîi^ ntàère , le gaz qui s'échappe du canon dimiàiie hi pwtée^ et lé crachefrtent devient g^nt è^ même dangereux pour le soldait placé à là droite fle celui qui tire ; on est obligé alors dé mettre Un grain à la lumière.
Le tir a peu de justesse, parce qtte la diar^V tôhû qu'on l'a vu , n'est pas^ toujours lai même ^ parce que le coup n'est pas à balle forcée ; paTôë que le fusil, si l'on veut le charger de liianièi^é â obtenir une portée suffisante, repoussé tellement que le soldat n'ose appuyer sa joué sur la crosse pour ajuster. Aussi Gassendi prétendaitil que chaque soldat ennemi tué pendant léé guerres dé la révolution fi*ançaise avait coûté à Pétat igon pesant de plomb.
Le Jeu de Fiâfdtitêiié fbriùée i^ûr dent où stif tteàs rangs ( et je parle dii feu de àexut i*angs , qffai est ^ poor ainsi dire j le seul en tisage à là guerre ) a dans le début beaucoup de yifàëHê ^ meàs son intetfsîté ta! éii diminnant avec nne grande Mpidité par suite de Tencrassement àëd «naes, de Faugmetltaiiein progressive des ratés ^ de la nécessité de changer des pierres, dé déboù-« i^ei^ dé9 Itf ÉtièfrèS , dé décharger dès sttttteÈ par ht berbéhe dti canons ^ et piar suite d^àccideÉts dont fl sera parlé toùt-à-rheurè ,- t(ui mettent be^s de éoîtibat quelques soldats.
Plusieurs accidens peuvent arriver pendàift ijftk^ Ton etéeute le fèu:
Le soldat , après avè^f tiré , relève quélqttefois le chien par inadvertance au cran de Tarniê^ et lé ibsil peut partir pendant qti^il le charge; le moindre choc le feit partir , même au repos ^ i^î les crans on le bec de gâchette sont usés oti èâSsés, ce qui peut occasioner dé^ acddens et
dès alertes.
Quelquéfoiâf aussi,- quoique le chien sdft au repos , le soldat j croyant que soû fosil est ariné , tétié lé faire pairtir , et il peut casser le bec " de gaehètte ou le crari de la( noîir.
De^ fêisils dans lesqnëb ont été accumulées phtsièrtors^ chargeis pfeutént enfin partir après
avoir été épingles, et éclater; ils peuvent éclater également si la balle, par suite de Tencrasse^ ment du canon, nV pas été enfoncée jusqu^à la poudre.
Le soldat peut laisser la baguette dans le canon par inadvertance, après avoir chargé; le coup parti , il nV plus de baguette, et se trouve désarmé.
La baïonnette peut blesser la main droite àa soldat pendant qu^il bourre ; il peut quelquefois aussi se blesser à la même main avec la pierre , lorsqu^il n^a pas eu Tattention d^en abattre Yastgle extérieur.
Enfin , en désarmant lé fusil , le chien peut échapper, surtout quand il fait froid, et Parme part.
Presque tous les chasseurs se servent de fusils à deux coups, emploient pour charger une poire à poudre, et ne chargent ordinairement qu^ plomb. On appréciera facilement ce qui, dans les observations qui viennent d^ètre faites , est applicable au fusil de chasse ; mais il faut y ajouter les observations suivantes.
Le fusil de chasse pourrait tirer un plus grand nombre de coups que le fusil de guerre sans qu^on fût obligé de laver le canon , parce que, quelque sale qu^il soit , le plomb y entre toujours
faoîlement. Les ehasseurs, dans les momens d^émotion et dans la précipitation qu^occasione la présence du gibier, mettent souvent une charge ou trop forte ou trop faible, et quelquefois aussi ils mettent le plomb avant la poudre. Dans les fusils à deux coups, ils peuvent mettre tout le plomb d^un côté et toute la poudre de Tautre ; ou, s^ils n^ont déchargé qu^un seul coup, mettre une seconde charge sur celui qui n^a pas été tiré , ce qui peut faire éclater le canon ; ils peuvent enfin recharger ce coup sans avoir pris la précaution de désarmer Fautre, d^où il peut, résulter des accidens, ainsi que Ton en a tant d^exemples.
Les chasseurs tirent souvent plusieurs fois le même coup , particulièrement le coup droit , avant de tirer Fautre; il arrive quelquefois alors que Fébranlement successif causé par les explosions déplace les bourres du coup qui n^a pas été tiré , surtout celle qui est placée sur le plomb , et cette circonstance peut faire éclater le canon.
Les chasseurs laissent ordinairement la baguette dans Fun des canons pendant qu^ils char* gent Fautre , et il y tombe quelquefois des grains de plomb ; ils ne peuvent plus alors retirer cette baguette qu'ils n'aient auparavs^nt fuit sortir ces
!ig9 MÉLANGÉE.
^tàînà , fftih il miûiè dés Tkfktis pli^È àû màiti^
Lorsqa^on désarmé lë fti^l k âëibt cbttph^ îà^ éêpedâsimtnent de ce tfuë le bhiëh pëixi ëcfiâ^- (lër, ad se irtittipt quelquefois âé ^atËfaétié, et ait feî< partit Pauiré coup.
Dans les ffasfls de guerre, là âiSUrite du éiiêH i là batterie èàt toujours là ihëttie ^tiàdd ils sbtii iieùfs ; dans lès fusils de tlïasse, elle diffi^re : aùsSi aë distingué-t^h paS toujours hîëa èi lé fiiSil ëèt oil n^est pafs aritié , bë qui peut ddbâsioiriéi^ dès accidëùà.
ËufiÈt , les fusils dès chasseurs étant trës-souvent armés , le moindre choc contré ti gâchette petit alors les faire partir. Cet àccidéùt arrivé plus particulièrement en traversant lés bois tàiltîl et lés hàiéS , parce qtt^'ùiie branché peut tirer la gâchette. Il peut artî^er aussi qùè le fcïiîéri sait sônlèVé par une branèhè ou dé tout autre miatiièrë , et , s'il est abafûdonné avant que d^âvoîr atteint le ci'an de Tàrmê , le coup part.
On commença, en 1810, à remplacer ï^àfùôrce de pô'uare ordiiisiiré par une amorcé de poudre ftdmiiïanté ; et, après avoir employé differéiiS inoyens pour transrafettré lé feu à la chài^gë àvèé éè la potidi^e fulminahtè, on sWfêta à celui qtfè je vais décrire :
tscpsiâé m emvfé , ^m s'âdàfitë êkàttéiàèid t Une chëaméé M ^ttrmét flè' lamelle tieiTt ébbntitlà Httaikë-, là povtdtè Èiêé àù &iid âS cêtiè tàpàm d'èaMmidê pWté ètitid d'uû chien? marteau f et côinmùiïiqtré lèf fett à la éhirgê. Pâf cëtlë noùfellë màniërê etàvdofcëf îeé èMiëè È fëù portatives, âoD-âtiiléfriétit les intbtiHûiéM qni ëitistaîeûi ëtt Uè àdititiiaÀi aUd U j)'6ïïd^^ ordinaire âispattrèdi preâ^tfé' éoUs , tfalâ' if étt T'é&uhà dé ^àndé élvânta'^é^.
Le féti M tréMiJsiiiis S Id tiistt^è mstHttiiip p\m rapidéiriént.
Û nV é'iii pîûs |)èhé dé gàz par ïd Itfm'ièi-è' j ^ù contraire , ùfié pa'Hie dti gaz ptôdtiié p^ YhiflattttixAtàoiî Aë la potidré fàltiiinaritë pètiéit'a dans le ëat(6in, et il i'àiïut diriiftiuer !a éhàf ^è.
Lé vent et là piliiië n^ëxercërent , jpotir àiù'^ dire , plus fflnftuëûcé liùisi&Iè éur èe ûahrëêm geûré d'àihôrcê.
Là iuiriiërê se boiJclià pltiâ ràVénië'ât et êë dégrada tleàticoùp pldâ lëûtètnent.
Lés ratés flirent bëaùcoiil^ |>ii(â j-àirés.
Là platiné {iii Simplifiée'.
Les iiisîls à pércUâiidti soiit àctùéâéitiëtit lé^ seuls, en quelque âoitë, doîît àë seriiéiït lèà èhàâseurs ; et si ces armes , qui présentent tant a a-
3oo MÉLANGES.
yantages , n^ont point encore été adoptées pour la guerre , c^est qu^on ne peut se décider légèrement à opérer un tel changement ; aucune puissance n^y a d^ailleurs un intérêt pressant , tant qu^il ne Fa pas encore été par les autres puissances. Mais elles s^observent réciproquement , et si Tune déciles commençait à armer son infanterie avec des fusils à percussion y elle serait aussitôt imitée par toutes les autres : il en fut ainsi lorsque la platine à silex fut inventée.
Une partie des inconvéniens du fusil à silex disparaîtraient évidemment si Ton pouvait charger les armes à feu par la culasse : aussi , un grand nombre dressais ont-ils été tentés pour atteindre ce but. Les premiers sont antérieurs à remploi des platines à silex ; mais , jusqu^à ces derniers tems , aucune des inventions de ce genre n^avait été adoptée pour les armes de guerre ni même pour celles de chasse ; les plus ingénieuses de ces inventions n^avaient eu définitivement d^autre résultat que de satisfaire le luxe ou la curiosité. Ainsi , par exemple, Tautorité du maréchal de Saxe avait déterminé le gouvernement à établir en France une fabrication d'armes se chargeant par la culasse, d'après un modèle qu'il avait donné ; son régiment de dragons en fut armé ; la marine en reçut une
MÉLANGES. - 3oi
grande quantité dans ses arsenaux. L^épreuvene fut point favorable à ces armes ; elles furent bientôt abandonnées.
On parut dès lors convaincu qu^on ne pourrait parvenir à substituer , avec avantage , aux armes à feu se chargeant par la bouche du canon, les armes à feu se chargeant par la culasse, jusqu^en 1810, époque où Ton commença, ainsi que je viens de le dire, à remplacer Tamorce de poudre ordinaire par une amorce de poudre fulminante qui sVnflammait par la percussion. L^emploi de cette poudre ayant conduit à un procédé plus simple , plus prompt et plus sûr , pour communiquer le feu à la charge , permit dVmployer de nouvelles combinaisons pour charger les armes par la culasse , et ranima le zèle des inventeurs.
Le fusil à la Pauli est le premier fusil se chargeant par la culasse qui ait été adopté par un assez grand nombre de chasseurs ; mais ils Fabandonnèrent bientôt, et jusqu^à ce jour , quoique plusieurs fusils de ce genre aient été mis dans le commerce , les chasseurs n^ont point encore fait un choix.
Si les fusils qui se chargent par la culasse présentent de grands avantages , ils sont aussi sujets à de graves inconvéniens qu^il ne semble
3o? ¥J^4îï<rSSf
pas ppçsîW^ dç feiire dj^pyp-aflt^ ,^|E)^%^[mp^.
£.^^ q^nta^§s offrit :
Un tir plus juste , surtoi}]t si Ijex:;^^^ e^ icatr» rabiné^ paripe que ]^ fr/ajles ^rjtcpt Içrcé^ et animées ^xxfx mp,\ji7,enxe]at d,e rota/jon;
L'jMnpjloi (l'u^ç TOQÎadr^ ,qi*ai>tifté ^ pppvjiis j pour une inem^ portée , fX pm* conséqucaoït yq^ recul moins fort qifVyec leis jEusils tpk i^ c^ijissgrr- «ent par la Y^QXfxixp du c^no;^ ^
IJn ^ncrassei^ejt^t pl]g|^ l^t d^ ^QOI^ , ei^ q[i;ij[ permet dje tirer ym plus ^grand j^qrxàffp de €0|^ sans le nettoyeur ^
Plus de promptitude danç le jcl^r^menjt de Varme , prpi;ppti||ide fgsi v^jye 4^juU£gar§ B^f^ ^ue le$ coin))i^ci#i^çns ^ iç^ç^ispe s^Qt pl»$ /)|«i moins heureus^es;
L^emploi de la cartouche 391;!!$ la dédbdr^^ d^ojà il résjiltie ^ue Tariigie jneçoit tpuj.oiirs Ja mième charge, qu>l}e e$.t itPfflQurs Wen cbarg^^ et i^^ ron pourrait prendre pow fantassins des bo^h* mes qui manquent de depts ;
I^a suppresjjion de 1? baguetjtp eit \di disparitiim ^es incpijiyéçiens ,et de^ dangers qw résultieEyt d^ Texécution de la charge par Ja hpudjie du canon ;
L^avaptage ppjar )^ cavalerie d^ypir des armes quipe sedécharger^j^ent jamais, qqyelqji^secoip«S|S ^ue leur fi* ^^.rpjgiyief le jnffmm^&f^ 4» cheyajj
«Wché, ausçi bi^ /pip ^el).9»t> -^ ,swJtp«t 4fi 1^
m 'V^^ P^ I» e*m ^ «flt ijté tenliés jl^q^> Un C8Q0O ypofns solidie £t nioins durable ■
J^driQJf <9)» il sgpfBt ^ d|P#<6F ^'i| fuf If plii|i
Un mci!;i^s«)B|^ 4^ pièiGf* pi9sl^il|!5 pbi^ «ji mfîlp$ p«9P»pt, ^ ep .g)èi)e S(?^imf^ le j^, et
Ur Gcadifin!^ p«r M joi»»*? ^ ^ trQ«iy?n|t })^ice$sair^gij^t ^ tiqfiR^l^ ^ Msuf^l çracbj^l«sn| jlijgpijaite à mesure qpp le j6b|> sg pnolic^ge , e|t pput, A:^!^ certaines arpes , d^sf^ir gfèq#9^ ^ ipêqie danger^u^ pofw ^ irpifijus 4|? tûr^F'
]L^inF|ep|iQ|i d^i^ %si]l p'opre g la guerre ^ s^ pbarge^pt par J^ P9||£se préepnte b^j^incm^p plus de difficultés (jue Tinvention dW fusil pour la chasse, parce tpi'U fau|l pH"?!W f9i»$^l*,ffl^ pJps
3o4 MÉLANGES,
de solidité , plus de durée et plus d^éconotme dans la fabrication ; que Tarme doit pouvoir résister mieux aux intempéries des saisons; qu^oa doit pouvoir en exécuter la manœuvre, nonseulement de nuit , mais même sans inconvénieas graves pendant le trouble et la précipitation où tant de circonstances de la guerre jettent les soldats, et parce qu^enfin on doit pouvoir s^en servir dans le rang aussi bien qu^isolément.
Il résulte , en effet , de ce que le fusil est en même tems arme de jet et arme de main , que le fantassin doit pouvoir combattre avec cette arme en ligne aussi bi^ qu^en tirailleur; et que, si Ton organise quelques bataillons destinés imiquement à ne faire d^autre service que celui de tirailleurs , le nombre doit en être très-petit.
<( Les puissances lèvent souvent , en tems de » guerre, dit Napoléon (a), des corps irrégU'- » liers sous le titre de bataillons francs ou de )) légion , recrutés de déserteurs étrangers , ou )) formés d^'ndividus d^un esprit ou d^une opi-^ )> nion particulière ; mais cela ne constitue pas » deux espèces d^infanterie. Il n^ en a et ne » peut y en avoir qu^une. Si les singes de Fanti- )i quité veulent imiter les Romains , ce n^est pas
(a) Mémoires de Napoléon, tome I, p. 241.
MÉLANGES. SoS
» des armés à la légère qu^ils doivent créer, ^ mats des pesamment armés ou des bataillons » armés d'épées ; car toute Fini&nterie de TEu- » rope fait le service de troupes légères.
» S'il était possible que Tinfanterie n'envoyât » en tirailleurs que ses voltigeurs , elle perdrait » Tusage du feu ; il se passerait des campagnes )» entières sans qu'elle tirât un coup de fusil; ^ mais cela n'est pas possible. . • ' i> Une ligne , dans une journée importante , n passe tout entière aux tirailleurs , quelquefois 9 .même deux fois. Il faut relever les tirailleurs » toutes les deux heures , parce qu'ils sont fati- » gués, parce que leurs fusils se dérangent et 9 s'encrassent. »
Il faut remarquer aussi que, si la promptitude arec laquelle un fusil pourrait se charger , et par conséquent avec laquelle il permettrait 4?exécuter lé feu , ne peut être trop grande dans une arme de chasse , il n'en est pas ainsi , dans tous les cas , pour le fusil de guerre.
Cette promptitude , quelque grande qu'elle
fût, serait utile pour les armes à feu dont se
servent les cavaliers , parce qu'ils éprouvent
nécessairement du retard s'ils chargent l'arme
étant à cheval, qu'ils combattent habituellement
avec l'arme blanche, et qu'ils n'emploient le feu
ao
3a6 MÉLANGES,
que eomme ahrertîssemeût Ou q«ie par exception (a). Elle pourrait être utile aussi pour la d^ense des retranchemens, parce que les sdidats^ étant séparés de leurs adversaires par un (^tade très-diflScâle à surmonter, conservent la présence d^esprît nécessaire pour n^employcr leur feu qu'avec discernement ; elle pourrait Fètre surtout pour la défense des brèches , car qael^ quefois il est possible d'abriter quelques tireurs ajant vue sur la brèche ^ et toujours itnposteible d'en abriter un grand nombre) enfin ^ cette promptitude dans le tir serait évidemment utile sur mer ^ dans le cas d'un abordagpe.
Mais si l'infanteHe , qui combat en rase oampagne , était armée de fusils avec lesquels la promptitude du tir put dépasser une certaine limite^ la consommation des munitions deyien** drait trop forte pottr qu'il fut possible d'en ap**proVisieinner l'armée ) ùav le soldat tire souvent, quoi que l'on puisse faire pour l'en empè^tnry
(a) Peut-être serait- il avantageux de fixer le long de la lame des ftiibres de grosse cavalerie, destinés uniquement à pointer, et près de la poignée y un petit pistolet se chargeant par la ddasse ; la ié* tente de ce pistolet devrait être très-dure. Le premier rang seulement sefait arhié die sabres-pistolets; on conçoit quel effet terrible produirait le feu de ce premier rang, qui ne s*«xéeiiteraiC qn'att moment où rbn joindrait Tennemi : une telle arme, qui ofljrirait sans doute de grands avantagés, serait pourtant sujette aussi à des dieonv^nlens.
HÉLANGES. 3o7
beaucoup trop tôt et beaucoup plus cju^il ne fsiu-* drait« Aussi, rapprovisionueiuent en munitions ^ dans les armées de nos jours, présente-t-il souvent de grandes difficultés, et le manque de munitions peut faire échouer les entreprises les mieux concertées. Cependant , en ce qui concerne rin£uiterie, on n'^a pas d^exemple que chaque fantassin ait tiré ^ Tun portant Tautre ^ soixante coups dans une grande bataille.
QuVriverait-il donc s^il pouvait^ par exemple, tirer douze coups par minute ? qu^il consommerait ses munitions en quelques instans; cap on ne peut changer le cœur humain comme les machines de guerre. L^on manquerait donc souvent de cartouches d^infmterie , quelquefois même dans les débuts d^une bataille , et Tannée se trouverait alors exposée à éprouver les plus grands désastres*
Ain^ ^ cette posisibîUté de tirer avec wne gmnde ptomptitude, qui offrirait dUmmeus^ avaAtages si Ton pouvait réglw le feu selon la nécessité et les circonstances , pourrait au contraire avoir les conséquences les plus funestes , parce que cela est impossible.
On ne devrait donc point donner de telles armes à toute Vinfentene ; maïs peut^tre serait^ â avantagcftis d^en donner à qudk}^as| b«taiUoo8
3o8 MÉLANGES.
de tirailleurs d^élite , aux caporaux , et à quelques soldats d^élite que Ton répartirait dans le deuxième rang , Tinfanterie n^étant formée que sur deux rangs, ainsi que, selon moi, on devrait la former habituellement. L^expérience seule pourrait servir de guide pour déterminer le degré de promptitude dans le tir que le fantassin destiné à combattre en rase campagne ne doit pas pouvoir dépasser.
Il me semblerait que le fusil de guerre français actuel , si Ton y adaptait une platine à percussion , et que Ton parvînt à le tirer à balle forcée, donnerait un feu suffisamment vif. Par suite de ces améliorations, son feu serait plus nourri , parce qu^il raterait plus rarement; et il deviendrait beaucoup plus meurtrier, parce que le tir en serait plus juste , et que , Parme ne repoussant plus , le soldat pourrait ajuster.
Les grandes puissances européennes ont les yeux ouverts sur les inventions ou les perfectionnemens relatifs aux armes à feu. Elles s^observent réciproquement, prêtes à adopter les armes nouvelles qui ofiriraient des avantages incontestables pour la guerre, et qui auraient été adoptées par Tune d^elles.
La question sur laquelle je viens de me hasar-* der à émettre mon opinion est d^une haute im-
portance ; car , si la guerre éclatait entre les grandes puissances de TËurope , celle qui serait parvenue à se procurer un feu de mousqueterie décidément supérieur à celui de ses adversaires, et à en régler Temploi , se serait donné de gran-* des chances de succès.
La supériorité incontestable qu^avait le feu d^ mousqueterie des Anglais est la principale causie de leurs succès dans les batailles qu'ails ont livrées pendant la guerre de la Péninsule.
Si Ton parvient à perfectionner d^une manière notable le feu de Tinfanterie, ce qui arrivera enfin , et que ce perfectionnement porte principa* lement sur la justesse du tir , il en résultera des changemens qui feront prendre à la guerre un caractère nouveau. L^infanterie se joindra encore plus rarement à Farme blanche ; elle aura encore plus de chances qu^elle n^en avait pour repousser les charges de cavalerie ; le feu des tirailleurs prendra une nouvelle importance; Tattaque des positions , des retranchemens , des villagesy des bois, etc., deviendra plus difficile ; on trouvera des avantages nouveaux à se tenir sur la défensive quand on en viendra aux mains.
Mais, si ce perfectionnement porte principalement sur une plus grande promptitude dans Fexécution du tir , Tinfanterie se trouvera sou-
3io «ÉLANCES.
vent sans uranitions ; les combats à ramvb fclaxHihe deviendront plus fréqtiens ; la cavalerie ao* qaerra tine nouvelle importance, parce que Hufimterie nVsera loi résister quand elle n^anra pas de munitions ; il faudra quitter la formation sur deux rangs pour reprendre la formation sur trots ramgs et donner des piques au troisième rang.