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Le soir miêine du combat

LES FORGES SAIXT-MAIJRICE 15;

lac Champlain. Il a dû visiter les Forges le 10 juin, aussitôt après son entrevue avec Laterrière.

Voilà Laterrière à la tête des Forges, nommé par le gouverneur qui n'avait nullement l'intention de déranger la com'pagnie dont Pélissier avait eu la direction. Si, comme le dit Laterrière, Pélissier avait été réservé jusqu'au 28 mars 1776, il commit une sottise en promettant du matériel de guerre à une armée qui se préparait à lever le siège de Québec. Je crois plutôt que Laterrière s'arrange pour nous faire peneer qu'il n'eut connaissance de rien avant les derniers jours de mars. Aussitôt a.près, on alluma les hautsfourneaux, comme il le raconte. La présence du capitaine Law aux Forges coïncide (en mars) avec ce que dit Laterrière au eujet des fournitures aux Américains. Evidemment Carleton en savait quelque chose. Et Laterrière n'était pas assez aveugle pour ne rien voir de ce qui se passait devant lui aux Forges.

Le 17 octobre 1776, la Gazette de Québec refuse, ditelle, de publier une lettre datée des forges Saint-Maurice le 10 octobre, parce que cette lettre est malaidroite en ce qu'elle tend à excuser des hommes politiques avant qu'on ne les ait accusés tout haut. En ce moment Laterrière était probablement à Québec. Il dit: "L'automne, étant allé à Québec pour les affaires de l'établissement, je reçus du capitaine Law un excellent accueil, ainsi que du Dr Foot, à qui il me présenta. Son Excellence me parut charmé de la visite que je lui fis. Un fort préjugé cependant existait toujours dans le public, à savoir que j'avais été, comme Pélissier, influencé par les républicains bostonnais, et ce faux préjugé a toujours fourni à mes jaloux ennemis des moyens de me nuire auprès des différents gouverneurs. Ces derniers ne m'ont pas exactement fait du mal, mais je n'en ai jamais

pu obtenir ni bien ni faveur. Ma conscience étant pure, n'ayant trahi ni voulu trahir d'aucune façon un gouvernement qui me protégeait, je n'étais guère ému de la mauvaise mine que d'aucuns me faisaient pour mieux faire leur chemin... Mes approvisionnements faits à Québec, Je remontai aux Forges pour y songer à effectuer, avec toute l'activité' possible, les préparatifs de 1776 à 1777, partout deux fois plus considérables puisque les Forges devaient être vendues." Ces dernières paroles ne sauraient se rapporter à l'automne de 1776 puisque c'est durant l'automne de 1777 qu^il fut question de vendre ou d'affermer les Forges. Déjlà, au printemps de 1777, il était arrivé une procuration de Pélissier pour disposer de cet établissement, mais non pas en 1776. Selon le texte de Laterrière on peut croire aussi que la procuration n'arriva qu'au printemps de 1778 et cette date me semble la bonne.

LES TROUPES ALLEMANDES. — DESCRIPTION DES FORGES. — FETES AUX FORGES ET EN VILLE. — LATERRIERE DIRECTEUR. — DUMAS PREND L'ADMINISTRATION. — 1777-78.

La principauté de Hesse-Hambourg, sur le Ehin, fournit une "bonne part des troupes engagées par l'Angleterre, en 1775, et placées sous le? ordres du général baron de Eiedesel qui était de ce pays-là.

En octobre 1776 Eiedesel prenait des mesures pour aëeurer ses quartiers d'hiver aux Trois-Eivières, à la Pointeidn-Lac, au Cap-*de-la-Madeleine et au sud du fleuve. Deux escadrons de dragons et trois compagnies du régiment de Eiedesel demeurèrent dans la ville. Le régiment du prince rrédéric, commandé par le lieutenant-colonel Prétorius, passa l'hiver à Yamacihiche et à la Eivière-du-Loup. Le bon comportement de ces troupes leur valut des éloges et des compliments de toutes parts.

Le 80 janvier 1777, jour de la naissance de la reine d^Angleterre, le général Eiedesel donna un dîner de quarante couverts, à midi, et le soir il y eut bal suivi d'un eouper. Les officiers des postes environnants assistaient à cette fête. La ville était en l'air; on disait partout que Bemblable régalade ne s'était jamais vue dans la localité. Laterrière en fait mention : "Le général Eidzel voulut me connaître et m^invita à un bal qu'il donna et oiî j'allai. Dîner, et après, le soir venu, danses et bal. Ce bal était formé des dames et messieurs de la ville, des officiers de Pétat-major, et de M. et Madame de Eidzel à la tête, sur la

iplus haute étiquette" (1).

Le gouverneoir Oarleton était aux Trois-Rivières 'le 8 mars 1777. Le général Burgogne, arrivant d'Angleterre, dîna, le 15 mai, avec Riedesel, qui se mit en maTche le 5 juin à la suite de son contingeoit et, vers le 12 du même mois, de nouvelles trouipes d'Allemagne et d'Angleterre survinrent à leur tour, se dirigeant, comme les (premières, vers Al^bany. Madame de Eiedesel, arrivée aux Trois-Rivières après le 5 juin, alla rencontrer son mari sur la rivière Richelieu, puis retourna aux TroiswRivières. Bile repartit au commencemient d'août 1777, arriva au fort Edward le 14 et y trouva son mari. Elle amenait ses trois jeunes enfants. Le 17 octobre, Burgogne s'étant rendu avec son armée, la famille Riedesel fut envoyée en Virginie et y resta jusqu'à l'automne de 1780, sinon plus tard, car elle ne rentra à Québec qu'au mois de septembre 1781. Madame de Riedesel a laissé des écrits fort appréciés (2).

Voyons encore ce que dit Laterrière: "iLes Forges sont à trois 'lieues (par le Saint-Maurice) des Trois-Rivières. O'est un fief de quatre lieues carrées, situé le long de la rivière Noire et appelé Saint-Maurice. Le pays est plat; le terrain, un sol jaune et sablonneux, est plein de savanes et de bjûlés, où se trouve la mine par veines, que l'on appelle mine en grains ou en galets, de couleur Weue. Quoique le minerai contienne du soufre et des matières terreuses, il rend en général trente-trois pour cent de pur et excellent fer. On ne chauffe les fourneaux et les affineries qu'avec du charbon de bois qu'i\l faut choisir; pour les fourneaux, on

1. Laterrière doit ici faire erreur. Madame de Rdedeael n'a pas rencontré son mari aux Trois-Rivières à cette date. Le 20 janvier elle devait être encore à Londres.

2. Sur le,s bataidles de la révolution américaine jusqu'à la défaite de Burgogne.

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ne fait usage que du charbon <le bois dur et franc; pour les affineries, que de charbon de bois mou, comme la pruche, le tremble, etc. Une telle exploitation nécessitait rem;ploi de quatre cents à huit cents personnes, tant dans les ateliers que dans les bois, les c-arrières, les mines, et pour les charrois : six hommes attachés aux fourneaux, deux argueurs de charbon, un fondeur, huit mouleurs et autant de servants, six ihommes à chaque chaufferie, deux argueurs,, quatre charrons, quatre meniùsiers, seize journaliers, huit bateliers, quatre chercheurs de mine, quarante charretiers, et les autres emiployés aux ventes, charl)on, dressage, ou comme mineurs, charbonniers, faiseurs de chemins, garde-feux, huit au moulin à scier, etc. Pour le soutien de tout ce monde, on possédait un magasin de marchandises et de provisions (3).

"Le direc-teur avait la vue sur tout, l'inspecteur pareillement. Celui-ci était obligé de passer, de demi-heure en 'demi-heure, à tous les chantiers, pour voir si tout y était dans l'ordre, et ordonner ce qui était nécessaire. Les remarques qu'il faisait étaient "journalisées" au jour et à la minute, et le teneur de livres les enregistrait dans chacun des comptes qui étaient réglés tous les mois.

"Le fourneau produisait un profit de 50 louis par jour; chaque chaufferie cinquante louis par semaine; la moulerie cinquante louis (par coulage — en somme de dix à quinze mille louis par campagne de sept mois. 'Les frais en emportaient les deux tiers. C'était donc le tiers net que les intéressés avaient annuellement à partager. Ce fut l'appât d'un tel gain qui m'attira à reprendre de nouveau une part dans cette exploitation, au préjudice de mon île, jusqu'en 1779, que ne pouvant pas aller conduire les travaux moi-même,

3. Les ventes sont les endroits dans la forêt où l'on fabrique le charbon.

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tout y .périclita et mes espérances furent perdues."

Ici, n.ous remarquons de nouveau la confusion des dates et des faits qui se produit souvent dans le récit de Laterrière. Il quitta les Forges en août 1778 et s^établit à Bécanoour durant le mois d'octobre suivant. Son texte donne à entendre qu'il s'occupait des Forges même après s'être fixé SUT l'île de Bôeancour jusqu'en 1779, mais ceci va être expliqué en son temps.

"ÏL^endroit (les Forges) est certainement des plus agréables, continue Laterrière. On y voyait environ cent trente maisons bien nettes, bien logeables aux ouvriers, de bons et beaux jardins et prairies, et une belle et spacieuse maison." En 1850, j'ai vu les Forges ainsi. Un endroit des plus sauvages du Saint-Maurice embelli par cette jpetite ville industrielle, aux demeures brillantes de propreté, posant leurs façades dans toutes les directions, isolées les unes des autres par des jardins potagers, des parterres, des lits de fleurs, des chemins et sentiers battus, bien aplanis, des édifices de tous genres, comme liangars, bureaux, écuries, hauUfourneaux et la belle, imposante maison de pierre, spacieuse, placée au bord du précijpice au fond duquel coule le Saint- MJauriœ qui forme un "rapide" superbe un peu plus bas. Traversant le village pour descendre en cascades à la rivière, on admire le gros ruisseau d'eau claire qui sert à laver da mine en passant. Ses ondes rapides m'ont souvent invité à boire et j'y ai trouvé ce goût de fer qui donne au sang des gens des ibrges la vigueur, la santé, ce feu et ce dégourdi que ne possèdent pas généralement les ipopulations de travailleurs. La démarche, la gaieté, la prestance des femmes et des hommes de ce petit groupe de familles, l'élasticité de leurs mouvemeots, tout cela vient du ruisseau des Foiiges, de Tair de It forêt, de l'élévation des terrains.

Eevenons au texte de Laterrière : "J'étais si conteiït de moi-imiêine, voyant que tout me riait, que je donnai plusieurs bals et dîners au général Ridzel, en garnison alors aux Trois- Eivières, avec son état-miajor et les respectables citoyens de cet endroit et du voisinage, ainsi qu'à un officier français appelé le comte Saint- Aulaire, en garnison à Bécancour et au service britannique, homme d'une rare éducation sociale et du plus aimable caractère.

"Les bals, les danses dans la cour de l'établissement, noua amusaient beaucoup. Les gens étaient bons et ma qualité de amédecin me faisait du bien sous le triple rapport physique, moral et politique. J'y étais donc très heureux, par toutes sortes de causes. Si ce bonheur eût duré, j'avais trouvé là le lieu des délices!

"Les étrangers y venaient de tous les pays par curiosité. Les habitants de la ville des Trois^-Elvières et des différentes paroisses du voisinage en faisaient autant — c'était joie et fête pour eux. Il était de règle qu'aucun des ouvriers ne retirât personne chez lui sans venir au bureau en avertir et demander la permission; si bien qu'il n'arrivait jamais rien d'indécent ni d'accident sans que nous en eussions connaissance. Nous étions informés même de leurs bals, de leurs danses, de leurs festins. Cette ipetite peuplade vivait ainsi heureuse aux Forges.

"Cest dans ce dédale de devoirs et d'intérêts divers, d'agréments et de fatigues, que je passai cinq ans: deux comme inspecteur et, après la guerre américaine, trois comme directeur, jusqu'à la vente des Forges à M, Gugy."

Encore des erreurs. Laterrière était arrivé aux Forges le 1er mars 1775 comme inspecteur. H devint directeur en juin 1776 et abandonna le tout le 6 août 1778; cela ne donne pas cinq ans mais quarante et un mois. Si même, comme il

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le prétend, il e'oocuipa encore des Forges durant les mois d'août, septem'bre et octobre 1778, nous ne dépassons ipas qua-. rante-<juatre mois, au lieu de soixante mois ou cinq ans» Notons aussi qu'il place sa période de directeur "après La guerre américaine", ce qui ne veut pas dire après 1784, maia simplement après le départ des Américains des Trois-Rivières en juin 1776.

•iLaterrière dit que, en 1778, à ia forge basse, il y avait deux marteleurs anglais qui étaient frères et dont la veuve MontouT faisait le ménage.

"A part les inquiétudes de la guerre américaine, je sentais croître mes espérance». Quoique notre associé Pélissier eut emporté tout ©on or et son argent et un compte des avances faites à l'armée du Congrès, se montant à deux mille louis; qu^il n'eût laissé qu'environ six mille barriques de minerai, fort peu de fers dans les différents magasins, presque point de ressources pour en faire, ni d'autres moyens, parce qu'il croyait tout perdu — je mis toutes mes faculté dehors et mes amis à l'épreuve pour la campagne qui allait suivre. Je doublai les préparatifs partout et remplis les magasins de provisions et marchandises pour m'encourager à employer le plus de monde ^possible, car pas de bras pas d'espérances. D'ailleurs, comme je voulais prouver à la compagnie que je méritais sa confiance, je mis en oeuvre tous mes talents, et j'eus le bonheur de faire une briUante et jprofitable ca/mpagne, que l'on cite encore tous les ans sous le nom de Première campagne de Laterrière. Dans le cours de l'hiver suivant, je payai mes dettes. Le coffre-fort contenait des moyens suffisante pour pousser vigoureusement les travaux . . .

"Ainei dans les danses et la joie s'acheva l'hiver, sans que j'eusee oublié les grands préparatife d'une campagne

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dont j'ai déjà dit qu'iil en fut parlé. Le feu fut mis en ayril au fourneau, et tout l'atelier se trouva occupé, tant dans les bois qu'à, l'établiseement et aux environs. Dès lors, je ne ipensai plus à autre choee. Au printemps de 1778 nous nous oocujpâmes à faire marcher les travaux de l'atelier avec une activité inaccoutumée pour la dernière camç>agne de la eociété. Le succès fut complet. Il était bien triste d'être obligé de vendre l'établissement lorsque les choses allaient ei bien, mais telles sont les destinées des hommes. Ma position ne me ipermettait pas d'a»cheter les Forges moi-même."

Le mot "vente des Forges" n'exprime pas du tout k chose dont parle Laterrière. Il y eut un arrangement pour continuer le bail entre les mains des mêmes associés qu'auparavant.

Vers le printemps de 1778, remarque (Laterrière, par la voie d'Angleterre, "Pé lissier envoya une procuration pour vendre les Forges et en remettre le produit de ce qui lui appartenait à M. Feras, son ami, à Québec." Il ne s'agissait n^illement de vendre, mais seulement de régler Les comptes. Laterrière persiste à dire que les Forges furent vendues alors que tout resta sous l'effet du bail de 1767 qui avait encore à courir jusqu'en 1783 et avec les mêmes associés. Ce qui ajoute au malentendu, c'est que notre homme dit: "Bn conséquence et suivant ses ordres, tout fut vendu à M. Gugy et le produit de la vente remis honnêtement à M, Feras." La vérité est que le bail de 1767 fut continué intégralement et lorsqu'il expira, en 1783, Pélissier n'avait plus d'ordre à donner. Alors, le gouvernement, reprenant possession, loua (ipas de vente) à (xugy. Disons de plus que si l'on remit à Feras une certaine somme d'argent pour Félissier, ce ne pouvait être qu'une part dans les bénéfices des associés et non pas le produit de la rente des Forges.

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Suivons Laterrière plus loin : "Malgré la Tente des Forges et quoique son bon ami Feras lui eut envoyé à Lyon ses fonds restés en Canada et ses deux enfants (du premier mariage), Pélissier ne manqua pas de revenir à la paix au Canada, sous la protection du général Haldimand et de me demander une révision de compte."

Entendons-nous. Tout ceci est embrouillé. Il est évident que Pélissier avait demandé, vers le printem^ps de 1778, de régler ses affaires avec les Forges; que Laterrière rendit ses comiptes à Feras pour ce qui concernait Félissier, mais que Pélissier, au reçu de l'argent, ne se trouva pas satisfait en ce qui concemiait l'état de sa société et qu'il demanda la permission d'aller au .Canada prendre connaissance de toute Faffaire. Or, ce n'était pas "à la paix'*, qui ne fut faite que longtemps plus tard, mais l'été de 1778 où le Canada était de nouveau en paix par suite de la retraite des Américains.

Compliquant toujours la situation, Laterrière ajoute que Félissier lui "envoya, à l'île de Bécancour, iiii messager ipour le sommer de régler leurs comptes" et, sur ce, Laterrière partit pour Québec. Les faits sont autrement. Les comptes avaient été réglés à Québec, le 6 août 1778, en ce qui regarde les Forges et en octobre Laterrière achète l'île de Bécancour oii il va de suite demeurer. Si Pélissier lui a envoyé sur l'île un messager demandant à régler leurs comptes, je sais que ce n'était pas des comptes d'argent. . .

Le 6 août 1778, on lit dans la Gazette de Québec un avis en date de Québec, le 27 juillet précédent, par lequel Jean-Pierre Laterrière déclare qu'il a cessé d'appartenir à la gestion des forges Saint-Maurice dont il était "géreur et administrateur". Ses comptes étant réglés avec le sieur Christophe Pédissier, ce dernier re-ste en possession de tout.

y compris la charge de faire face aux obligations contra/Ctées au temps de la société.

Voilà qui est clair. Cet avis public dit que Laterrière n'est plus rien dans les Fbrges. Quant à Pélissier, il reste, comme avant le mois de juin 1776, à la tête de la compagnie des Forges.

J'ai raison de croire que Pélissier repartit vers l'automne de 1778. Il n'est jamais revenu. De concert, sans doute, anrec les autres associés, il confia à Alexandre Dumas ia direction des Forges et c'est ce dont parle Laterrière en ces termes: ^*Ix)rsque ces affaires furent terminées (et M. Dumas prit immédiatement possession) mes remises faites et mes comptes rendus à chaque intéressé, j'achetai cet île de Bécancour dont j'ai parlé."

Cest son ami Saint-Martin qui négocia la vente de l'île à Laterrière au prix de mille piastres. Je comprends que l'île a-ppartenait à Saint-Martin et à sa soeur, comme formant partie du fief Bécancour. Nous avons vu ce Saint- Martin aux Forges (4).

Si Dumas, voulant se mettre au courant de la gestion des Forges, a utilisé les services de Laterrière durant les mois d'août-octobre, rien d'étonnant à cela. Laterrière écrit que, au mois d'octobre, il rendit ses comptes à Dumas et aussitôt acheta l'île de Bécancour. Il ajoute : "Vers la fin d'octobre tout fut conclu et exécuté en faveur de M. Alexandre Dumas pour jusqu'à la fin du bail avec le roi." Ce bail c'est celui de 1767 qui devait exipirer en 1783.

Ainsi, arrivant sur l'île en octobre, Laterrière terminait

ees affaires avec Dumas pour la période des dix ou douze

dernières semaines comme il avait alors réglé ses comptes avec

'Pélissier le 27 juillet précédent. Si, en octobre, Pélissier lui

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