Elle s'étoit déjà rendue voisine des Chinois. uM
& le Japon : elle s'est rendue Frontière de ces Empires; au lieu qu'elle avoit le bonheur d'en être séparée par d'immenses déserts : aussi est-il arrivé depuis ces nouvelles conquêtes que les revenus ordinaires ' de l'Etat n ont plus été capables de le soutenir.
Pour qu'un Etat 2 soit dans sa force, il faut que sa grandeur soit telle qu'il y ait un rapport de la vitesse avec laquelle on peut exécuter contre lui quelqu'entreprise & la promptitude qu'il peut employer pour la rendre vaine. Comme celui qui attaque peut d'abord paroître partout;, il faut que celui qui deffend puisse se montrer partout aussi, 8c par conséquent que l'étendue de l'Etat soit médiocre, afin qu'elle soit proportionnée au degré de vitesse que la nature a donné aux hommes pour se transporter dun lieu à un autre.
La France & l'Espagne sont précisément de la grandeur requise, les forces se communiquent si bien qu'elles se portent d'abord là où l'on veut, les Armées s'y joignent & passent rapidement d'une Frontière à l'autre, & on n'y craint aucune
r. Entr'aiitres taxes, on vient présentement d'en établir une d'un huitième sur tous les fonds de l'Empire. (M.) 2. V. Esprit des Lois, 1. IX, ch. vi.
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des choses qui ont besoin de plus de quelques jours pour être exécutées.
En France, par un bonheur admirable, la Capitale se trouve plus près des différentes Frontières, justement à proportion de leur foiblesse, & le Prince y voit mieux chaque partie de son païs à iiiesure qu'elle est plus exposée.
Mais, lorsqu'un vaste Etat, tel que la Perse, est attaqué, il faut plusieurs mois pour que les troupes dispersées puissent s'assembler, & on ne force pas leur marche pendant tant de temps, comme on fait pendant huit jours. Si T Armée qui est sur la Frontière est battue, elle est sûrement dispersée, parce que ses retraites ne sont pas prochaines; l'Armée victorieuse qui ne trouve point de résistance s avance à grandes journées, paroît devant la Capitale & en forme le siège, lorsqu'à peine les Gouverneurs des Provinces peuvent être avertis d'envoyer du secours. Ceux qui jugent la ré^'olution prochaine la hâtent en n obéissant pas, car des gens iîdeles uniquement parce que la punition est proche, ne le sont plus dès qu'elle est éloignée; ils travaillent à leurs intérêts particuliers, l'Empire se dissout, la Capitale est prise &. le Conquérant dispute les Provinces avec les Gouverneurs i .