DE LA " VÉRITÉ " XVII
que j'ai toujours été vraiment libre — et j'espère bien l'être toujours — à l'égard des hommes, et cela me suffit.
Jamais je n'ai accepté une aide quelconque de ceux qui sollicitaient des services en retour. Les personnes qui, en diverses occasions, ont soutenu mon œuvre, parfaitement désintéressées elles-mêmes,ne m'ont jamais demandé qu'une chose : la défense, libre de toute entrave, des intérêts généraux du pays.
J'ai poussé cet amour de la saine indépendance jusqu'au point de cesser, aussitôt que j'ai pu le faire, de publier la moindre annonce, la moindre réclame commerciale.
Dès le début, j'eus le chagrin — chagrin plus grand que je ne puis dire — de constater que la Vérité déplaisait beaucoup à Mgr Taschereau, archevêque de Québec.
Le premier froissement eu lieu à propqs du travail du dimanche sur le chemin de fer de la Rive nord— alors propriété du gouvernement provincial, aujourd'hui tronçon du Pacifique canadien,
A la demande même de Sa Grandeur, j'avais entrepris contre ce scandale une campagne que je menai rondement pendant quelques semaines. Tout à coup, je reçus de son secrétaire l'ordre de discontinuer. J'obéis ; mais je voulus savoir de Monseigneur lui-même si j'avais mal conduit la lutte. Sa Grandeur m'accorda une longue audience. Je n'appris pas ce que je désirais savoir. Je constatai seulement que M" Taschereau était absolument opposé à la té, même au journalisme catholique — tel qu'on l'entend généralement.
Pour Sa Grandeur, dont j'ai saisi parfaitement les paroles, paroles bien claires, du reste, et sur le sens desquelles il m'a semblé impossible de me méprendre, les
journalistes laïques n'ont pas à s'occuper de la défense b