‹ Mélanges historiques (volume 5)Chapitre 45 sur 83 · BROWNE ET WAGNER · texte numérisé non relu

BROWNE ET WAGNER

La famille Browne, arrivée à Québec en 1815, se composait des personnes suivantes: George Browne, probablement beau- frère de Benedict-Paul Wagner, ses fils Claude-Scott et Arthur, et l'épouse de ce dernier.

Claude-Scott Browne, né en 1794, fut assistant-commissaire général du Haut-Canada. Il mourut à Kingston en 1821, âgé de 27 ans.

Arthur Browne et sa femme, après un séjour de dix ans au pays, retournèrent en Angleterre en 1825.^

Quand et comment Wagner échoua-t-il en Canada ? L'article de M. Suite ne répond pas à cette question. Est-il possible de supposer qu'il vint parmi les quelque 5,000 soldats allemands que le souverain fit passer dans le pays, de 1776 à 1783, pour la défense de la colonie? On sait que, la paix conclue, un bon nombre d'entre eux furent licenciés et s'établirent parmi nous, soit aux Trois-Rivières, à Sorel ou ailleurs.

Doit-on voir des liens de parenté entre notre Wagner et Jean Wagner, protestant, de Saint-Gilles, comté Lotbinière, venu avec les troupes germaniques et inhumé à Saint-Nicolas le 26 août 1793.^2

Notre excellent ami, M. Francis-J. Audet, chef de l'Index aux Archives du Canada, nous a communiqué des documents relatifs à Wagner. Nous y puisons largement.

Ainsi, la plus ancienne mention de Wagner que nous avions trouvée est dans la Gazette de Québec du 18 juillet 1805, où il est dit que Mme Wagner et sa famille sont arrivées à Québec le 14: « Arrived, July 1 Ith, Schooner Mary, Simon Doucet, Master, from Halifax, sailed 25th June, addressed

1. Mrs. L. H. Sigourney, The Poetical Works of Felicia Hemans, p. 35; Dictionary of National Biography, vol. XXV, D. 382,

2. B. R. H., 1914, p. 354; J.-E. Roy, Histoire de la seigneurie de Lauzon, III, 159. Sur les troupes allemé^ndes venues au Canada de 1776 à 1783, on peut consulter le B. R. H., 1915- p. 146, et l'intéressant travail de Georges Monarque, Un général alleinand au Canada.

to the master, in ballast. Passengers Mrs. Scheode, Mrs. Wagner and family (?), Master Macguire. » Cette note laisse entendre que Wagner lui-même pouvait être déjà à Québec.

Nous le voyons peu après à la tête d'un commerce d'importation qui nous paraît assez considérable: bois de construction de toutes sortes, peintures, vins, sel, articles en ferblanc, fer anglais et suédois, etc. . .^

A la suite de pertes ou vols répétés de bois de chêne et de pin, Wagner publia un prospectus (hand-bill) offrant une gratification à ceux qui pourraient amener la lumière dans cette affaire. Cette affiche déplut aux officiers des navires anglais stationnés dans le port de Québec, en juillet 1808, et il s'ensuivit un échange de correspondances que nous retrouvons dans le Mercury et la Gazette de Québec. Par la modération, la forme châtiée du langage, les connaissances et les citations latines qu'il se sert à l'occasion, on voit que Wagner possédait une instruction plus qu'ordinaire.'*

Quelques jours plus tard, nouvelle alerte! Le 4 aoiit, la Gazette de Québec publie l'annonce voilée suivante:

« Chaloupe perdue. Une Chaloupe de 21 pieds de longueur, peinte en blanc, le haut bord en noir, est dérivée de devant la Maison de M. Hullet, à Sillerie, vendredi au soir le 29 du mois dernier, marée montante, et n'a pas été trouvée depuis: le nom de Henry Robinson fut peint en dedans de la dite Chaloupe, et celui du Navire, Young John, du No...., Shields, en dehors. Ceux qui l'auront trouvée, ou qui en donneront des renseignements à M. Wagner, No 21, rue St- Pierre, ou qui la ramèneront à la place, seront libéralement récompensés ».

La Gazette de Québec du 11 mai 1809 nous informe qu'une société commerciale existe depuis le premier du même mois entre B.-P. Wagner et Robert Ritchie. Le 7 juin 1810, la compagnie est dissoute de mutuel consentement.^

Si Wagner était à Québec le 8 mai 1809, comme les journaux le publient alors, que faut-il penser de la note parue

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