‹ Mélanges inédits de Montesquieu (volume 2)Chapitre 107 sur 118 · I. (Entre les lignes :]... pourra · texte numérisé non relu

I. (Entre les lignes :]... pourra

La Constitution ayant été reçue en France, il étoit naturel de croire que la paix auroit dû suivre de là, et que les armes, de cdté et d'autre, dévoient tomber des- mains. Mais la malheureuse destinée de ce royaume a voulu que les deux partis allassent 5 examiner comment cette constitution avoit été reçue, et de quelle manière elle devoit être qualifiée dans rÉglise et dans l'État: méthode qui ne pouvoit que rendre les disputes éternelles, parce qu'une qualification une fois accordée, on pouvoit toujours 10 disputer sur une autre; et cela, à l'infini.

L'auteur de ce mémoire avoue qu'il n'a point suivi avec attention toutes les choses qui se sont faites, de part et d'autre, sur cette matière; parce que tant d'intérêts personnels y ont été mêlés, ces 15 disputes ont été la source de tant de fortunes, tant de gens se sont accrédités par là, qui, sans ces disputes, n'auroient été rien dans l'État, ni dans l'Église, tant de gens même ont mêlé, à de très bonnes intentions, leurs préventions particulières, ao enfin, il s'est fait tant de choses, et on a si peu avancé, qu'il semble que la sagesse a été d'ignorer même ce qui se passoit sous les yeux, et de laisser les têtes s'échauffer, sans prendre de part à leur chaleur. as

Tout ce qu'on peut dire, c'est que le Roi a de sages ministres dans son Conseil d'État, et sans doute bien intentionnés, et que c'est ce conseil qui doit être uniquement son Conseil de Conscience, et que les ecclésiastiques, quelque respectables qu'ils 30 soient par leur état et leur caractère, n'y doivent

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