‹ Mélanges historiquesChapitre 9 sur 87 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

ÉMIGRATION DE MONSEIGNEUR LE DUC D*ANGOU- LÈME ET DE MONSEIGNEUR LE DUC DE BEBRV.

Le temps du malheur approchoit ; Mb** le duc d'Ângoulême et Mc^ le duc de Berrj ne dévoient pas jouir même du repos de l'enfance.

Leur éducation commençoit à peine y que déjà la monarchie fînissoit. On leur enseignoit à être rois , et l'adversité alloit leur apprendre à devenir hommes.

Les têtes des premières victimes avoien tété promenées dans Paris j la Bastille étoit tombée. La famille royale , menacée y fut obligée de se retirer: le roi même lui en donna l'ordre.

Ms' le comte d'Artois partit pour les Pays- Bas ' , et laissa à M» le duc de Sérent le soin de lui amener ses deux fils.

Le péril étoit grand ; il falloit traverser le

^6 juillet 178g.

mùsotÈxè sm le bvc de aèmlt. 17

lojattnie/sâtls escorte, au miKea des ituarlectîoiis. Chargé de la fortune et de l'espoir lie la France 9 M. le duc de Sërent cacba son projet aux jeunes princes» Il leur dît qu'il alloit les mener yoîr en garnison un régiment d'hussards qu'ils avoient aperçu sur le chemin, et dont ils ne cessoient de lui parler. Les enfants montent aTec}6fe, ^a nuit,, dans une chaise de poste qu'on avoit préparée secrète* n»enl :ils crojoient aller à une fête, et ils quittoient leur patrie. M. le duc de Sérent ne dut son salut et celui de ses élèves qu'à- la rapidité de sa course. A peine avoit-il quitté réronne qu'une sédition éclata dans cette me. Lorsqu'il fut prêt à passer la frontière , rapprit aux princes, toujours enchantés du ^ojage, le hut réel de ce voyage, et la pro- «riplion dont ils étoient l'objet : ils jetèrent «ors autour d'eux un regard attendri et ^onné. Mf le duc de Berry dit vivement à *^ïï gouverneur : a Nous reviendrons. » Mal- ''^ureax prince , vous êtes revenu !

. ^ Pays-Bas , M. le duc de Sérent condui- ^^ ses élèves à Turin , où ils furent reçus par

l6 VÉlfOIRES «UE LE DUC DE BEBAt.;

leur otocle le roi de Sardaigne, qui , avec son auguste famille^ ne cessa de mo]itl*er le plus généreux attachement à la Maison de Franjce.

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