‹ Mélanges inédits de Montesquieu (volume 2)Chapitre 73 sur 118 · Platon, Républiqt4e, livre Ie · texte numérisé non relu

Platon, Républiqt4e, livre Ie

3. Lire dans Boerhaave, De VigUia (Institutiones tnedicœ), et, de plus, dans sa Pathologie; c'est le même tome.

courent impétueusement dans le cerveau, comme dans le transport, et y font des traces profondes.

Personne ne sauroit soupçonner les anciens Pères du Désert d'avoir été des imbéciles. La grande répu- 5 tation qu'ils eurent de leur temps, les hommages que les gens du monde rendirent à leurs lumières, en venant les consulter de toutes parts, marquent qu'indépendamment de leur sainteté ils n'étoient pas des gens méprisables. Cependant ces pères, par leurs

lo jeûnes et par leurs veilles poussées trop loin, se gâtèrent la tête à faire pitié, et les combats sans relâche qu'ils s'imaginèrent avoir contre les Démons furent une de ces foiblesses qui semblèrent attachées à leur genre de vie.

15 Le long usage du chant, surtout les hurlements, abrutissent encore. Nous voyons, dans Tite Live', que cette secte de débauchés qui célébroient les Bacchanales et s'assembloient dans les lieux secrets, où, dans les mystères de la superstition la plus impie,

20 ils corrompoient ou égorgeoient des jeunes gens,

au bruit des voix et des instruments de musique,

s'étoient entièrement abrutis par leurs veilles et

leurs hurlements continuels.

Nous savons que les Mahométans, qui, pour se

25 procurer des extases, se mettent dans des tombeau:^ où ils veillent et ne cessent de hurler, en sortent toujours avec l'esprit plus foible. Mahmout 2, un des conquérants de la Perse, qui, dans quelque disgrâce,

Page 1