SCÈNE XXIV
Frépéric.—C'en est fait, mon parti est pris. L'innocent a déjà trop souffert. Trop longtemps j'ai été l’aveugle instrument d’un homme sanguinaire. Trop longtemps je me suis laissé fasciner par des promesses qui flattaient mon ambition. Je sauverai donc l'opprimé et si j'ai été parfois coupable, puis-je au moins racheter mes fautes par mon repentir et par les services que je vais rendre à un peuple malheureux. Au milieu d’une prison noire, j'ai revu un saint prêtre, le père Werner. Je lui ai confessé mes crimes et ma lâcheté...... Je fuis le monde; il m'a trompé. Dans un saint lieu, au fond d’un monastère, au pied d’une croix, j'irai passer le reste de mes jours. …. Mais il me reste un dernier devoir à remplir. En attendant, je demeurerai ferme au poste. S'il faut livrer la citadelle et les secrets à Guillaume Tell, je le ferai. C'est la volonté de Dieu, c’est la voix de la conscience qui m’y obligent. Trois opprimés gémissent actuellement dans la Tour-du-Nord sans avoir commis le crime, sans avoir péché ni contre Dieu, ni contre les hommes. Je favoriserai leur évasion, Si la Suisse est délivrée elle chantera encore plus haut les louanges du Seigneur et Frédéric de Siergeberg aura contribué, quoique bien tard, à la gloire de son saint nom. Mais voici Gessler et W alfenschiess. Evitons ces hideuses figures (ÿ sort).
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