Le même Ango que plus haut parlé
JEAN VEEEAZANO
flotte d’Ango, capture un navire qui faisait route pour San Lucar de Barrameroute pour les Canaries.
En août, même année, Johanes Florin pille un navire portugais, entre Earo et Tavira, port de l’Algrave, région du Portugal.
En 1526, Johanes Florin est sur les côtes du Portugal. Au mois d’avril, il y capture, à vingt lieues de Tavira, un navire portugais. En mai, il s’empare d’un vaisseau qui faisait route pour les Canaries.
En 1526, Johanes Florin, capitaine, prend un navire qui faisait route pour les Flandres. Au mois de septembre, il en prend un autre qui se rendait à Lisbonne.
En septembre ou octobre, même année, Juan Florin est capturé par des gens du golfe de Biscaye, conduit à Cadix, puis à Madrid, ensuite à Colmenar de Arenas près de Tolède où il est exécuté en novembre sur un ordre signé de Charles- Quint, à Lerma, le 13 octobre 1527.
Ainsi donc, ce Jean Florin piratait pour le compte de Jean Ango, lequel avait, de son chef, déclaré la guerre au roi de Portugal, ce qui est une curiosité de la manière d’agir de cette époque. La guerre entre la France et l’Espagne justifiait, d’autre part, le même Ango de piller et rançonner les Espagnols.
L’alibi de notre Jean Verrazano est complet. On ne saurait lui imputer les actes de Florin, car nous avons vu plus haut ce qu’il faisait et où il était en 1523-27. De plus, il partit de Dieppe quatre mois après la pendaison de Florin
JEAN VERRAZANO
en Espagne, se dirigeant vers la Floride et le Brésil où il trouva la mort comme on sait (21).
21. L'encyclopédie américaine de MacCraclcen rapporte que Vernazano fut pris et exécuté comme pirate français à Pico (île portugaise des Açores), en novembre 1527, sous l’accusation d’avoir capturé, en 1523, un navire contenant pour $1,500,000 de valeur en or, envoyé par Fernand Portez à Charles-Quint.
L’écrivain R. Purclias, un Anglais, écrit que dès lie printemps de 1521, le cardinal Wolsey appuyé par Henri VIII, désirait équiper cinq vaisseaux pour un voyage en Amérique ; il avait essayé d’obtenir le concours des commerçants et des armateurs de Londres, mais cette expédition fut retardée jusqu’en 1527. Au printemps de cette année-là, des vaisseaux furent équipés sous le commandement de John Rut, pour aller à la recherche d’un passage vers l’ouest par le détroit de Davis. Il est dit qu’au cours de ce voyage, le capitaine John Rut perdit son pilote, un Italien, qui .fut tué dans une escarmouche avec des Indiens. Biddle, dans sa biographie de Cabot, mentionne ce fait et il ajoute “que Verrazano fut pris, tué et mangé par les Sauvages, sur les côtes du Brésil, en présence de ses compagnons restés sur le navire”. Alors, les naturels de ce pays devaient être les Caraïbes? L’écrivain Asher, dians son travail sur Henry Hudson, partage cette opinion; nous n’y trouvons à redire que ceci: John Rut ne voyageait probablement pas pour le compte de l’Angleterre en 1528. Nous l’avons vu, en 1527, au service de Wolsey, mais il paraîtrait plus acceptable qu’il aurait été engagé comme chef ou commandant de l’expédition de Verrazano qui partit de Dieppe le 17 mars 1528. A d’appui de cette assertion, M. Margry (les Pilotes de Jean Ango, dans les Navigations françaises ) ajoute que John Rut, sous pavillon anglais, en 1527-8, voyageait pour le compte d’Ango.
LE SIEGE DU LONGES AUT
LE SIEGE DU LONG-SAUT (1
Le poste de Québec était fondé depuis quarante-cinq ans ; il y avait dix-neuf ans que Trois-Rivières possédait des habitants ©tables; douze ans que Montréal vivait dans les murs de son fort — et cette colonie, qui eût dû compter deux ou trois mille hommes en état de la faire respecter, en 1653, était si faible qu’elle regardait comme son unique salut une centaine d’hommes nouvellement engagés pour partager ses travaux, sa destinée, et au besoin ses périls.
Aucun seigneur jusque-là n’avait amené un pareil noyau de population ; en outre, la situation de Montréal, presque au bord du pays des Iroquois, plus périlleuse -pour elle-même, créait un poste avancé et menaçant qui assurait plus de tranquillité aux établissements inférieurs- du fleuve ; ce n’est donc point sans1 raison que l’abbé Faillon dit que cette oeuvre toute chrétienne et dévouée fut alors le bouclier et peut-être le salut de la colonie canadienne. Montréal -sauva la colonie en 1653 et en 1660.
Le© annalistes et les historiens qualifient de soldats les hommes arrivés à Montréal en 1653. C’étaient tout bonnement des engagés et des gens de métiers qui, à l’heure de
1. L’objet de cet article consiste à donner les traits saillants du tableau que présentait le Canada -durant la période des “temps héroïques” — par conséquent M. iSulte a laissé nécessairement dans l’ombre une foule de détails appartenant à la grande histoire. Les choses -essentielles y étant exposées, cela suffit pour nous indiquer et nous faire comprendre les faits dominants.
LE SIEGE DU LONG-SAUT
l'épreuve, ont su æ transformer et manier les armes avec bravoure.
Déterminés à se jouer des Français comme ils se jouaient des Hurons, les Iroquois feignaient de désirer des missionnaires. On se laissa prendre à ce piège plus que grossier. La Relation de 1654 dit: “L’entreprise d’aller, dès le printemps prochain, porter une mission dans le coeur des nations iroquoises nous oblige à demander à votre Révérence le secours de six de nos Pères, car nous sommes trop peu. M. de Lauzon, notre gouverneur, fait état d’y envoyer un nombre de Français choisis, pour y commencer une nouvelle habitation.”
La paix désirée fut conclue. Les massacres ne cessèrent pas, cependant. L’année 1654, la guerre régnait dans toute son horreur. En1 1655 de même. Et pas de troupes! Le Père Le Mercier écrivait : “Depuis la destruction du pays des Hurons, les Iroquois ont toujours avancé leurs conquêtes et se sont rendus si redoutables en ce pays que tout plie sous leurs armes. Ils ont encore la force en main, et il ne tenait qu’à eux de massacrer le reste de la colonie française, ne trouvant presque point de résistance, ni du côté des Français ni du côté des Sauvages non confédérés.”
D’est à peine si les Français de tout rang, âge et sexe dépassaient un millier d’âmes — soit deux cents hommes en état de porter les armes — et ces hommes n’étaient pas ici pour la guerre. Montréal, placé à la frontière, intimidait seul les maraudeurs; aussi voyons-nous que, l’automne de 1655, on convint en ce lieu d’une suspension d’hostilités, en retour de sept ou huit chefs iroquois capturés que M. de Maisonneuve consentit à rendre. Par malheur, les Hurons de Pîle d’Orléans avaient donné des espérances aux Iroquois, leurs frères par la langue, par le sang et par les coutumes, et
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la belle saison de 1656 était à peine commencée que les bandes de massacreurs reparurent sur 'les bords du fleuve.
Les Hurons qui se sentaient disposés à suivre les Iroquois étaient retenus par le voisinage des Français et par la désapprobation de ceux de leurs compatriotes qui étaient moins portés à se joindre aux vainqueurs. Il n’en est pas moins vrai que la cause iroquoise gagnait du terrain à l’île d’Orléans, par suite de l’audace des entreprises de cette nation et du peu de ressources que possédait la colonie française. Résolus de frapper un coup décisif, les maraudeurs visaient surtout à intimider les- Hurons — et il faut avouer qu’ils avaient carte blanche pour cela. De temps en temps, la décharge d’un fusil abattait une personne à l’orée d’un bois ; un canot était poursuivi et coulé par des gens placés en embuscade ; le feu prenait aux alentours des cabanes de Sauvages : le plan d’action des Iroquois était complet.
La situation devint tellement critique que le sentiment de la défense n’exista plus. C’est alors que les Iroquois firent irruption dans l’île d’Orléans, massacrèrent ceux: qui leur résistèrent et repartirent en bel ordre-, emmenant une foule de prisonniers. Les soixante-quinze ou quatre-vingts Canadiens et Français qui demeuraient à Québec eurent le loisir de se porter au bord de l’eau et de voir défiler 'les ennemis brandissant les chevelures qu’ils venaient de lever, et faisant crier de douleur les prisonniers en leur arrachant les ongles et 'leur brûlant les chairs avec des allumettes à leur mode.
Le gouverneur général (M. de Lauzon) abandonna le pays, l’automne de 1656, pour retourner en France, soit qu’il fût rappelé, soit que le découragement l’eût décidé à s’éloigner des lieux où sa présence évoquait trop de souvenirs pénibles.
Le sieur de Chamy, son fils, âgé de vingt ans, prit la charge de gouverneur général en attendant qu’un successeur
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fût nommé. Cet enfant devint, encore plus que son père, le jouet des Cinq-Nations. Les délégués se présentèrent à lui, en 1657, et lui intimèrent l’ordre de leur livrer les derniers Hurons. Cela se passait à Québec, en présence de toites les autorités de la colonie — et personne n’osa répondre à d’aussi humiliantes propositions ! Comme pour mettre le comble à ce déplorable état de choses, on consentit à envoyer un certain nombre de Français former un établissement au milieu du pays des Iroquois. C’était non seulement subir l’insolence des ennemis, mais entrer dans leurs vues et leur obéir à la lettre. Les Jésuites y voyaient la cause de la religion à servir, et les amis du gouverneur s’imaginaient que la bonne entente allait désormais1 régner entre les Français et toutes les nations : double erreur dont il est étrange qu’on ne ee soit pas aperçu, car les Iroquois n’en étaient pas à leurs premières fourberies ! Le capitaine Dupuis, qui commandait la petite garnison de Québec, partit en 1656 avec cinquante-cinq hommes pour aller créer cette colonie à Onnontagué, côté est du lac Ontario.
Il ne restait plus d’espoir à la colonie en dehors de Montréal. Ce petit poste devenait le boulevard de tout le pays. La milice des Trois-Rivières était à peine suffisante pour garder les abords du village. Les habitants trop dispersés autour de Québec, ©oit à File d’Orléans, »oit à la côte de Beaupré, soit aux environs de Sillery, se trouvaient dans l’impossibilité de se défendre malgré leur nombre, tandis qu’à Montréal, outre l’avantage du groupement, on avait eu à la tête du poste, depuis plusieurs années , un homme d’énergie qui était en même temps un militaire redouté des Iroquois. Cependant, la situation menaçant de se compliquer
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davantage, M. de Maisonneuve était passé en France, l’automne de 1656, dans l’espoir d’obtenir des secours, et le sort de la ccdomie entière dépendait de nouveau du succès de ce personnage dévoué.
Notons en passant que sur les 'soixante et dix premiers hommes établis à Montréal il y en eut trente de tués par les Iroquois. Aux Trois-Rivières la proportion est à peu près semblable.
On était au fort des embarras causés par les insistances des Iroquois à amener le reste des Hurons dans leur pays, où était, depuis un an, un groupe d’une cinquantaine de Français. Les délégués prononçaient des discours en présence de M. Charles de Lauzon, gouverneur, dans lesquels ils protestaient de leur amitié inaltérable; et, comme ils n’obtenaient pas ce qu’ils demandaient, ils passaient aux menaces, puis aux supplications. Au milieu de ces pourparlers, chaque jour apportait la nouvelle de quelque meurtre commis sur des Sauvages des environs de Québec ou des colons isolés. Les orateurs iroquois excusaient leurs gens en les qualifiant de “folles jeunesses” et reprenaient leurs harangues insolentes. M. de Lauzon endurait tout. Enfin, la plupart des Hurons partirent (2) avec les délégués ; d’autres furent massacrés sous les yeux des missionnaires qui les conduisaient — présage de ce qui se préparait dans les cantons. Les Iroquois triomphaient en tous sens.
M. d’Argenson était vainement attendu. Au mois d’août, on apprit qu’il ne viendrait pas cette année. M. de Lauzon, impatient de quitter le fardeau des affaires publiques, confia la direction du pays à M. Louis d’Ailleboust, et s’embarqua pour la France le 18 septembre 1657.