L'EDUCATION DE NOS FILLES
.… Un jour, dans un pauvre petit village des Cantons de l'Est, un citoyen m'invite à aller chez lui k attendre le train qui était en retard. Il me précu sente sa fille aînée, une jolie fille, et lui demande de . “jouer sur le piano une rêverie de Chopin. Elle exécute cette savante composition musicale avec un talent remarquable. Il me fait voir des dessins qui dénotent chez cette jeune fille des aptitudes sérieuses pour les beaux-arts. Il me dit ensuite que je puis l'interroger sur la chimie, la physique, la géométrie, etc., et que ses réponses me ‘surprendront. Puis il ajoute : “ Et tout cela pour devenir [ee la femme d’un cultivateur, pour traire les vaches ! “a Je me demande si je n’aurais pas dû lui faire appren- Le dre des choses plus solides, plus pratiques.” :
. Les réflexions de ce bon père de famille ont sou-
vent occupé ma pensée, et je me suis demandé plus
d’une fois si l'éducation de nos filles, à la campagne
spécialement, était bien appropriée aux besoins, aux 7 exigences de la vie rurale, si elle n’avait pas pour effet de développer chez elles des idées, des espérances et des rêves funestes à leur bonheur.
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Le n'y à qu’une voix maintenant pour proclamer
FE qu'il faut, dans l'éducation de nos fils, donner une
à |: large place à l’enseignement technique, commercial,
… ‘industriel et scientifique, à l'étude des langues mo- “FA . Et il y a progrès sous ce rapport, grâce à la bonne volonté du Bouvernement et des directeurs A de nos collèges, de nos écoles.
N'est-il pas aussi opportun de modifier les méthodes d'enseignement, dans nos couvents, et de faire apprendre à nos filles une foule de choses utiles et pratiques, au lieu de Charger leur cerveau de connaissances plus ou moins inutiles. A une époque où les jeunes filles trouvent si facilement des emplois
f lucratifs dans nos bureaux d'affaires et nos maisons ” de commerce, il devient de plus en plus nécessaire :
de leur procurer les Connaissances qui leur permet-
tent de remplir ces emplois. La sténographie, la - dactylographie, l'étude de la grammaire française
A. et anglaise, de la Comptabilité, de la couture, de-
* vraient constituer une des parties les plus importan- |. tes de l’enseignement dans nos couvents. A la campagne surtout, on devrait donner plus d'importance - à l’utile qu’au brillant, à tout ce qui peut rendre les filles capables d’être de bonnes ménagères, de
, faire une foule de travaux et d'ouvrages nécessaires plus. \ - à la famille.
\L Dans un jeune pays comme le nôtre, il est dange-
- reux d'élever nos jeunes filles comme si elles étaient destinées à épouser des comtes, des marquis et des Millionnaires : on les expose à de cruels désenchantements. D'un autre côté, on dira avec -raison
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duirait les meilleurs résultats.
826 MÉLANGRS HISTORIQUES ET LIPTÉRAIRES =
qu’elles apportent à nos foyers des notions de bons tenue, de convenance, de vonne éducation, des goû et des sentiments raffinés qui élèvent le niveau int lectuel de notre population. Certes, l'œuvre de. m couvents est belle et bonne ; on ne pourra jama trop louer le zèle et le dévouement des femmes di tinguées qui la poursuivent, et il faut prendre garc
. d'en amoindrir les excellents effets par des réforn
intempestives. Mais ces généreuses institutrices :
‘ feraient un devoir et un plaisir, j'en suis sûr, d'ado:
ter toute mesure qui aurait pour effet de rendre le: enseignement plus pratique et plus utile. D'’ailleur dans plusieurs couvents, on commence à ten
compte des besoins du temps.
11 semble que le Conseil de l'instruction publi devrait prendre cette question en sérieuse considéri tion et suggérer des réformes dont l'exécution pri
sans sortir des limites que la nature et la Providene ont imposées À son activité, à sa compétence. Mais lorsqu'elle veut se lancer dans l'arène politique, ré clamer le droit de voter et d'exercer des profession où sa modestie, sa pudeur et sa dignité seraient sañ cesse outragées, elle s'expose à toutes les avanies, : toutes les humliations ; elle s'amoindrit, se décou ronne. C'est un astre sorti de son orbite, un plante, une fleur arrachée à son milieu naturel c'est un être déclassé.
11 en résulte les conséquences les plus regrettable: 11 serait trop long de les énumérer toutes ; il suff d'en indiquer quelques-unes :
Voyez donç la femme traversant une foul souvent excitée et tumultueuse pour aller dor ner son vote dans une salle enfumée, s’exposant des questions, à des remarques plus ou moins ble: santes. Maintenant, si elle est mariée, ou bien ell subira l'influence de son mari et votera comme lu ou bien elle votera différemment, et alors, quel suji de discussions acrimonieuses, de disputes au sein d la famille ! Croit-on qu’il est sage de multiplier k causes de discorde entre mari et femme ? Et pui si la femme a ledroit de voter, elle a celui de mont sur les hustings et d'exprimer ses opinions. Alôr voyez-la donc aux prises avec un tribun politique, la langue bien pendue et peu délicate, exposée au quolibets, aux lazzis de la foule. Quelle dégrad: tion !
Voyez maintenant la femme-avocat au palais, dar les causes de séduction, de séparation de corps et «
leur posant des questions d'une nature bien délicate, t, peut-être, contre son mari, s’il est lui-même
D. avocst, Mais, mariée ou non, il est une foule de
Causes où elle ne pourrait figurer sans manquer de modestie, de pudeur, sans choquer l'opinion publi. que. Et puis, le palais, la tribune, le parlement où = . s’agitent tant de Passions, tant d'intérêts et d'ambi- =. ‘tions, est-ce Je milieu, l'atmosphère qui convient à +. une femme ?
Et puisque devient la famille, le foyer pendant ce temps-là ? Les admirateurs de la femme ont bien tort de la pousser dans des voies où ses occupations
«1 viéndraient en Coriflit avec ses devoirs d'épouse et de
; < mère, développeraient chez elle des idées et des sen- : timents contraires à sa mission, lui enlèveraient le
prestige, l'influence et le respect dont elle jouit, en
faisant ressortir les faiblesses de son organisation physique. Supérieure à l'homme par les délicatesses du cœur et de l'esprit, elle lui est inférieure dans
* . toutes les choses qui réclament la vigueur du corps =... et de l'intelligence,
Si la femme est légale de l’homme, pourquoi ne
| 1: l'envoie-t-on pas sur les Champs de bataille ? Pour- 2} 7 quoi n'organise-t-on pas des armées, des régiments
de femmes pour combattre les Allemands? Inutile
> : de donner la réponse à cette question,
Puisse la femme canadienne-française écha
: = aux mauvaises influences qui l’empêcheraient d’être
ce que Dieu veut qu’elle soit dans l'intérêt de la fa-
Ces
noble, sa remplir les d
sublime, aussi
pénibles de sa tâche
del cité ion sur la terre ! Aidons-la
souvent * Ja vie de famille aussi douce,
12" sible ; la femme sage n’en demande pas
CRM EM ELLT ET EE
Ed dd dd de 2e de de 2 0 à dd de de je,
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| : Lorsque les premiers colons de Ville-Marie débar-
à l'endroit de là rive du Saint-Laurent -
dite “Place Royale,” leur première pensée fut d'y “élever un autel et d'y célébrer une messe. Au cours <ette messe, le Père Vimont adressa à ces héroï- k
$ colons les paroles mémorables que l’on aime
as doute que le Ciel ait se Sert de tels instruments Pour son œu
ee.
+ nn de de trois millions d'hommes fidèles à f ë 1 à la langue de leurs pères. te er : dir, de se-développer, de se multiplier, d’éte - toute part ses branches et ses rameaux. Ci meaux, on les voit fleurir partout, dans toutes ] : parties du Canada et des Etats-Unis. N'est-ce-p qu’ils font honneur au tronc proces à la ee k. les a produits et fécondés ?
À} est beau l’arbre- national avec ses rue ses rameaux couverts d’un feuillage si riche et: : touffu, et, si on n’a pu le déraciner lorsqu'il était: : faible roseau, comment pourrait-on le détruire mai . tenant qu'il est devenu un chéne dont les racin : plongent si profondément dans le sol ?
: Mais, pour accomplir ses destinées, it faut. qu . Conserve ses branches, qu’il continue de leur: fourn la sève dont elles ont besoin pour se couvrir de feu ‘les et de fruits. Cette sève, c’est la foi religieu €t nationale, c'est la langue, le patriotisme de” : France. | Le fait est que le véritable tronc de l'arbre: nai n'est pas la province de Québec, c'est la Fran - ‘elle-même, cette France si admirable, cette Fran shéroïque dont le.monde entier admire, en, ce: mi ment, le courage invincible, La province de Lave n'est qu'urs racine de ce: tronc ou:
'meau de l'arbre lui même, transplanté sur le ‘du Saint-Laurent. C’est de la France, du cœi là France que re ces. artères qui p de. idea dans toutes s.les ‘parties du.
EE
écond qu’elle ds tinent, qui crée et vivifie français et catholiques et les fait 4 si utiles aux milieux où ils vivent.
Cela explique l'union intime de la France et de s les parties qui la composent, et pourquoi les. ments de son-cœur font battre nos cœurs, pour- . | projections lumineuses de son cerveau éclai. * nos esprits, Pourquoi ses joies sont nos joies, nos triomphes, ses malheurs nos mal- 3 Pourquoi nous devons, non seulement synE | r avec elle, mäis lui donner, dans ses épreuves, 4 ‘possible, lui prouver notre affection 10on ent par des paroles mais surtout par des actes. b jor ; pas que le prestige de la France est notre pale vz nationale. Une France vaincue ‘amoindrit une E;ance victorieuse nous renous fait respecter. .er la France, vouloir sa déchéance serait
mer See £ouvernent, mais i ‘rance reste, Les ces est immortelle
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