‹ Mélanges inédits de MontesquieuChapitre 30 sur 150 · XL INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XL INTRODUCTION

La perte d'une partie des trésors qu'il conservait causa de tels regrets au baron de Montesquieu qu'il n'osa plus exposer, entre des mains étrangères, les précieux manuscrits de La Brède. Il ne renouvela pas la tentative de publication qu'il avait voulu faire avec J. Laîné et Aimé Martin. Il se contenta d'enrichir la bibliothèque du Président et de rechercher les documents qui intéressaient celui-ci, laissant à ses fils le soin de faire paraître les œuvres inédites de leur illustre aïeul.

Avant de s'occuper de cette publication, MM. de Montesquieu s'efforcèrent de réparer les pertes que de fâcheuses circonstances avaient occasionnées. Ils augmentèrent peu à peu la collection des papiers du Président, en y joignant toutes les lettres ou pièces diverses qu'ils purent acquérir.

C'est ainsi que le petit volume des Réflexions sur la Monarchie universelle en Europe, acheté après la mort d'Aimé Martin, par Téchener, et resté dans la bibliothèque de ce libraire de 1847 ^ 1886, a été acquis par M. le baron de Montesquieu. Le manuscrit sur les Richesses cf Espagne, qui dut aller à Paris avec les Réflexions, n'a pas été retrouvé; heureusement la substance en est en partie reproduite dans les écrits connus de l'auteur. Enfin, les héritiers de J. Laîné, sur la demande de M. de Montesquieu, lui ont remis un volume de Pensées et quelques dossiers des matériaux de VEsprit des Lois, volume et dossiers qu'ils ont pu découvrir avant de quitter Saucats, parmi les papiers de l'ancien ministre.

Le 1 8 janvier 1 889, les descendants de Montesquieu

HISTOIRE DES MANUSCRITS XLl

célébraient, au château de La Brède, le deuxième centenaire de la naissance de leur <]jrand ancêtre. Le projet de publication de ses manuscrits fut, ce jour-là, discuté et adopté en principe. Il ne restait qu'à régler la manière dont se ferait cette publication.

MM. de Montesquieu ont résolu de l'entreprendre avec le concours de la Société des Bibliophiles de Guyenne, dont ils sont membres.

Deux opuscules, intitulés, l'un : Réflexions sur la Monarchie universelle en Europe, et l'autre : De la Considération et de la Réptitation, ont été publiés en 1891. Une partie de ces deux écrits ayant été imprimée déjà, on a dû les isoler du reste de la publication, composée d'oeuvres entièrement inédites.

Dans le présent volume, M. le baron de Montesquieu met en lumière douze ouvrages de son aïeul.

Viendra, ensuite, l'important récit des voyages du Président, en Hongrie, en Italie, en Allemagne et en Hollande, édité par les soins de M. Albert de Montesquieu.

MM. Gaston, Gérard et Godefroy feront paraître, plus tard, les trois recueils de Pensées (où se trouvent, entre autres, deux cents pages consacrées à l'histoire de France) et la Correspondance de Montesquieu (comprenant un grand nombre de ses lettres et une quantité plus grande de lettres à lui adressées).

La publication de ces œuvres inconnues de l'auteur de V Esprit des Lois, quoiqu'il n'ait pas mis la dernière main à toutes, ne laissera pas d'être utile aux hommes qui sauront les lire et les comprendre.

XLH INTRODUCTION

N'est- elle pas bonne à rappeler en tout temps cette pensée prise au hasard dans l'une d'elles : « Je le redirai toujours, c'est la modération qui gouverne les hommes, et non pas les excès?»

Montesquieu avait voulu conserver ses manuscrits pour le bien du genre humain. Inédits, ils ne pouvaient remplir le but qu'il se proposait. Ils seront, à l'avenir, profitables à tous, grâce à la publication que ses descendants ont bien voulu confier à la Société des Bibliophiles de Guyenne.

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