‹ Mélanges inédits de MontesquieuChapitre 12 sur 150 · HISTOIRE DES MANUSCRITS XVII · texte numérisé non relu

HISTOIRE DES MANUSCRITS XVII

ne peut s'adresser ailleurs. Il est malheureux que mon dernier séjour à Paris ait justement eu lieu pendant la maladie de M. de Secondât, qui expira le lendemain de mon arrivée à Bordeaux. Lorsque je pris congé de lui, il me tira ù l'écart et me dit qu'il auroit, à mon retour, bien des choses et des papiers à me confier. Je lui répondis que je le devinois, et qu'en effet il étoit important que certain dépôt de succession fût précieusement conservé et ne passât pas à des mains barbares. En un mot, je regrette infiniment que ces manuscrits soient actuellement aussi aventurés : car ils sont en grand nombre, et il y en a de précieux. Je crois être, dans ce moment, le seul homme qui les connoisse, et en détail : car le petit-fils de Montesquieu, actuellement absent, ne les a jamais lus. Voici ce que ma mémoire me fournit bien distinctement :

» i*^ Relation des voyages en Italie, Hongrie, Allemagne, etc., en deux volumes in-folio. L'auteur y a particulièrement considéré les gouvernemens, quelques singularités de la législation; et on y trouve quelquefois des anecdotes intéressantes qui ont trait au voyageur.

> 2° Deux gros volumes in-4'' intitulés : Mes Pensées. Ils sont entièrement de la main de Montesquieu. Ces pensées roulent sur tous les sujets. Tantôt, c'est une idée ou singulière ou profonde, dont il a même quelquefois fait usage dans V Esprit dès Lois. Tantôt, c'est une anecdote qu'il vouloit ne pas oublier. Tantôt, un bruit plaisant ou satyrique contre des courtisans, des femmes célèbres, des auteurs qu'il

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