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LA QUESTION DU JOUR

LETTRE AU DIRECTEUR DE LA Presse.

Veuillez donc me permettre de faire savoir aux journaux canadiens-français des Etats-Unis et du Canada qui me reprochent d’avoir dit, comme de. coutume, ce que je croyais utile à mes compatriotes, qu'ils perdent leur temps à me faire des remontrances et à me dire des choses désagréables. Tous les jours je me convaines, de plus en plus, que j'ai bien fait de mettre les gens raisonnables sur leurs gardes : que prendre fait et cause pour les Boers et soulever contre nous, par amour pour eux, l'hostilité, la rancune même des Anglais de l'Angleterre et du Canada, est une grave erreur nationale. .

Vu la situation que nous occupons dans la-Confédération, il est dangereux de provoquer la majorité, spécialement lorsque ni nos droits, ni nos intérêts nationaux et religieux ne sont menacés.

Nous avons, dans le gouvernement fédéral, trois ministres canadiens-français sur douze; nous sommes un contre quatre dans le parlement fédéral; la majorité dans l’un et dans l’autre a tous les droits,

Les gens raisonnables et réfléchis ne comprennentils pas ce que cela veut dire ?

© Faut-il, pour. signaler les résultats évidents de cette situation, dire des choses qu'il vaut mieux taire ?

Une intelligence ordinaire ne comprend-elle pas que notre devoir est d'éviter, autant que possible, ou de retarder les conflits qui nous écraseraient ?

… N'est-il pas évident qi

Ne devons-nous pas au jourd’hui, comme du temps des LaFontaine, des Morin et des Cartier, nous mé-

ment pour le plaisir d’humil Sglais; car personne ne

Et ceux qui nous critiquent le plus, qui nous injurient même, M. Fréchette et nos amis, s’exposent à des représailles rigoureuses, car ils ne sont Pas sans reproche.

Mais à quoi bon entrer sur le terrain des personnalités ? N'ayant d'autre motif que l'intérêt de nos compatriotes, nous nous contentons de leur dire, comme il y a dix, quinze, vingt et trente-cing ans : “Autant vous devez être inébranlables et prêts à tous les sacrifices, lorsqu'il s’agit de nous, des nôtres, de nos droits et de nos intérêts les plus sacrés ; autant vous devez être justes, loyaux, prudents et raisonnables, lorsque rien, rien de sérieux, ne vous

vrai et le faux patriotisme, entre l’amour de son pays et la haine aveugle de œux qui parlent une autre langue et professent une autre religion.

— À quoi ont servi, dit-on, notre modération et notre loyauté ; les désordres dont Montréal a été le théâtre ne prouvent-ils pas que les Anglais n’en tiennent pas compte ? :

Non, ces désordres, ces actes de violerice, démontrent que des hommes animés par l'esprit de parti, profitant des imprudences d’un certain nombre de nos compatriotes, ont réussi à faire croire, dans certaines régions, que les Canadiens-français ne sont pas des sujets loyaux. |

Mais la modération et la sagesse des hommes placés à la tête de l'Eglise et de l'Etat, ont mis de notre côté les Anglais raisonnables qui, tous, ont condamné les violences dont nous avions été victimes, donné raison à Laval contre McGill, et empêché probablement un conflit où les fusils auraient triomphé des

après avoir combattu la Confédération ignalé les résultats, cherchent à en tirer créer des alliés dans la éloigner les confits funestes, sont les is de leur nationalité : on le compren- .dra plus tard.

— Mais que faites-vous, me dit-on, de vos opinions sur les événements de 1837-38 ?

Mes opinions n’ont pas changé, mon admiration la même pour les hommes dévoués, héroïques, qui poussèrent le Courage jusqu'à la témérité. Avons-nous contre l'Angleterre les griefs sérieux qu'ils avaient et qui les ont lancés dans la voie de la violence ? D'ailleurs, s'ils vivaient, ces braves gens, ils seraient, j'en suis sûr, de notre avis, ils diraient que nous aurions tort de nous aliéner les s j anglaises pour le plaisir d'exprimer des sentiments qui ne peuvent faire aucun bien à ceux qui les manéfestent, Est-ce en donnant raison à nos ennemis de dire que nous quand même contre » Que nous pourrons nous créer dans la populatior: anglaise des amis, des alliés ?

MÉLANGES HISTORIQUES er LITTÉRAIRES 175 On entend ici et là des voix patriotiques qui di- ‘ sent : “ Mais où donc allons-nous ? Qu'allons-nous devenir ?”

Nous serons, peut-être, bientôt en face des pro-

sages, prudents, raisonnables, justes et loyaux envers l’Angleterre, plus nos hommes d'Etat pourront nous protéger et nous faire

€ nos motifs ; des jeunes gens, qui n'ont jamais fait le moindre sacrifice, parlent d'in-

| » pendant quinze ou vingt ans, de toutes les faveurs politiques.

En 1872, je sacrifiais la iti ÿ ‘

écrits, et je restais sans

ressource aucune,

En 1876, je sacrifiäis encore une fois mes intérêts Personnels et vouais à la mort mon journal Le Bien Public, pour rester

hé

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