LE ROI EST MORT
nous devons y comme nation /une existence dont la doi^ n'a point d'exemple dans les annales du monde* Nos pères ëtoient si convaincus de l'excellence de cette loi^ que y dans la crainte de la violer^ ils ne reconnurent point immédiatement Philippe-de-Valois pour successeur de Gharles4e-BeL A la mort de celui-ci y la monarchie demeura sans monarque» Là reine étoit grçsse; elle pouvoit porter ou ne pas porter le roi daps son sein : en attendant^^ on resta soumis à la l^itimité ior connue > et le principe gouverna daans l'absence, de l'homme.
Certes j il peut s'appeler immortel un £tat qui a vu le sang d'une même race passer de Bober^le-Fort à Charles x* « Quel royaume', » dît un vieil écrivain ( qui sous Henri m ». défendoit les droits de Henri iv contre le^ » prétentions des Guise) ^ quel royaume ^ )> monarchie et république, est aujourd'hui » ou a été au monde > mieux orné, affermi M et fortifié de plus belles polices , lois et or^ » domiances que la françoise ? Oîi est-ce que
* De la Notteaae» Ancienneté, etc., de la troUième Maison de France^ P«n«, 1687.
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» les autres ont une loi Salîcpie pour la succes- » sion da royaume? Quels rois ailleurs se » voient et se sont vus mieux aimés , obe'is et D révères? Néanmoins ils ont laissé régler et » limiter leur puissance par les lois et ordon* » nances qu'eux-mêmes ont faites ; ils se sont » soumis sous la même raison que leur peuple, }) et opt , d'ancienne institution , réduit leurs n voulants sous la civilité de la loi. Pour rai- )) son de quoi tout le peuplé, avec une douce . » crainte, a été contraint de les aimer,
» Qui ont donc été les rois au monde )} qui se soient plus acquis de gloire par lia m justice que les nôtres ? Us n'ont pas moins )) acquis à leur royaume Phonneur et la pré- )> éminence des bonnes lettres et des sciences » libérales que des armes* Grand nombre 1) d'hommes signalés en savoir et en intel*- » ligence sont sortis de cette école des lettres, » et la France a provigné quant et quant n d'excellents capitaines ( outre ceux du sang » royal ) par la discipline que nos rois y » avoient établie , lesquels rois ont peuplé » roêmement les nations étrangères d'hom- » mes héroïques.
3oa LE ROI EST MORT :
» Reste maintenant à exposer les autres N grâces ^ bénédictions et bonnes rencontres » d'heur particulières dont il a plu à la divine » Providence orner la famille de Hugues » Gapet par dessus tous les autres : l'une est » de l'ayoir> fait être la plus noble et la plus w ancienne de toutes les races royales qui sont » aujourd'hui au monde; car à compter depuis » le temps que Robert-le-Saxon, que nous » prenons pour le chef d'ioelle , se voit connu » par les histoires , elle a subsisté prà de » huit cents ans , étant parvenue en la per- M sonne de notre ti-ès-chrétien roi Henri m » jusqu'à la vingt-troisième génération de père » en fils y si nous ne comptons point plus » avant que ledit Robert '•
» A ses premiers bonheurs s'en vient jdndre » un non moins remarquable que les pré-
* On sait qu'il j a plusieurs systèmes de généalogie des Capétiens, an delà de Rohert-le-Fort. Les tins la foat remonler à Witikind4e-Saxon; les antres aux Carloringiens, et par eux aux Mérovingiens; les autres aux rois lomltards : peu importe. Robert étoit un prince puissant et un raillant soldat, qui fut tué en défendant la France contre Tinvasion des étrangers, il j a de cela quelque mille ans : tenons-noas-«n U.
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j> cëdents y qui est d'avoir produit plus de » maisons et familles royales , et donné » plus grand- nombre de rois, empereurs, » princes, ducs et comtes à diyers royaumes » et contrées.
)> Toutes ces bonnes et belles remarques » que nous ayons proposées jusqu'ici de nos » rois , semblent bien leur ayoir appartenu » en général ^ mais outre icelles chacun d'eux » ( du moins la glus grande partie) s'est en- » core si bien fait remarquer en son particu- » lier de certaines grâces et dons d'esprit , » qu'elles leur ont acquis ces honorables sur- )) noms 9 qui rendent encore aujourd'hui leur » mémoire illustre. »
Il augmentera la liste de ces illustres monarques y Louis-le-Désiré , de paternelle et pacifique mémoire, que la reconnoissance , les pleurs , les regrets de la France et de l'Europe accompagnent au tombeau. On peut dire de l'arbre de la lignée royale, né du sol de la France , ce que le poète dit du chêne :
. . . .Iminota manet ; multoeque nepotes , Multa Tirum volvei» dnrando sascula, \inoit.
3o4 LE AOI EST UOat^
Gomme ce vieil écrivain' dont la fidélitë pressentoit Henri iv, Tanteur da présent écrit eut le bonheur en iBi4^ au second avéne* ment des Bourbons^ d'annoncer Louis xviu.
Alors la France étoit envahie ; nous étions accablés de malheurs , enrironnés de craintes et de périls. Rien n'étoit décidé ; on se bat^ toit sur divers points du royadme ; on n^odoit à Paris : Buonaparte habitoit encore 1^ château de Fontainebleau quand il lut This^ toire de ce roi légitime ' , qui n'avoit point d'armée dans la coalition des rois^ mais qui étoit pour lui j^us redoutable que ces monarques. Ge fut en effet la force de la l^;i*timité qui précipita l'usurpation.
Le premier service que l'héritier des fleursde-lis rendit à sa patrie fut de la dégager de l'invasion européenne. La capitale de la France n'avoit jamais été conquise sous la race légitime : Buonaparte avoit amené les étrangers dans Paris avec son épée; Louis xvni les en écarta avec son sceptre.
Un peuple encore tout ému^ tout enivré de la gloire des armes, vit avec surprise un vieux
De Buona^rU et des Bourbons,
. vrv£ LE aoi! 3o5
François exilé. Tenir ce placer naturellement à sa tête comme un pm qui^ après une longue absence j rentre danc sa famille ^ ne supposant pas qu'on puisse contester , son autorité.
Louis XYiu n'étoit point étonné des grandeurs nouvelles j des miracles récents de la France; il apportoit en compensation mille ans de nos antiques grandeurs ^ de nos anciens prodiges; il ne craignoit point de compter avec le siècle et la nation y assez riche qu'il étoit pour payer son trône* On lui rendoit^ il est \rai , le Louvre eoibelli; mais c'étoit sa mabon. Jean Goujon et Perrault l^voîent ornée par ordre de Henri n et de Louis xiv \ Philippe-Auguste en avoit posé la première pierre et acheté le terrain; Louis xvm pouToit représenter le contrat d'acquisition \
» Philippns» Deigraiid, Francorum rex, etc., noveHtts , quod nos pro excambio terne, quant monachi SancH DUmyêii de Càroêre ( Saint4)eiub-de*la43itrtre oa de U PriMm} dans 11ii»tori«ii de Sainl-Denû, jCarcere GlaucUd, anjonrd'hni Glatignj) luibebant, ubi turris nostra de Louvre sita est, etsdem monacfus, triginta toUdot* annai Tedditiu, atc. Acium ParisUs, tomo àb incamaiioae Vomini la i4, mense Àugusti.
Cette rente le pajoit encore par le reoevenr dndomaiiiç
3o6 LE BOI EST MORT :
Ce prince comprenoît son siècle , et étoît l'homme de son temps : ayec des connoissanoes Tariéesy une instruction rare^ surtout en histoire^ un esprit applicable aux petites comme aux grandes affaires , une élocution facile et pleine de dignité, il convenoit au moment où il parut , et aux cboses qu'il a faites, S^il est extraordinaire que Buonaparte ait pu façonner à son joug les hommes de la répubh'que, il n'est pas moins étonnant que Louis xyiii ait soumis à ses lois les hommes de l'empire; que la gloire, que les intérêts, que les passions, que les vanités même se soient tus simultanément devant lui. On éprouvoit en sa présence un mélange de confiance et de respect : la bienveillance de son cœur se manifestoit dans sa parole , la grandeur de sa race dans son regard. Indulgent et généreux^ il rassuroit ceux qui pouvoient avoir des torts à se reprocher; toujours calme et raisonnable, on pouvoit tout lui dire : il savoit tout entendre* Pour les délits politiques, le pardon chez
aa commencement de la révélation : qoel beau titre de propriété! Ce titre étoit conservé au prieuré de Saint-Deiii»4e-la-Chartre.
VIVE LE AOl ! 367
les François lui sémbloit moins sûr qae l'on-, bii; sorte de pardon dépouillé d'orgueil ^ qui guérit les plaies sans faire d'autres blessures»* Les deux traits dominants de son caractère étoient la modération et la noblesse : par l'une, il conçut qu'il falloît de nouvelles institutions à la France nouvelle^ par l'autre , il resta roi dans le malheur, témoin sa belle réponse aux propositions deBuonaparte.
La partie active du règne de Louis xviii a été courte , mais elle occupera une grande place dans l'histoire. On peut juger ce règne par une seule observation : il ne se perd point dans l'éclat que Napoléon a laissé sur ses traces. On demande ce que c'est que Ghar-^ les n après Gromwell , Charles ii > dont la restauration ne fut que celle des abus qui avoienfe perdu sa famille : on ne demandcaia jamais ce que c'est que le sage qui a délivré la France des armées étrangères , après l'ambitieux qui les avoit attirées dans le cœur du rojainne ; on ne demandera jamais ce que c'est que l'auteur de la Charte y le fondateur de la monarchie représentative ; ce que c'est que le souverain qui a
élevé la liberté sur les débris de la iévoli)tiou ^
3o8 ' LE Bm ESC ifmvr :
apm le sokbt qui ayoît bftti le despotisme sur les mêmes raines ; on ne demandera jamais ce que c'est que le Roi qui a payé les dettes de l'Etat et fondé le système de crédit après les banqueroutes républicaines et impériales; on ne demandera jamais ce que c'est que le Monarque qui, trouTant une armée détruite, a recréé une armée ^ le Monarque qui, après des guerres glorieuses , mais longues et funestes, a mis fin en quelques mois, par un Taillant prince, à la prodigieuse expédition d'Espagilb, tuant deux révolutions d'un seul coup, rétablissant deux rois sur leur trône, replaçant la France à son rang militaire en Europe, et couronnant -son ouvrage en nous assurant l'indépendance au dehors, après nous avoir donné la liberté au dedans.
Son règne s'agrandira encore en s'éloignant de nous : la postérité le regardera comme une nouvelle ère de la monarchie, comme l'épor que où s'est résolu le problème de la* révolution, où s'est opérée la fusion des principes, des hommes et des siècles, où tout ce qu'il y avoit de possible dans le passé s'est mêlé à tout ce qu'il y avoit de possible dans le présent. De. la
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coimdëration des difficultés innombrables que Louis xviu a dû rencontrer à l'exécution de ses desseins naîtra pour lui dans l'avenir une admiration réfléchie* Et quand on observera . que ce Monarque 9 qui a tant souffert, n'a exercé ni réaction , ni vengeance ; que ce Monarque > dépouillé de tout, a aboli la confis-, cation ^ qu'étant maître de ne rien accorder eq rentrant en France , il nous a rendu des liber^ Us pour des malheurs, nul doute que sa mémoire ne croisse en estime et en vénération ehez les peuple^.
Nous venons de le perdre, ce-roi patient e^ juste* Pendant un hiver du Nord, obligé de fuir d'exil en exil avec le fils et la fille de nos rois, ses pieds avoîent été atteints par le froid rigoureux du climat : ses infirmités étoi(înjt encore en partie notre ouvrage, et au milieu de ses longues douleurs il ne s'est jamais souvenu de ceux <[ui les avoient causées* On l'a vu au moment d'expirer opposer à des maux qui auroient abattu toute autre âme que la sienne un calme qui sembloit imposer à la mort. Depuis long-temps il est donné au peu-^ pie le~ plus brave d'avoir à sa tête les princes
3lO LE SOI EST MORT :
qui meurent le mîtox : par les exemples de l'histoire y on seroit autorisé à dire proverbialement : Mourir comme un Bourbon , pour exprimer tout ce qu'un homme peut mettre de magnanimité dans sa demik« heure.
Louis xTra n'a point démenti cette intrépidité de famille. Après, avoir reçu le saint Viatique au milieu de sa cour^ le fils aîné de l'Église a béni d'une main défaillante , avec .un front serein ^ ce frère encore appelé à un lit funèbre \ ce neveu qu'il nommoit \^fiU de son choix; cette nièce deux fois orpheline ^ et cette veuve deux fois mère*
Cependant le peuple donnoit des signes non équivoques de sa douleur. Essentiellement monarchique et chrétien quand il est abandonne à lui-même y il environnoît le palais et remplissoit les ^lises; il recoeilloit les moindres nouvelles avec avidité ^ lisoit, commentoit les bulletins en y cherchant quelques lueurs d'espérance. Rien n'étoit touchant comme cette foule sifencieuse qui parloit bas autour du château des Tuileries dans la crainte de troubler l'auguste malade : le roi mourant étoit pour ainsi dire veillé et gardé par son peuple.
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Souvent oubliée dans la prospérité, mais toujours invoquée dans l'infortune , -la reKgî<»i augmentoit le respect et l'attendrissement générsil par sa sollicitude et par ses prières ; elle faisoit entendre devant l'image du Dieu vivant ce cantique d'Ézéchiasquele génie françois a dérobé à l'inspiration des divines Ecritures \ ce Domine, salpumfacRegem que notre amour piour nos rois a rendu si populaire. Des larmes coulèrent de tous les yeux lorsqu'on vit passer les différents corps de la magistrature se rendant à pied à Notre-Dame, afin d'implorer le Ciel pour celui de qui toute justice émane en France^, On remarquoit surtout à la tête de la première Cour du royaume le vieillard illustre qui f après avoir défendu la vie de Louis xvi au tribunal des hommes, alloit demander celle de Louis xvm à un juge qui n'a jamais condamné l'innocence.
Ce souverain juge , en appelant au lieu de son repos notre roi souffrant , fatigué et rassasié de jours, se préparoit à prononcer sur
Le roi admiroit particolièrement ce cantine , el m'a wMiTent redit par cœur l'ode inUime de Soaaseaa.
3ia UE .ROI E9I MORT :
lui une sentence de délivrance et non de condamnatioii.
Un ëyanouiasement survenu le i4 fit croùn^ que le roi avoit passe* Quand il reprit ses esprits f il parut sensible aux prières des ago* nisants ^e l'on réâtoit au fieà de sa coudie* On lui amena les d^ux enfants de l'infortuné dnc de Beny : il ne pouvoit plus les voir^ il ne pouvoit plus même étendre sur eux sa main paternelle ; mais on reçonnoisaoit a» mouv^nent de ses lèvres que le vieux Monarque mettoit sous la protection du Gîel. un berceau qu'il ne pouvoit plus protéger.
Enfin il a quitté la vie ^ au milieu de sa famille en larmes 9 le jeudi ^6 septembre, à quatre beurçs du matin, et il avoit annoncé qu'il mourroit ce jour-là : il avoit mesuré-le degré de ses forces avec ce peu d'estime pour la vie , cette liberté de conscience et ce sangfroid imperturbable qui ne permettent pas de se tromper. Bientôt il va descendre dans ces souterrains dont sa piété a commencé à repeapler les solitudes. Quand il arriva en France , il' trouva le tombeau des rois désert et leur trône vide : restaurateur de toutes les l^timi-
TIVÉ LE ROI ! %i%
tes, il a renda, dans un partage fraternel y le premier à Louis xti , et il laissé le s^ond h CSiarlesx.
François ! celui qili vous annonça Louis^le^ Dësirë , qui tous fit entendre sa voix dans de^ jours d^<»^e , tous parle aujourd'hui de Ghar-^ les X dans des circonstances bien diffëKikes : il n'est plus oblige de tous dî^e quel est le roi qui TOUS aitiTe, quels sont ses malheurs , ses vertus, ses droits au trfine et à Totre amour;' il n'est plus obligé de vous raconter jusqu'à l'âge de ce roi , de tous peindre sa personne j de TOUS apprendre combien il existe encore de membres de à& faufile* Si k conscription ne dëTore plus tos enfanta ; si l'on ne piéut ni vous dépouiller , ni tous emprisonner arbi-* trairement ; si tous êtes appelés à consentir l'impôt que tous donnez à l'État ; si tous êtes/ par la Charte, un des peuples le plus libre de là terre , vous savez à qui vous devez tous ces biens : rendez-en grâces à Louis xviii et- à Charles x.
Vous l'avez vu depuis dix ans ce sujet fid^e, ce frère respectueux , ce père tendre ^ si affligé dans un de ses fils, si consolé par l'autre! Vous
3l4 i^ ROI tsm HOBT :
le connoissez ce Bourbon qui vint le premier après nos. malheurs > digne héraut de la vieille France, se jeter entre tous et l'Europe , ' une branche de lis à la main ! Vos yeux s'arrêtent avec aiQour et complaisance sur ce prince qui , dans la maturité de l'âge , a conservé le charme et la noble élégance de sa jeunesse y et qui ^ maintenant orné du diadème, n'est encore qu'z^n François de plus au mUieU' de vous ! Yous répéterez avec émotion tant de mots heureux échappés à ce nouveau Monarque , qui puise dans la loyauté de son cœur la grâce de bien dire 1
Quel est celui d'entre nous qui ne lui confiaroit sa vie , sa fortune , son honneur ? Cet homme, que nous voudrions tous avoir pour ami y nous l'avons aujourd'hui pour roi. Ah .* tâchons de lui faire oublier les sacrifices de sa vie ! Que la couronne pèse légèrement sur la tète blanchie de ce chevalier chrétien ! Pieux comme saint Louis , affable , compatissant et justicier comme Louis xii, courtois comme François i*^, franc comme Henri iv , qu'il* soit heureux de tout le bonheur qui lui a manqué pendant si longues années ! Que le trône.
YivE LE roi! 3i5
où tant de Monarques ont rencontré des tempêtes , soît pour lui un lieu de repos ! Nous sentons combien^ dans ce moment^ il lui est pénible de monter les degrés de ce trône pour y occuper la place d'un frère ; mais qu'il permette à de fidèles sujets, qui respectent sa royale douleur, de chercher pourtant auprès de lui leur consolation et leurs plus chères espérances !
Saluons encore le Dauphin et la Dauphine; noms qui lient le passé à Fa^^enir, en rappelant des souvenirs nobles et touchants , en désignant le propre fils et le successeur du Monarque ; noms sous lesquels nous retrou* ▼ons le libérateur de l'Espagne et la fille de Louis XTI ! L'Enfant de ^Europe, le nouveau Henri , a fait aussi un pas vers le trône de son aïeul , et sa jeune mère le guide vers ce trône oii elle auroit pu monter !
Nous y sujets dévoués , pressons-nous aux pieds de notre bien-aimé Souverain ; reconnoissons en lui le modèle de l'honneur, le principe vivant de nos lois, l'âme de notre société monarchique ; bénissons une hérédité tutélaire, et que la légitimité enfante sans
douleurs son nouveau roi !
3l6 LE BOI EST MORT :
Que nos soldats élèvent snr leurs drapeaax le père da doc d'Ângoulême! que l'Europe attentive, que les factions , s'il en existe encore , voient dansFaocord de tons lesFrancoisj dans l'union du peuple et de l'annëe^ le gage de notre force et de la paix du monde !
Dans Fhistoire des rois de France , de leurs couromiei et de leur maison ^ les iStes de Reims se trouvent placées auprès des pompes de Saint- Denis. Ainsi, aux obsèques de Charles^le- Yîctorieux', tandis que deux serviteurs fidèles mouroient subitement de douleur au moment où ]egrand*maître de l'hôtel brisa son bâton, d'autres serviteurs , non moins attacha à la monarchie , piréparoient déjà dans le trésor du même Saint-Denis les éperons d'or, les gantelets, la cotte-d'armes, l'armet tymbré, la tunique fleurdelisée, qui dévoient servir au
* Quelques personnes ont cm que je prenois ici Ghai^ les TU pour Charles tiix: elles sont dans l'errenr. Dans les Tienz anteors, Qutrles Tm est appelé le Victorieux et Charles vu le Conquérant, Ensuite ces sumonu « presque les mêmes, ont été onUiés ou confondus. Charles mi est encore surnommé l'Arable et le Courtois, ranrois peut-être mieux fait d'employer ce surnom pour éviter toute équivoque.
VIVE LE ROI ! 3l^
couronnement de Louis , père du peuple :
gOL^es enseignements pour nos Monarques , qui prennent sur un cercueil les attributs de la puissance*
Supplions humblement Charla x d'imiter ses aïeux : tr^ite-deux Souverains de la troi* s^me race ont reçu l'onction royale , c'est-Àdire tous les souverains de cette race , hormis Jean i®', qui mourut quatre jours après sa naissance, Louis xvii et Louis xyiii qui furent visités de la royauté , l'un dans la tour du Teihple. Vautre dans la terre étrangère. Tous ces Monarques ont été sacrés à Reims^ Henri iv seul le fut k Chartres, où l'on trouve encore dans les comptes delà viUe une dépense de 9 francs pour une pièce mise au pourpoint du roi :
c'étoit peut-être à l'endroit du coup d^épée que le Béamoîs reçut à la journée d'Aumale •
Je laÛM ce pira^aphe tel qa*il est ; mais je dois dire que IxMiit-le-GnM fat sacré à Orléans. Henri rr et Lonis-le- Groe ne ftvent point sacrés à Reims , le premier parce ^e Reims éieit entre les mains de la ligne , et le secetld parce ^e denz archeTèques de Reims étoîent en cont^statioti iMvr le siège de cette métropole. U fitnt remarqner de plus qae Loois-le-Gros avoit été associé an trdne par son père Philippe i*' , lequel avoit été sacré à Reims ; de sorte qae
3l8 LE ROI EST MOET :
L'nsege étolt que le roi allât à Reims à cheval^ à la tète de sa maison et de ses gardes. L'archevêque de Reims , premier pair ecelésîastique du royaume ^ faisoit les frais du sacre. * U reprësentoît par tradition, un des quatre témoins du coté maternel, sur leis douze témoins que le titre 58 de la loi Salique exigeoît cbez les Francs dans toutes les actions civiles et criminelles.
• Les paroles d'Aldabéron, archevêque de Reims , au sujet de la consécration de Hugues Capety sont encore vraies aujourd'hui : « Le » couronnement d'un roi des François , dit-il , » est un intérêt public et non une affaire parti ticuliîère : puhlica swrU hœc negoûa, non , » prififoia ^. » Que Charles x daigne peser ces moto qui s'appliquoient à l'auteur de sa
Xooû-le-GxtM fut, poor ainsi dire, coaronné deux fois. lies sj^dics du diocèse de 'Reims Tiareiit protester à Orlétns contre son sacre, prétendant qae, depuis Qotîs , l'archeTéqpie de Reims étoit seul en possession du droit de couronner nos rois. Il est donc constaiit ^e tons les rois de la race capétienne ont été sacrés à Reims, sanf le trèspetit nombre de ceux qui n*ont pu l'être, à canae d'emp^ cbemens majeurs.
* Flodoard.
VIVE LE ROI ! 3ig
race ; qu'ea pleurant un frère il se soutienne ^'il est roi* Les Chambres ou les Députés des Chambres qu'il peut appeler à Reims à sa suite, les magistrats qui grossiront son cortège, les soldats qui environneront sa personne, sentiront se fortifier en eux , par une imposante solennité, la foi religieuse et monarchique.
Charles vu fit des chevaliers à son sacre; le premier roi chrétien des François reçut , au sien, le baptême avec quatre mille de ses compagnons d'armes : Charles x créera de même à son couronnement plus d'un chevalier pour la défense de la cause légitime, et plus d'un François y recevra un nouveau baptême de fidélité.
C'est donc à Rrims que le prince , objet de tant d'amour , comblera les vœux de ses peuples ; que le prélat , en lui présentant la couronne de Charlemagne , l'épée de l'État , le sceptre , l'anneau et la main de justice, adresse au Gel l'admirable prière réservée pour cette cérémonie: «Dieu, qui par tes vertus con- » seilles tes peuples, donne à celui-ci, ton » serviteur, l'esprit de ta sapience! Qu'en
» ses jours naisse à tous équité et justice : aux