‹ Mélanges historiquesChapitre 46 sur 87 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

M An AMR LA DUCHESSE DE BEBBY ABBIVE A FONTAI- NEBLEAU. céLÉBBlTION DU MABIAGB A PABIS.

La princesse arriva le jour où Ms' le duc de Berrj l'attendait , comme on le voit dans sa dernière lettre. Sa marche à travers la France avoit été une longue fête. Au terme de sa course. elle trouva deux tente» dressées danç la forêt de Fontainebleau ^ à la croix de Saint- Herem. £lle y fut reçue par le roi ^ Madabie ^ MONsiEUB, Me' le duc d'Angoulême et Ms^ le duo de Berry. Tout s^y passa avec les mêmes cérémonies et les mêmes étiquettes qu'au raa-^ riage de Louis xv. Dans cette famille de France rien ne change , quand même le royaume est changé : c'est ainsi qu'elle ramène à la longue, par son immobilité, les institutioqs à un point fixe , et donne au gouvernement une forme impérissable.

Les premières pompes du mariage de Ms' et

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de M"^^' la duchesse de Berry furent charmantes sous lesarhres. Ondiroit que les descendants des rois chevelus ont conservé une prédilection secrète pour les forêts : ils ont aimé à placer leurs palais dans la solitude , à promener les enchantements de leur cour sous de grands chênes. Que de souvenirs ce Fontainehleau, habité par vingt-neuf rois depuis Robert, n'offroit-il pas à la jeune princesse ! Saint Louis, l'auguste chef de sa race, y avoit fait bâtir un hôpital pour les pauvres , parmi lesquels il cherchoit, comme il le disoit, Jésus- Christ, Aux travaux du Saint , d'autres siècles ajoutèrent les ouvrages de Gharles-le- Victorieux et de François, le restaurateur des lettres. Henri iv datoit ses lettres de ses dé^ licieux déserts de Fontainebleau. Louis xiii les embellit encore. Vint l'infortuné Louis xvi, qui jeta des pins sur les rochers , comme un voile de deuil ; et trente ans après , on vit un pape prisonnier dans les bosquets où Louis xiv avoit aimé La Vallière. £t toutes ces choses , qui sont de l'histoire pour le monde , ne sont pour cette Maison de France que des traditions de famille.

Le mariage fut enfin cëlëbrë à Notre-Dame.

Chacun y en voyant cette cérémonie , se souvenoît d'une autre pompe; chacun considëroît combien peu de temps il faut pour changer les ris en larmes , pour mettre le maître du monde à la place de l'exilé , et l'exile sur le trône du maître du monde. Ce qui paroissoit devoir être plus durable que les empires^ c'ëtoit la félicite de M^Jf le duc et de M™« la duchesse deBerry. Jamais il n'y eut mariage mieux assorti , mari plus affectueux^ femme plus dévouée et plus tendre. La France étant en paix avec l'Europe^ M^r le duc de Berry put jouir enfin d'un repos qu'il avoit bien acheté y et qui depuis long-temps étoit l'objet de ses vœux.

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