LIL TERRES
AL APE Lol A PRTUERES ; ;
Nour |
cueillir les fleurs les plus fraîches, les plus exquises de l'intelligence humaine ; Son souffle répand sur le monde une chaleur vivifiante qui fait germer les grandes pensées, les sentiments généreux.
La poésie a implanté la civilisation française dans les pays où les balles avaient déchiré le drapeau de la France et décimé.ses héroïques bataillons.
Sur ce continent d'Amérique, dont la race anglo- SaXonne a fait un immense comptoir et le théâtre de Son activité et de son ardeur pour le développement des intérêts matériels, nous ne pourrons attirer l’attention du monde qu’en remplissant, par l’expansion de nos nobles institutions, la mission civilisatrice que Dieu semble nous avoir destinée.
M. Rameau, cet écrivain distingué, qui a laissé de profonds souvenirs au Canada, affirme avec énergie que nous sommes appelés à exercer une action Salutaire sur la civilisation en Amérique par le culte de la poésie et des beaux-arts, et que nos aptitudes et notre tournure d'esprit nous rendent propres à cette mission.
Français par l’origine, nous le sommes aussi par le caractère et les aptitudes intellectuelles ; Sur ce terrain du moins, nous avons le droit de porter la tête haute et d'affirmer notre égalité, notre supériorité même, en face des autres races. Elles ne peuvent, elles-mêmes, s'empêcher de constater nos dispositions pour les opérations de l'esprit, et d’applaudir à nos succès littéraires et oratoires.
Du moment que les Canadiens-F rançais purent goûter à l'arbre de la science, dont pendant si long-
On retrouva dan vivacité de sentiment et l'élévation de pensée qui
talents qui, sous un ciel plus clément, se seraient élevés à une hauteur considérable.
Comment se fait-il donc que tous ces talents n'aient pas produit plus d'œuvres durables ?
La raison en est tou jours la même: Ja pauvreté |
Il n'y a point de carrière, point d’avenir pour l'homme de lettres au Canada ; le talent poétique y est presque déplacé ; les muses n'élisent pas domi-
50 + MÉLANGES HISTORIQUES Er LITTÉRAIRES
Il faudrait des Mécènes à ces talents que la pauvreté condamne à étouffer le germe poétique dont Dieu avait orné leur âme. Or, nous n’en avons pas. La fortune, le goût des lettres et la générosité qui font ces hommes précieux, manquent à notre société. Il faut, pour comprendre toute la portée de l'encouragement donné aux lettres dans un pays, un développement intellectuel que nous ne possédons pas encore,
Aussi, que de talents perdus ! Que d’existences flétries qui auraient fait la gloire du Canada fran- Sais et porté son nom et son influence chez les nations étrangères !
Combien qui ont brisé leurs ailes de désespoir et qui auraient pu dire, comme André Chénier, en se frappant le front : “I] Y à pourtant quelque chose, là !
Inutile d’insister davantage sur ce pénible sujet.
Notre pensée est claire : l’accomplissement de
* cette mission civilisatrice qui semble nous être dévolue dépend de notre prospérité matérielle : nous aurons des écrivains et des poètes qui donaeront toute la mesure de leur talent lorsqu'ils pourivnt vivre du produit de leurs œuvres.
AFFAIRE GUIBORD,.