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Le mot est exagéré. Texte français, p. 59 (II

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assez considérables pour tenir plus d'une iseule forge constamment en activité pour alimenter, par intervalle seulement, une très petite fonderie". Il ajoute: "On ne rencontre, depuis l'embouchure du Saint-Maurice jusqu'aux Forges, que quelques habitations. Tout oe qui est au-delà n'est connu que des Sauvages". Parlant du bail des Forges d'après ce qu'on lui en a dit, il note que ce contrat doit expirer en 1800 "et on aura de la difficulté à trouver quelqu'un pour louer cette usine vu que le minerai s'épuise. Les poêles sont le principal article de Saint-Maurice, mais on leur préfère les poêles d'Angleterre". Après avoir dit que la principale industrie de Sorel est la construction d^ iiavires, il remarque que les ferrures et toute la partie en fer est importée, mais que le gréement est fait à Québec. Ceci ne s'accorde pas avec Lambert que nous verrons plua loin.

J'ai toujours entendu dire aux Forges, dans ma jeunesse, que Bell avait fait des efforts pour établir la renommée de sa fabrique et y était parvenu. Il remporta des prix en Angleterre. Ses poêles épais et fondus au vent froid étaient excellents.

Sous Bell et Munro, outre la grande baie de Yamachiche et de la Pointe-du-Lac, on tira, pendant quelques années, de la mine de Nicolet, où il y en avait un bon et solide, compacte dépôt, tout en face du collège. Les vieux mineurs en ont gardé la tradition. 'C'était une couche de cinq pieds de mine nette — rare avantage que la mine nette car elle ne nécessite pas de lavage.

En 1797, le lieutenant de milice Zacharie Macaulay exerçait la compagnie des Forges. Il était au Canada depuis 1760 et il vécut 'longtemps aux Forges.

En 1798, le bail des Forges qui devait expirer l'année

Il ••

suivante fut prolongé jusqu'à 1800. C'est alors, je croie, ique Mathew Bell prit directement la conduite des affairée. Le 17 février 1798, George Davidson, David Munro et Mathew Bell représentent au gouvernement qu'ils sont en possession du bail qui se terminera le 10 juin 1799 et qu'ils ont fait de grandes améliorations dans l'établissement. Ils demandent la continuation ou le remboursement de leurs dépenses. Dans un rapport du 13 avril suivant soumis au Conseil du gouverneur Prescott il est proiposé de faire un bail de quatre- vingt-^dix-neuf ans, mais ce projet resta sur le papier, comme aussi la vente du contrat aux enchèrea publiques. On se contenta de laisser courir le bail jusqu*à 1800 et alors Robert Shore Milnes, administrateur de la province, l'étendit de nouveau jusqu'au 31 mars 1801. Il y a un acte de Conseil exécutif du 1er mai 1799 disant que les Forges Siont d'une grande importance et devront produire plus tard un fort revenu. En même temps, on recommande que le contrat se prolonge jusqu'au 1er avril 1810.

■La compagnie de Batiscan offrit de prendre l'affaire pour deux années à raison de cinq cents louis par an, maia Davidson se déclara prêt à payer ce même prix poux cinq ans. Munro et Bell allèrent jusqu'à cinq cent cinquante louis disant que les cinq années révolues ils rendraient !a place en. bon ordre avec quinze cents louis d'amélioration. L'offre du parti opposé s'élève alors à six cents louis, pui3 à huit cents, mais Munro et Bell vont jusqu'à huit cent cinquante et l'emportent pour cinq ans à dater du 1er avril 1801. En mai 1805 le Conseil constate que Munro et Bell ayant toujours bien payé on est satisfait d'eux.

Joseph Bouchette, parlant du renouvellement du bail en question, dit qu'on ajouta des terres au domaine des Forge« afin d'employer le bois à la fooiderie. Il y avait de deux

cent cinquante à trois cents hommes à l'ouvrage. Les maîtres et contremaîtres étaient des Ecossais et des Anglais; les ouvriers, des Canadiens. Il dit de plus qu'on ouvrit d«5 carrières de pierre à chaux, de bonnes pierres grises et de quelques autres espèces de pierre à hâtir, sur les bords du Saint-Mauriice, près des chutes des Grès et de la Gabelle, un peu au-dessous de celle-ci. Voilà, je pense, l'origine de la pierre qui a servi à la construction de plusieurs édifices aux Trois-Eivières, de 1800 à 1830.

Vers 1800, Thomas Cbffin paraît avoir été intére&sé dans les forges de Batiscan. Mathew Bell et lui étaient députés du comté de Saint-Maurice. Mathew Bell, "marchand de Québec", avait épousé aux Trois-Eivières, le 17 septembre 1799, Anne, fille de James McKenzie, grand conr.ét'able des Trois-Eivières, qui était aussi marchand et mourut cinq semaines après ce mariage. Pendant plusieurs années, Bell commanda une compagnie de volontaires à cheval dians la ville de Québec. En 1799, il était trésorier de la société contre les incendies de cette même ville.

En 1804, David Munro et Michel Caron représentent le comté de Saint-Maurice. En 1805, Benjamin L'Ecuyer a: pente les terres des Forges.

D'après un supplément de la Gazette de Québec du 20 juin 1799, les fermiers des forges Saint-Maurice annoncent leurs marchandises à douze et demi par cent de rabais, savoir: poêles à 55, 75, 80, 85, 90, 100, 120 shellings; autres poêles de 80 à 130 shellings; plaques de cheminée, 25 shellings. On faisait des ouvrages unis pour les moulins, tels que roues, goujons, etc., auissi le fer en barres, chaïudronf;, marmites, tourtières, bassins, sacs, moulés, boîtes à roue, enclumes, chenets, pilons (mortiers).

Le 1er mai 1805, le Conseil exécutif mentionne la ra-

LES FORGES SAI^'T-MAUIlICE 177

reté du minerai et du bois sur les terrains des Forges et pense que les nouveaux concessionnaires (en 1806)' devront paver aux anciens quatre cents louis ou toute autre somme à fixer par arbitrage. Munro et Bell continuent à raison de huit cent cinquante louis ipar année.

Les cinq ans expirés, Thomas Dunn était administrateur de la province, en l'absence de Milues, et se trouvait dans un certain embarras à cause des Forges, ayant acheté pour ses fils des actions dans les fonderies de Batiscan qui voulaient avoir de plus les "vieilles forges" c^est-à-dire celles de Saint-Maurice. Le 10 juin 1806, il demande qu'on ajourne la vente du bail (expirant le lendemain?). On tombe d'accord à laisser les Forges à Munro et Bell pour soixante louis par année, jusqu'au 1er octobre suivant.

Je vois une annonce portant que, le 11 juin 1806, Bums et Woolsey, encanteurs (commissaires priseurs) de Québec, vendront l'exploitation des Forges avec certains morceaux de terre adjac-ent*, pour un bail de vingt ans, à courir da ]er avril 1807. C'est signé de Herman W. Eyland, secrétaire du gouverneur. La vente fut remise au 1er octobre

Allcoc-k, juge en chef, recommandait de fixer la mise à prix à huit cent cinquante louis aux enchères. Arrive le 1er octobre, Thomas Bunn demande qu'on règle à soixante louis avec Munro et Bell pour une période de vingt ans, mais l'Exécutif fait entendre que Munro et Bell avaient probablement écarté par des manoeuvres sourdes les autres compétiteurs et il annonce la vente des Forges aux enchères. 11 faut croire qu'il ne se présenta pas de concurrents puisque le 1er octobre Munro et Bell remportèrent la palme au prix de soixante louis durant vingt et un ans, mais, si je comprends bien, sujet à rectification, quant à la somme

i78 LES FORGES SAINT->L\UKIC(E

d'argent. La rectification resta en suspens jusqu'au 9 octobre 1810, Munro et Bell payant toujours soixante louis> et alors on porta la somme à cinq cents louis, du 1er octobre 1810 au 31 mars 1831 (dépêche de lord Castlereagh) selon les conditions qui furent publiées dans la Gazette de Québec.

La législature siégeant, en mars 1807, surrint le décès de John Lee, l'un des deux représentants des Trois-RiTièrea depuis 1792. L'autre était alors le Juge L.-iC. Foueher. Mathew Bell se 'posa à k c-andidature, ainsi que Thomas Coffin, Pierre Tézina et Ezéehiel Hart; ce dernier fut élu. Il s'en suivit l)eaucou^p d'agitation politique (6).

John Lambert, qui était aux Trois-Rivières en 1808, dit que les forges de Batiscan étaient sur le modèle de celles du Saint-Maurice, mais que les affaires sont en décadence et que deux associés se sont retirés récemment. "Les forges Saint-Maurice ont pour surintendant Zacharie Macaulay. J'y suis allé au mois d'août par une très grande chaleur, à cheval, à travers la forêt. Tous les gens des Forges ont des jardins.

'Tie sable pour mouler est importé d'Angleterre en barils, au coût de neuf piastres chacun. Cest un sable particulier qu'on ne trouve nulle part en Canada. Trois cents hommes, quelques fois moins et plus, aussi de trente à quarante chevaux sont employés. On ne brûle que du charbon de bois pour fondre le minerai mais les forêts des alentours fournissent en abondance le sapin blanc et le pin nécessaire pour fabriquer ce produit considéré comme de beaucoup préférable au charbon de terre pour cette industrie. On découvre sans cesse de nouvelles veines de minerai et les habitants les vendent à ttès bas prix.

6. Voir Pages d'histoire du Canada, par T3. Suite, p. 401- 43>2.

LES FOBGES SAINT-MAUlilCE 179

"Les marteaux, soufflets, dea forges et de la fonderie sont mis en mouvement par la force hydraulique. Les ateliers de forge ne eont que du fer en barres et des socs de charrue. Il y a un surintendant et deux commis avec contremaître à la tête de chaque branche. Une fonderie avec grande fournaise coule les plaques de poêles, les chauidières à potasse, Foutillage de moulin, etc . . . J'ai Ta modeler et couler des pièces avec beaucoup d'habileté. Les ouvriers sont payée selon la quantité de travail qu'ils exécutent. Les hommes ee relèvent de six heures en six heures, car l'usine fonctionne jour et nuit. A la fonderie ceux qui n'alimentent ipas le fourneau font des journées ordinaires. Ceux qui coulent et finissent les poêles sont occupés du soleil levant au soleil couchant, ce qui, chez ces Canadiens-français est la durée usuelle du travail journalier, année durante.. Ou y gagne ce grand avantage de compenser en été la perte-: de temps des nuits d'hiver.

'lia. main-d'oeuvre est principalement canadienne. Quel-, ques Anglais font des modèles et agissent comme contremaîtres ou experts ouvriers. Un grand nombre d'hommes font du charbon et le charroyent, creusent le sol pour avoir le minerai, ou conduisent les bateaux sur le Saint-Maurice jusqu'aux Trois-Eivières. Cette rivière n'est pas profonde pour les navires, on y emploie des chalands; par endroits le courant est très fort.

"Le fer du Saint-Maurioe a la renommée d'être égal, sinon supérieur, à ce que la Suède produit de mieux. Il est extrêmement malléable et ne prend guère la rouille. Les Canadiens le préfèrent à tous les autres fers. A ce propos j'ai un trait à rapporter. Les services des Forges, ceux d'à présent, au début de leur contrat, voulant activer la venta du fer en barres, achetèrent une quantité de cet article en,

Angleterre, mais de pauvre qualité et la revendirent aussi bon marché que le désiraient les habitants, mais ceux-ci n'en voulurent pas prendre une seconde fois, préférant payer plus cher et se procurer le fer du Saint-Maurice.

"Monsieur Graves, aux Trois-Rivières, reçoit les produits des Forges et les expédie par le fleuve à Montréal et à Québec, ou les vend aux gens du voisinage. On fabrique à peu près mille poêles par année. Les plus petits ou poêles simples coûtent aux acheteurs trois louis. 'Les grands vont jusqu'à six louis. Les poêles doubles avec fourneau audessus valent de dix à douze louis, selon leur mesurage. Les cha,udières à potasse sont de vingt à vingt-cinq louis.

^'Mnnro et Bell ont dépensé beaucoup d'argent à ramasser des masses de minerai et en améliorations dans l'outillage. A la fin de leur bail, en 1806, ils étaient prêts à le renouveler en payant douze cents louis par année plutôt que de le voir passer en d'autres mains. Ils ont le mérite de donner du développement à l'exploitation, ce qui est autant à l'avantage de la colonie que favorable à leur bourse. Il va sans dire que la somme de soixante louis par année est dérisoire. Jusqu'à 1806 ils payaient huit cent cinquante louis et actuellement, les progrès accomplis, devraient porter le bail plus haut qu'il y a deux ans.

"Presque tout le fer qui entre dans la construction des navires en Canada vient du Saint-Maurice et cela date de vingt ans. On compte cinq constructeurs: un à Montréal, quatre à Québec. De six à huit navires sortent annuellement de ces chantiers. L'ouvrage se poursuit en toute saison, ce qui fait une circulation de vingt mille louis par douze mois.

André Robiehon, né aux Forges vers 1793, m'a dit en 1860 que l'église en bois sentait vers 1800 de hangar pour les voitures et que la sacristie, en gros murs de pierre, de

LES FORGEiS SAJNT-MAURICE 181

20 X 20 pieds était encore solide.

Il faut mentionner ici l>a "grande vie" que menait Bell, tant à Québec qu'aux Trois-Rivières et aux Forges. Dîners, piques-niques, bals, promenades, grandes chasses, concerts, tel était le roulement. Les invités venaient de toutes iparta de la province, et pas les moindres famiUes, cela s*entend. Jje souvenir en était vivace quand j'étais jeune; la tradition locale le conserve. Rien d'étonnant que ce /personnage fastueux n'ait pas accumulé de la fortune, mais il a fait vivre à i'aise un grand nombre de (personnes et en a amusé des milliers.

En 1806, Robert Rilton avait fait naviguer sur l'Hudson un bateau à vapeur, le Clermont, et John Molson, de Montréal, ne tarda pas à construire l'Accommodation pour servir sut le Saint-Laurent entre Montréal et Québec. Il se rendit en Ecosse, y fit faire les machines de son navire et les apporta aux Trois-Rivières. Les ouvriers des Forges fabriquèrent certaines pièces de leur métier et tout fut mis en place pour l'été de 1809 oii ce "prodigieux pyroseaphe", comme on disait, commença ses allées et venues sur le fleuve contre vents et marées ( 7 ) .

Dans les documents de la session de 1809 on lit le reçu de la somme de soixante louis payée par Munro et Bell pour ime année de loyer des forges Saint-Maurice expirée le 1er

7. J.-C. Taché a dit que son père, Charles, fut commis ou associé aux forages Saint-Maurice et de Batiscan vers cette époque et que son nom figure sur les plaques de certaiins poêles, ce qui nous surprend énormément. Un associé, encore moins un employé, ne pouvait pas faire graver son nom .sur les fers; Tine marque de comimerce représente la compaginie et non les particuliers. Quand il allait à Batisca,n, ajoute J.-C. Taché, il logeait chez Marchildon, père de celui qui fut dépxité. Charles Taché a quitté les Forges à la guerre de 1812. prit du service dans l'un des bataillons de Québec et fit les campagnes de 1812-1Ô.

182 LES FORGES SATNT-MAUEICE

octobre. Le Canadien dit, en noTem'bre 1809, que Bell a voté avec le gOTivememeiit sur la question des juges et sur celle de la liste civile "pour les soixante louis des Forges". (8).

8. Ce chapitre s'arrête à la guerre américaine de 1812-14, mais moufi B'avons pu rien découvrir sur les opérations des Forges durant cette époque mouveonentée. Cependant, il est aisé de croire que les Forges durent fonctionner avec entrain i>our fabriquer le matériel de guerre nécessaire : canons, mortiers, pioches, etc.

Plusieurs ouvriers des Forges s'enrôlèrent dams la compagnie du capitaine Zacharie Macaulay; Louis Voligny fut enseigne dans le second bataillon des Trois-Rivièrea en 1813. En 1875, lorsque le parlement fédéral vota des gratifications aux volontaires qui avaient servi en 1812-14, deux survivants obtinrent chacTin $20.00 : J.-B. Boisvert, 80 ans, et J.-B. Landry, 81 ans, soldats dans la division du colonel Buchesnay. Boisvert était aux Forges en 1842 et il y deme\ira jusqu'à sa mort. Landry y était dès 1810, s'en alla en 1812, et y retourna vers

LES FORGES ffAIITT-ilAURlCE !«

DESCRIPTIONS, 1817, 1818.— RECENSEMENT DE 1850. — LES (JHIENS DE CHASSE. — BAIL DE 1831. — TERRAINS DES FORGES. — INVEN- TAIRE, 1833. — TETES-DE-BOULE. — RECEN- SEMENT DE 1S42. — ARPENTAGE. — FIN DE BELL. — RADNOR ET L'ISLET. — DECADENCE DES VIEILLES FORGES. — 1810-1920.

Jacques Sansom, des Etats-Unis, qui (passait à travers le Canada en 1817, se borne à dire que le fer du Saint- ^urice est pliant, tenace et peu suscefptible de ee rouiller. Joseph Bouehette, à la même date, dit que ces forges vont toujours de mieux en mieux étant conduites presque aussi bien que celles d'Angleterre et d'Ecosse. Le sable propre à la fonte du minerai vient des Trois-Roj-aumes. Ceci existait encore en 1870 à ma connaissance. Je me demande comment on a^iseait à cet égard "du temps des Français". (Le sable était-il im(porté de France ou se bornait^n à une qualité inférieure qui pouvait se rencontrer à peu de distance du iSai nt- Maurice ? On met dans une boîte ou cassot le minerai mêlé avec du charbon de bois et largement eauipoudré de aable. C^est une "charge" qui est vidée dans le haut-foumeau par la tête. Ce fourneau a la forme d'une cheminée. On y monte ipar un escalier d''à peu près dix pieds d'élévation pour y verser la charge, et à chaque fois on en met quatre ou cLnq en frappant aussitôt quatre ou cinq coups d'une tige de fer sur une feuille de tôle suspendue qui rend un son sauvage, vibrant et, prolongé.

Dans son livre Cinq Ans au Canada, Adrien Talbot dit que le fer du iSaint-Maurice est meilleur que le produit an-

184 LES F«DRGBS SAINT-MAUKICE

glais mais inférieur à celui de la Suède. Ceci est de 1818. L'année suivante, John Dunoan, dans Travels in Canada, rapporte qu'on lui a dit que les poêles de Saint-Maurice endurent mieux la chaleur que ceux de Carron, qui étaient probabléonent de fabrique anglaise. Je ne sais rien de Carron.

:La Gazette de Québec du 18 janvier 1820 note que les Forges comptent 55 maisons, 285 catholiques et seulement 5 protestants. La ville des Trois-Rivières renfermait 1,916 âmes et 355 maisons.

C'est en 1829 que Mathew Bell commença ses préparatifs pour se retirer des affaires des Forges. Il vendit sa meute de chiens de chasse à un club de l^Iontréal qui (possède encore la descendance de ces animaux. J'ai connu l'esclave nègre qui en avait le soin et, en 1865, je l'ai retrouvé tenant un restaurant à Sainte-Catharine, au pied du canal Welland. Il parlait français comme nous et m'a conté des histoires des Forges, moitié légendes et moitié Traies, surtout sur les fêtes et amusements des gens de haute dasse visitant l'endroit, l'hiver comme l'été, grâce aux largesises de M. Bell (1).

La paroisse dite Saint-Maurice, en arrière du Cap-dela-Madeleine, fut conmiencée en 1830. Le bail des Forges expirant en 1831, les terres devinrent accessibles aux colon^ qui voulaient ouvrir des cultures dans le Saint-Maurice.

Le 7 juillet 1830, Bell demande que son bail soit ipro-

1. Le gouverneur lui-même venait souvent résider chez M. Bell et il avait sa chambre dans la "graiide maison" oonnué sous le nom de "chambre du gouverneur"; elle était la mieojx meublée. Lors^qu'il arrivait aux Forges, les ou\'Tiers le portaient en triomphe jusqu'au perron et la fête commençait.

I^ club de chasse de M. Bell était connu de partout. Il y gardait dans ses écuries des renards, des chieais et des chevaux, et chaque automne, ses amis se réunissaient pour poursuivre le gibier dans les bois et ils faisaient ensuite bonne chair. C'était le rf'gime légendaire dee anciens lords anglais.

longé d'une année, ce qui est consenti de suite. Il était membre du Conseil législatif. La question des Forges est soumise au ministre des colonies avec proiposition d'un bail de cinq années.

Contre le privilège des Forges, qui faisait obstacle à la colonisation, il y eut aux Trois-Rivières, le 24 février 1831, une assemblée populaire présidée par Pierre Vézina qui, en outre, deman<ia au gouvernement plusieurs réformes dans les affaires de la ville.

Un état de 18^3 montre qu'il y avait aux Forges plus de quatre cents âmes, à part cent à deux cents 'personnes qui y faisaient diverses affaires. On y manufacturait du fer ipour trente mille louis environ par année. Un chemin s'ouvrait pour pénétrer dans le territoire au-delà des Forges. Parlant de la grande chute, Bell écrit ce nom Oha-our-nigam, et Oha-oui-nigan en 1843 et 1845.

En décembre 1832, Eené Eamber, député des Trois- Rivières, disait, dans l'Assemblée législative, que sur les terres des Forges on ne rencontrait plus ni essences de bois ni minerai utiles à ces usines et que la ville était serrée par ce monopole, ne pouvant étendre sa colonisation vers le Saint- Maurice. Bell répondit qu'on exagérait puisque le fief Sainte- Marguerite, adjoignant au nord-ouest les terrains des Forges n'a pas un seul' colon, tout voisin qu'il est de la ville. Il va plus loin et dit que les terres ne valent rien pour la culture, ce qui est une bien plus forte exagération. Il ajoute que ceux qui ont pillé le bois de .Sainte-Marguerite voudraient en faire autant sur le domaine des Forges(2).

Un inventaire du 1er janvier 1833 dressé par Bell estime : charbon, minerai, modèles et outils, fer en gueuses

2. Le prédécesseur de Kimber avait commeneê une campagne contre les Forges.

18« liBS FORGES SAINT-MAUBICE

(lingote, saTi!m)0iia),!marchaiidiisesTariée6, liqueurs, proTieions d« bouche, chevaux, voitures, puis ustensiles d.e toutes des-

criptione £7,855-1^2

Les mlêmes genres d'articles au iposte des Trois-

Rivières 4,667- 3-5

Les ipoêles aaix Forges 6,310-14-10

" " " Troie-Rivières 8,278- 4-7

" " à Québec 6,567- 1-3

" " Montréal 4,%0- 5-10

" " " Kingston et York (Toronto) 1,274- 8-6 On ajoute à cette liste un état des poêles fabriqués en janvier-avril 1833 :

Janvier . £2,0^5- 5-10

Février 1,907-10-00

Mare 2,169- 4-01

Avril (estimation) 2,000- 0-00

donnant un grand total de £48,072-10-6

En 1833 il y eut un grand débat dans l' Assemblée législative au sfujet des Forges. De fait, les attaques se répétaient d'année en année. L'agitation contre les Forges paraît n^avoir eu d'autre base que la passion politique. Bell était **bureaucrate'^ c'est-à-dire du parti des fonctionnaires nommés par la couronne et qui jouissaient de privilèges contre lesquels les députés canadiens à la Chambre d'assemblée luttaient avec ;persistanoe. Ce groupe oligarchique était le même qui tenait dans l'administration du Royaiime-Uni une place considérable et que le parti whig ou réformateur ou libéral comibattait sans cesse. Au Canada on ne disait 'paa whig, mais patriote. Vallières, Polette, Vézina, qui menaient la guerre contre Bell étaient des patriotes, ou réformiateure, <m libéraux, ou whigs — c'est la même chose.

Le 5 janvier 1834, Bell accepte l'offre que lui fait le

LES FORGES SAINT^NfAUEICB 187

gouvernement de continuer Terploitation des Forges jusqu'au 31 décembire 1843 maifl, je crois, sujet à Taipprobatioii du ministre des colonie». De plus, on lui pennet d'utiliser un certain morceau de terre dans la seigneurie du Cap-de-la- Miadeleine. Ceci est en date du M avril. Bell promet de payer soixante^uinze louis par année durant dix ans à commencer du 1er janvier 1833 pour ce terrain qui mesure 25,94:0 arpents, mais, dans les lettres patentes du 23 novembre 1834 qui accordent les Forges à Bell pour dix ans, il est diéclaré que les £75 sont compris dans le prix du bail lequel est de £500. La Chambre d'assemblée se montre très mécontente de cet arrangement.

En 1837, les missionnaires remontent le Saint-Maurioe pour visiter les Têtes-de-Boiile. Jusque-là ces Sauvages n'étaient connus que par leoirs descentes, en été, lorsqu'ils allaient aux Forges et aux Trois-Eirières vendre des pelleterie*». Ils étaient restés sans connaissances religieuses (3).

Des plaintes e'élevant toujours contre les Forges, on pétitionnait et des discours avaient lieu dans la législature. Khnber et Vallières ^paraissent avoir créé l'impression que si le bail des Forges était modifié, les terres sesraient données gratuitement aux colons. Ils avaient envoyé au gouverneur Kempt une liste de ces personnes se disant prêtes à s'établir dans les endroits en question. Kjempt en parla à Bell qui ee déclara favorable au projet et il céda cinq mille arpents oontigus à l'arrière de la Pointe-du-Lac et Yamacliiche qui fuirent arpentés sur ordre du gouverneur, puis d irisés en lots de cinquante à soixante-dix acres, comme augmentation du

3. On appelait ces S&ur&gem "Tétes-de-Boule", parce qu'ils ômt la tête grocaee et le visage roTtà. ; ila étei&nt grands, bleu oaanbrés, bona et hospitaliers, mais d'ime inteniig«noe étroite et

township de Caxton. Ceci se passait de février à mai 1843. Durant plusieurs mois on annonça la vente de ces terres d'habitants, puis, à l'église de Yamachiciie, l'encan s'ouvrit. Pas un seul ,pétitionnaire ne se présenta; Bell y était. H acheta presque tout au prix de la mise aux enchères.

Dans ces occasions, Bell dit à qui voulait l'entendre que les terres des Forges n'étaient pas fameuses poux la culture tandis qu'il y en avait d'excellentes dans les seigneuries voisines et inoccupées. Encore aiugourd'hui les terres des Forges eont presque sans habitants.

;Le 27 décembre 1842, Bell dit qu'il y avait quatre cent vingt-cinq âmes aux Forges et de plus que trois cents personnes y étaient nourries à certaines saisons de l'année. Lee habitants du voisinage y vendaient leur grain.

Voici la distribution des familles établies:

Sexe masculin, plus de 14 ans 126

" moins" " " 97

" féminin, plus" " " 114

" moins" " " 88

Il donne une liste de quatre-vingt-dix-sept noms du sexe masculin qui me semblent être de la catégorie de ceux âgés de (plus de quatorze ans et appartenir uniquement aux travailleurs de tous les métiers. Q.uant aux vingt-neuf noms qui manquent pour compléter le chiffre de cent vingt-cinq porté ci-dessus, je suppose que ce sont des surintendants, surveillants, commis, fournisseurs, marchands regardés comme à (part de la main d'oeuvre. S'il ne donne que le chiffre des femmes, petits garçons et filles c'est qu'il ne les compte pas paiïni les travailleurs des usines ou de Texploitation en gêné-

LES FOUGES SAINT-MAUHICE

raie — ce sont les membres TiTent.

Aubry, Jacques, iBeaulac, Antoine, OBoisvert, Joseph, Jean-B., Thomas, Bouchard, F., H.

iBourga in ville, P.

Chaurette, B.

" Joseph,

" Louis,

P. Claude, F.-J.

CoUins, Jacob, Ounningham, James, Denoncour, P.

Dugré, C, Gauthier, père, L.

fils, L., Gilbert, Antoine, " Augustin, " Jean-Baptiste, '* Joseph, " P., Gordon, James, Harris, Catherine, Himbleau, C,

des familles du Hieu et qui y

" Louis, E., P.-P.,

" Saint-Luc, " veuve, Huot, Edouard, Isabellle, Laurent, Laliberté, Joseph,

O., Lamb, L

Lanouette, Joseph, Laroche, F., Leclerc, Antoine, LesieuT, Antoine, Lessard, D., Lewis, Antoine, Lord, Pierre, McCauley, H.

Mailloux, André,

" Antoine,

" Jean,

'* Joseph,

" père, Louis,

" fils, Louis,

" P., Michelin, Antoine, A.-J,

" Benjamin,

" Jean,

LES FOBOES SAINT^tAUEICE

" père, Joseph, " file, Joseph, " Louis, Noël, D., Pellerin, Antoine, " Françoia^

J.-P., " Louis, Pléau, Anix)ine,

Poulin, Augustin, PrécouTt, Alex., " ipère. G., fils, G., N.-V., ïlaymond, H., Rivard, Jules,

Eohichon, Joseph,

N., Eouet, Etienne, Sarrazin, G., Sawyer, père, B.,

" fi<k, B., Tassé, Edouard (4), Teirault, Ekl, E.,

" Jean,

" Jean-Baptiste,

" Joseph,

« • père, dSr., fils, N".,

- E., Tomlinson, J., WinnibuTgih, H.,

Le 21 octobre 1843, Dominique Laly, secrétaire provinciail, éc-rit à Bell qu'on lui offre de prolon^ger son bail d'un en s'il accepte l'arpentage et le reste des terres des Forges que l'on jugerait à propos de concéder dans rintervalle de ces douze mois. Bell consent et ajoute que vers l'été de 1844, la fournaise sera usée, hors de seryice et qu'il ne la

4. Tassé était un bon garçon, mais les gens deg forges disaient qn'il avait des entrevues avec le diable. Il n'y a pas lin coin du paya où les superstitions durèrent aussi loDgtempa qu'aux Forges ; les femmes et les filles étaient surtout très naïves sur ces histoires de "grand'mère". Toutefois, Tassé était un lutteur redouté ; il fut la terrear du post« des Forgea et l'on a mis sur son ooanpte des fables exagérées, mais ses camarades j croyaiernt Il es-t mort en bon chxétieo à Saint-

Boniface.

EeMtira point mais tiendra cependant à faire mettre les ehoees en état d'agir afin que son sueeeeseur puisse faire une fournaise sans retard. Daly fixe le prix du terme en question à cinq cents louis englobant les soixante-et-quinze louie à payer aux commissaires des 'biens des Jésuites pour les 25,940 arpents qui sont dans la seigneurie du Cap. Un ordre en conseil du 16 septembre 1844 prolonge le bail de Bell jusqu'au 1er juin 1845.

Edward Grieves, gendre de Belll (son agent), représentait les Trois-Edvières à l'Assemtblée législative pour la période de 1844-47. Il mourut en 1845 et le 14 juillet de cette année Denis-Benjamin Viger le remplaça comme député. Beiil n'était plus membre du Conseil législatif. Son agent à Québec était Alexiandre-Davidson Bell, marchand.

Mentionnons ici un curieux procès intenté en 1844 par Antoine Turcotte et sa femme Rosalie Eivard, commerçants des Trois-Eivàères, pour rcTendiquer le fief Saint-Etienne et pour faire défense à Bell de payer au gov.vernement cette partie du loyer des Forges couvrant le dit fief. Xous connaissons ces sortes d'héritages que l'imagination du peuple fait surgir de temps à autre. Il n^était pas difficile de troaver des avocats pour plaider La cause de Turcotte, car la politique en fournissait.

Tout de même le "règne" de Bell tirait à sa fin. La fortune s'était envolée par les portes et les fenêtres. Je crois que dès 3e 1er janvier 1845 il était décidé à se retirer a'vec l'expiration du contrat, le 1er juin suivant, car ce pretmier janvier 1845 le gouvernement donne instruction à Pierre Bureau d'arpenter les terrée des Forges, de les diviser en fermes et de faire la xéserve d'un village. Cela n'aboutit qu'à peu de chose. Madame Bell était décédée depuis quelques années. Mathew Bell mourut aux Troi»«

Eivières en 1849 âgé de quatre-vingts ans, dit le registre de sépoilture. Sa famille m'a dit qu'il avait été en rapcport avec les Forges durant soixante ans, ce qui peut le reculer jusqu'à 1784 puisqu'il semble avoir cesisé à la date du 1er janvier 1845, mais alors c'était du temips de Gugy et Bell ne dépassait pas vimgt ans ; il vivait à Québec. Le document officiel de 1845(5) fait croire que sa participation aux affaires des Forges va de 1798 à 1843, ce qui donne cinquante-quatre ans et me paraît plus juste.

En 1846, Henry Stuiart aohète les Forges au iprix de 6,575 louis. Il désirait aussi acheter les fiefs Saint-Etienne et Saint-Maurice, sur quoi M, Piapineau demanda de les lui céder moyennant 4,500 louis. Cependant, ils furent mis à l'enchère à la demande du Conseil et M. Stuart les acheta le 3 novembre pour la somme de 5,900 1ouls(6),

La fin de notre travail sera brève. En 1851, il y eut la compagnie Andrew Stuart et John Porter, puis vint la compagnie Ferrier, deux pauvres affaires. Les Forges dédinaiefnt. En 1854, Hall, Lame et Turcotte commencent les forges Eadnor près de la iparoisse Saint-Maurice qui venait (185*3) d'être organisée oanoniquement(7).

5. Daité du 20 noTemibre. Publié en 1&46 (p. 26) par D.-B. Paipineau. oommissaire des terres de la couronne. Le 19 décembre 1845, lord Metcalfe annonce que les Forges seront A'endues à l'enchère le 4 août 1846, à 11 lieures a.m. dans le Palais de justice des Trois-Rivières.

6. Il commeniça inumédiatement des travaux mal dirigés et dut bientôt les abandonner, faute de fonds. Il ne lui restait plus que de louer les Forges, ce qu'il fit deux ans après.

7. Ils y construisirent un haut-fourneau, des forges, des laminoirs, une fonderie spéciale pour roues de chars (avec succursale aux Trois-Rivières). Leurs terrains couvraient 40.000 acres. Ils employaient environ 200 hommes ; la production était de trois tonnes de fer par jour. Un grand inconvénient existait dans cet établisseanent : le chemin de fer ne se rendait pas -jusque là et le charrole était long, coûteux et difficile à s'accomplir.

En 1856, Dupuis et Robichon étaMissent les forges de rislet, rive gauiche du Saint-MauTice, comme Radnor. Le miaerai de cette région, très abondant, n'avait pas encore été touché(8).

Les messieurs McDoiigall, des TroiiS-Rivières, (prirent les "Tieillles forges" des mains de Ferrier en 1862 et aussi les forges de l'Islet(9). Ils y ramenèrent la vie. Le minerai donnait 40 % de bonne substance. Vers 1869 on parlait beaucoup du "fer de montagne" que les gens des Forges disaient avoir vu en abondance à quinze ou seize lieues en arrière, vers le nord et on ajoutait qu'il devait y en avoir des quantités énonnes plus loin, à vingt lieues. Les mineurs comparaient les échantillons de cette trouvaille au fer du Kentucky qui donne 60 %. Ce fer de montagne est moins flexible que l'autre du Saint-'Maurice. Il est plus sec, plus cassant, mais plus propre à faire de l'acier. La mine de Hull, vis-à-vis Ottawa, est de fer de montagne.

En 1868, à l'Exposition internationale, les Forges Radtior exhibèrent des roues de chars avec un essieu nouveau

8. Dans le voisinage des forges de llslet, M. Bell s'était autrefois fait bâtir une maison sur tine ferme qui lui appartenait et que l'on regardait comme la plus belle du Saint-Maufrice.

9. Les foumeattx furent éteints en 1876. Deirx ans après tout travail cessa aux forges de l'Islet.

Sous le régime de Stuart et Porter la chapelle fut restaurée ; elle servit en même temps d'école ; un M. Doucet et deuj: Dlles Dugal y enseignaient la cla*se à une trentaine d'enfants des Forges et des alentour». Ce sanctuaire qui était appelé ''chapelle de la Réparation" fut solennellement consacré le 15 juillet 1883 à la 'Sainte-Face par l'abbé J.-R. Caisse.

genre qui attirèrent l'attention. Les roues avaient (parcouru 150,000 milles comme épreuve.

Le 8 janvier 187-1, les forges Eadnor furent ravagées

Voici les noms des prêtres qui ont desservi ce lieu de 1860 à nos jours : Jos^eph-Elie Panneton, I^uis-Séverin Rliéault, •T.-B. Comeau, Napoléon Caron, 18&0-76; J.-R. Caisse, 1876-&3 ; Louis Richard, 1893-95; M.-N.-Louis Denoncovirt, 1895-99; Louis- Arthur-Hévêque Dausablon, 1899-1909; Auguste Lelaidier, 19'09- 12; Télesphore Giroux, 1913-15; Eug-ène Denoncourt, 1915-16; G.-R.-I. Trudel en 1916, tandis qu'il était curé de Saint-Etienned€^s-Grés; Charles Boutet, 1917.

En face de la chapelle était la demeure du Dr Louis-Jean- Baptiste Beauchemin qud épousa la veuve de Onjésime Héroux. Le Dr Beauchemin se remaria à Azilie Meunier qui lui donna une nombreuse famille.

Le Dr Beauchemin était ipropriétaire d'un moulin à farine en brique, de deux étages, qui avait d'abord été urne boutique de menudsiers, construite par Henry Stuart pour l'utilité des Forges, Il y avait aussi non loin de là un autre petit moulin érigé par Onéeime Héroux et qui disparut vers 1875.

Lorsque les MM. McDougall prirent les Forges en 1862, la "grande maison'' venait d'être i>artiellement endommagée par un incendie ; elle fut réparée i^ar Robert McDougall "avec un goût que tous nos industriels n'ont pas" disait Faucher de Saint-Maurice à Joseph ^larmette. "Il lui a scrupuleusement conservé ses anciennes divisions, son toit normand, ainsi qu'une grande partie des vieilles boiseries françaises. Rien de plus pittoresque, et de pins antiquaire que ces salles immenses, aux larges âtres flaniqués de plaques de fer fleurdelj^sées et portant le millésime de "17.32", que ces corridors où toute nne compagniie de reîtres et ^de lansquenots serait à l'aise. C'est à se croire dans la salle d'armes du dernier des Burckhards, si l'hospitalité toute écossaise des M^I. McDougall n'était là pour nous faire songer avec complaisance aux douceurs du temps présent."

MM. Suite, Faucher de Saint-Maurice, Marmette et Alfred Garneau sont d'accord à dire que le millésime en question porte "1732" et non "1752" comme le prétend l'abbé N. Caron dans ses Deux Voyages sur le t^aiiit-Maurice- Nous croyons que ce millésime "1732" est là -pour signifier que les Forges furent fondées en 1732, mais rien ne dit que ces plaques furent cou-

par un incendie, néanmoins on y travailla jusqu'à 1908 sur une petite échelle(lO),

En 1889, la "Canadian Iron Furnace €o.. Ltd/' fit l'acquisition de ces forges à un prix dérisoire, mais il n'y avait plus de minerai.

Ij&s Vieillies Fiorges ont ten,u ferme jusqu^à 1883, puia est Tenue la décadence; et maintenant on n'y comjpte plua que quelques familles, miaie pas d'exiploitation de fer.

Adieu mes vieilles Forges. Je vous ai connues dans votre splendeur et je me promettais, dès lors, de vous donner place dans notre histoire. J'écris ces dernières lignes en face de vos ruines qui bientôt disparaîtront. Déjà, votre souvenir n'est plus qu'une légende vague dont la prochaine génération ne saura rien. Je veux tous sauver de l'oubli, vous faire revivre dans l'âme des Canadiens qui s'attachent à l'étude des temps passés.

lées cette même année : elles ont dû être fabriquées plus tard, peut-être en 1738, date où /la "grande maison" a été construite.

John et Robert McDougall établirent leur bureau et magasin dans la "grainde maison" qu'on a appelée à tort "manoir". Ils se oonstruisiirent une résidence au nord-ouest de celle-ci à côté du terrain où avant été bâti la première chapelle de bois (173i8). Cette maison fut démolie en 1900.

Les Forges furent transférées à George McDougall, fils, le 18 décembre 1876 ; tout travail dût arrêter ein, 1883.

10. Comme aux Vieilles Forgea, aujourd'hui, les fourneaux et autres bâtiments sont rasés. L'épuiseiment du minerai a amené la fermeture de ces usines ; il en est de même de toua ces grand*» atelders qui ne vivent que temiporairement.

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