Mélanges historiques
Vue prise de la rivière Saint-Maurice. Edifices de 1738- 1870. En haut, la "grande maison". Le cours d'eau qui se déverse à gauqhe n'est pas visible. Sur le rivage, en bas, sont 4es anciennes forges.
(Extrait de "Maple Leaf," avril 1853).
préface:
Les Forges Saint-Maurice n'existent plus. Il ne reste que d£s vestiges de leur vi^e d'autrefois, et ce lieu est devenu fresque solitaire. De nos jours, de rares touristes qui soupçonnent ce que durent être les "vieilles Forges", attirés par les légendes qu'elles ont laissées dans la mémoire du peuple des environs, n'y trouvent que les déconibres de la "grande maison" en ruine, les restes craulants d'un haut-fourneau, une cheminée de fonderie, la chapelle bien conservée que fréquentent eneore les "habitants" de la région voisine, quatre ou cinq maisons, un moulin à farine, mms rien du joyeux village naguère si renommé, ni de la remarquable population d'il y a cent, cent cinquante ans.
C'était pourtant le siège d'une industrie métallurgique florissante, restée sans analogie dans l'hist&ire de la colonisation française, qui a duré plus d'un siècle. La plupari de nos oeuvres historiques, certains livres spéciaux contiennent plus d'une mention de ces Forges Saint-Maurice, mais les écrivains n'en ont parlé qu'en passant. Depuis que le jeui des facteurs économiques a refroidi leurs hauts-fourneaux, elles sont rentrées dans l'oubli; le mystère enveloppe uni
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passé riche de souvenirs, tout un monde dont Vignotancà nous empêcherait de comprendre ce qu'est devenue une cct^ tégorie d'hommes et de choses qui compte parmi les plus curieuses de notre pays : tout ce qui provient des Forges. On ignore même, aujourd'hui, que les Forges ne furent point une colonie canadienne, mais qu'elles étaient formées par des artisans de la Bourgogne qui, jusqu'à 1850, conservèrent leurs habitudes particulières et offraient un contraste des plus, curieux avec l'ensemble des coutumes du Canada.
Etablissement unique en son genre et privilégié, sa création fut un immense bienfait pour le pays. Il succomba lorsque le monopole cessa d'exister. C'était une chose, un monde à part. M. Benjamin Suite qui a séjourné aux Forges dans sa prime jeunesse, soit aux environs de 1850-60, les a vues dans toute leur activité, et nous l'avons entendqjt, dire qu'il avait tant bu de l'eau chargée de fer du ruisseau de la grande forge qu'il espérait bien vivre cent ans. Ce qui est plus certain, c'est qu'il a commencé jeune à recueillir des renseignements sur ces lieux historiques. Les premières pages de ce livre datent de 1869, leur auteur ayant cru bon d'écrire ses impressions sur le plus ancien de nos foyers métallurgiques alors mêm& qu^ son activité commençait à ralentir. Mais cette histoire des Forges est au^si tirée des Archives fédérales. Faut-il s'étonner que M. Suite les connaisse si bien ? En guise de réponse, nous dirons qu'au temps où M. Suite était député-ministre de la milice, les Archives logeaient au sou^-sol des bureaux de ce ministère. Jusqu'en 1903, il a donc eu la bonne fortwne de les consulter au fur et à mesure qu'elles nou^ arrivaient d'Europe ou d'ailleurs. De 1883 à 1887, Joseph Marmette, notre romancier, alors attaché au service des Archives, retrouve en France une bon-