Voir le document aux arcliives du Canada, Ottawa
CHAULES THOMAS iO
"L'automne de 1790, j'allai donc, avec ma famiUe, me fixer dans la ville des Trois-Rivières. Lorsque la cour du banc du roi fut créée, on me nomma protonotaire du district des Trois-Eiyières et greffier de la couronne, conjointement avec WiUiam PoUock, écuyer, qui résidait en Angleterre. A diyerses époques, durant l'espace de plus de vingt ans, le gouvernement me gratifia de marques de confiance en me nommant à des postes responsables, dont j'ai c-onservé plusieurs jusqu'ici (1813) en vertu de patentes spéciales."
Dams les greffes des Trois-Eivières, en 1796, Charles Thomas est cité à titre de greffier, de commissaire pour les aliénés et au^si de coroner; en 1805, il est président de la société du feu (17) et président des s}Tidics de la Commune; en 1807 et 1808, durant les célèbres élections d'Ezéchiel Hart, Thomas était officier rapporteur, interprète et protonotaire.
Par suite de son éducation première, il parlait le français avec facilité. C'est même en partie ce qui dut le faire choisir par Haldimand et Carleton pour remplir les charges que ces deux gouverneurs lui confièrent. On dit que le juge Williams, avant à lire, en français, une sentence de mort, s'arrêta sur le mot "pendu" qui était assez mal tracé.
— M. Thomas, what is the French for hang?
— Pendu, your honor.
Et le juge, s'adressant au condamné:
— Vous serez ponndiou par le cou. . .
A l'âge de cinquante-sept ans, le brave Thomas entra dans la période des infortunes et des désappointements. Laissons-le parler: "L'année 1809, ma vue se trouvant soudainement affectée, j'obtins, avec de grandes difficultés, les services d'un collègue (18) comme protonotaire et greffier de la