PRÉLIMINAIRES
Le sort des armes a fait passer la Nouvelle-France sous la domination anglaise en 1760.
À cette époque la nationalité canadienne française comptait environ 70,000 âmes. Ruinée par la guerre, abandonnée par les citoyens les plus marquants, sa foi était la seule richesse qui lui restait.
Humainement parlant, elle semblait donc condamnée à disparaître.
Mais la Providence lui avait laissé un ange gardien dans le personnel de son clergé. Ce fut lui qui la sauva du naufrage. -
Il rallia ce petit peuple lui prêcha, — non pas la révolte, — mais la soumission à ses nouveaux maîtres, et lui fit comprendre que son salut reposait dans la conservation de sa langue et de sa religion.
Ce programme n’a rien perdu de son actualité et de sa nécessité. Aujoxrd’hui, comme alors, le salut de la nationalité canadienne en dépend absolument.
Voici comment un témoin compétent et impartial, M. Rameau, apprécie ce fait historique, si glorieux
pour le clergé, et que des ingrats voudraient transformer en légende.
inébranlable à son poste, à la tête de ses ouailles ; il demeura, en ce pays, le seul débris de l'aristocratie sociale, pour consoler, soutenir et diriger le bon vouloir et le courage inexpérimenté de ce peuple abandonné. Il ne fut pas au dessous de cette tâche ; ni la crainte des violences, ni l’obsession des intrigues, ni la séduction des Promesses, ne purent jamais le faire dévier ; la diplomatis 2stucieuse… .-du gouvernement anglais succomba devaat cette honnêteté simple, mais ferme; d’une conscience droite et convaincue. ”