Cet article est inédit
ESSAI DE OOMMBIiOE AVEC LES ANTILLES 115
maritime il est comme uue puissance de premier ordre comparé au Canada de 1864, car à cette époque on étonnait grandement le peuple en proposant d'envoyer des navires porter nos produits agricoles aux quatre coins du monde, ou encore en disant que nous devrions fabriquer avec Hes matières dont le pays abonde, tant et tant de choses que nous allions toujours acheter à l'étranger. Qu'est-ce qui n'était pas à créer parmi nous ! et combien peu on y pensait ! La presse avait fort bien saisi le thème et elle le ramenait sans cesse sous nos yeux. Donc, on parlait des Bermudes, des Antilles, ''colonies voisines de nous".
La chambre de commerce de Québec croyait à la possibilité de tenir une ligne de bateaux à vapeur qui iraient à la Havane échanger des produits canadiens contre ceux de l'île de Cuba et, pour se renseigner à la source même, elle envoya, vers le printemps de 1866, M. Thomas Cyroid Du Plessis, marchand de Québec, consulter IM. James M. Liwton, marchand à commision de la Havane, bien connu dans notre capitale. Je dis capitale, justement à l'heure où Québec cessait de l'être puisque le gouvernement déménageait à Ottawa. N'importe ! les ministres se montraient favorables au projet en question et l'on comptait sur leur aide de quelque manière.
A son retour, vers le 13 avril, M. Du Plessis rapportait des nouvelles satisfaisantes, consistant en son expérience acquise au cours de cette visite et une liste des articles dont M. Lawton considérait la vente comme assurée. Bientôt survint un événement inattendu qui encouragea davantage les promoteurs de l'entreprise; c'était la quarantaine de quatorze à vingt jours imposée par un édit espagnol aux navires américains qui fréquentaient la Havane. Cet ordre, promulgué
116 ESSAI DE COMMEiRCE AVEC LES AXTILLES
le 10 avril, était porté à la connaissance de M. Du Plessis, à Québec, dès le 18, par une lettre de M. Lawton datée du 12. Le 23, Garrison & Allen, de Xew-York, agents des steamers américains qui touchaient à la Havane, télégraphiaient à M. Du Plessis (sur sa demande) que ces bâtiments n'iraient plus à Cuba. Le champ était libre de concurrence puisque le paTillon britannique conservait entrée libre.
Le 25 avril 1866, M. Du Plessis écrivait en son nom propre à l'honorable Jean-Charles Chapais, commissaire des travaux publics du Canada (2) lui exposant la question et demandant d'employer le Tictoria ou le XapoUoti III (3) pour transporter des marchandises aux Antilles. Les steamers en question dataient de dix ans, coques de fer marchant à hélice, affecté a a ravitaillement des phares du golfe, mais peu propres à naviguer sur l'Atlantique. Xous n'en avions pas d'autres.
Et, comme on dit, des débats s'en suivirent. Enfin,