QUELQUES SOUVENIRS
On a souvent fait l'éloge de la génération étudiante des Canadiens de 1862 à 1868. Ft j'estime, au risque de m'’attirer le reproche du poète latin : laudator ‘emporis acti, que c'était justice. Cette jeunesse en effet — celle de Montréal, par exemple — était vraiment pleine de promesses qu'elle a, en somme, tenues. C'était une forte.et féconde génération, dont l’Église et la patrie, les lettres et la politique devaient honorablement bénéficier ; toute une pléiade d'étoiles de première grandeur, dont quelques-unes jettent encore de l'éclat au ciel de notre pays.
Des générations qui nous avaient précédés, il restait des hommes puissants qui avaient joué un rôle important dans les événements de 1837 et 1838, dans les luttes glorieuses de 1840 et 1848, aux jours presque légendaires aujourd’hui de la conquête du gouvernement responsable.
C'était LaFontaine, l’homme d’Etat sage et honnête, chez qui le sens de l'honneur, du devoir et de la dignité personnelle était si marqué et si frappant. Il présidait souvent la cour d’Assises, et nous allions le voir, l'entendre, le contempler, l’admirer. Il était