‹ Mélanges historiques et littéraires [microforme]Chapitre 87 sur 94 · LA FONTAINE EN · texte numérisé non relu

LA FONTAINE EN

C'était en 1849. - Les émeutiers qui avaient incendié les édifices parlementaires, en voulaient beaucoup ‘au gonverneur Elgin d’avoir sanctionné le bill d'indemnité en faveur des patriotes de 1837, et à M. La Fontaine, premier ministre, de l'avoir fait adopter. Ils avaient hué, insulté le gouverneur et lui avaient même lancé des œufs pourris et des pierres. Un soir, ” ils s'étaient rendus en face de la résidence de M. La- Fontaine sur la rue Saint-Antoine, dans le but d'ex- : ercer leur vengeance, et on ne sait ce qui serait arrivé si leur chef, un jeune Mason, n'avait été tué au moment où il franchissait la grille du jardin, par une balle partie de la maison où plusieurs des amis de M. Lafontaine s'étaient réunis pour le protéger. Surpris, déconcertés, effrayés même, les émcutiers crurent prudent de s'éloigner, emportant le corps de leur ami. On crut dans le temps, et on a persisté longtemps à croire que le docteur Taché devenu plus tard Sir Etienne-Pascal Taché, avait lancé la | balle meurtrière.

Mais la preuve n’en fut pas faite à l'enquête qui eut lieu sur cet incident. | :

ur

Nr

… lieu des cris, des huées et se

: | d’aller à la Cour d'assises afin d'y

” Les émeutiers avaient juré mort de Mason, dans la appris que le gran

r son témoignage

qu'ils vengeraient la sang de La Fontaine. Ayant

e d'Etat avait été appelé à » à l'enquête tenue sur cette

ôtel Cyrus, place Jacques- Cartier, ils résolurent de mettre le feu à l’hôtel afin : lorsqu'il en sortirait.

J'étais, avec mon père, dans le magasin de M. hompson, rue Saint-Paul, lorsque soudain nous-Entendimes crier : ‘“ Au feu, au feu.” Nous sortimes du magasin Pour suivre la foule qui se dirigeait vers la place Jacques-Cartier. L'hôtel Cyrus était en flammes. L'incendie avait éclaté pendant que Fontaine donnait sa déposition. La troupe et la police avaient été appelées, et une grande excitation régnait dans la foule. Soudain, mon père me dit: “ Tiens, regarde ces deux hommes qui sortent bras dessus, bras dessous, de l'hôtel, l’un est La Fontaine, l’autre, son ami Coursol.”

Ts faisaient leur chemin à travers la foule, au midirigeaient rapidement vers le corps de garde qui était tout près, sur la rue ‘Notre-Dame, entre le palais de justice et l'hôtel de ville. | |

Pendant ma cléricature, il me plaisait beaucoup

grand LaFontaine et d’

nents qui plaidaient alors devant cette Cour, à sa- ‘ voir : les Johnson, les Lorarger, les Drummond, les

Papin, les Morin, les Kerr, les Carter et les Devlin,

Le juge Aylwin siégeait souvent avec LaFontaine ;

le contraste entre .ces deux hommes distingués était frappant. Le premier, tout feu et tout flamme, vif, impulsif, brillant, à la parole chaude, émouvante ; l’autre toujours froid, calme, imposant, immobile, parlant peu et lentement, avec poids et mesure, avec une éloquence simple et claire faite uniquement de raisonnement, dénudée de toute ornementation littéraire, s'adressant toujours à la raison des jurés, rarement à leurs sentiments.

Il arrivait au palais de justice portant, l'automne et l’hiver, un large manteau qui le faisait paraître encore plus massif qu’il ne l'était, marchant pesamment et saluant respectueuser.ent ceux qu'il rencontrait. res

Tout différents étaient l'extérieur et les manières de Louis-Joseph Papineau, qui venait souvent à la Cour voir son fils Amédée, alors protonotaire. Plus grand et plus élancé que La Fontaine, il marcliait

d'un pas léger quoiqu'il fût beaucoup plus âgé, et ’ répondait aux saluts des passants avec plus de grâce

et de cordialité, chapeau bas. Lorsqu'il entrait dans la salle du tribunal, tous les regards se dirigeaient . vers lui, le juge siégeant le saluait et suspendait un instant l'audition des témoins afin de lui permettre de parler à son fils.

Monsieur Amédée Papineau était un petit homme brun, très brun, aux cheveux longs et noirs comme du jais, de bonne mine et de figure assez agréable lorsqu'il se permettait d’être de bonne humeur et s'efforçait d’être aimable.

On ne pouvait pas dire, en le voyant à côté de son père : tel père, tel fils.

/ LE PRETRE, LE MEDECIN, LE NOTAIRE. ee Trois personnages donnent, à la population de la 4 Campagne principalement, une orientation religieuse, 1 morale et nationale : Je prêtre, le médecin et le no- | taire. Participant tous les trois aux actes les plus H importants et les plus intimes de la vie humaine, ils !

- jouissent d’un prestige, d’une autorité et d’une in- p| fluence considérables, Le drame et le roman rat . : d

illustré le rôle du curé et du médecin de campagne : à "n y trouve des peintures attendrissantes de leur j

action bienfaisante. Appelés à exercer leurs fonc- | tions, à toute heure du jour et de la nuit, leur mis- M sion est. souvent pénible et requiert un grand esprit |

de sacrifice, de charité.

Autrefois spécialement, lorsque, l’automne et l’hiver, il leur fallait aller la nuit, à quinze, vingt ou

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