ON ARTICLE DE M. BUIES
17 mai 1884.
~L' Etendard, du Pr mai, et le Courrier du Canada, du 5 mai, ont tous deux fait magistralement justice d'un article impie publié dans la Patrie du 29 avril. Cet écrit de l'organe maçonnique, signé : A. Buies, a trait au pouvoir temporel des papes et à l'enseignement universitaire.
M. Buies se moque d'abord des protestations du Saint- Père contre l'usurpation de ses Etats. Autrefois, dit-il, cette question piquait l'intérêt, mais, " on s'est petit à petit habitué à voir un pape sans Etats et sans armée, et aujourd'hui, il n'y a pas une question qui soit moins capable de soulever les passions ou l'attention des gens que celle du pouvoir temporel de la papauté." Puis l'écrivain radical de la Patrie ajoute :
" Depuis plusieurs années déjà, au moindre incident qui survient, sous le premier prétexte venu, les castors
d'Europe, dont l'unique mission, comme celle des castors du Canada, semble être de jeter le trouble dans les consciences, de semer dans les esprits l'inimitié, la discorde et le fanatisme, au profit de la domination qu'ils veulent exercer avant tout, les castors d'Europe, dis-je, profitent de ce que les tribunaux romains viennent d'ordonner la confiscation des propriétés immobilières de la Propagande et leur conversion en rentes sur l'Etat, pour agiter de nouveau le spectre, joliment ttésossé aujourd'hui, des persécutions dont l'Eglise est victime, de l'emprisonnement du pape (on ne va pas cette fois jusqu'à le jeter dans un cachot humide et putride, sur de la paille pourrie et les fers aux pieds) et de son futur départ inévitable, oh ! absolument inévitable de la terre maudite, où l'on décrète des expropriations pour cause d'utilité publique."
On ne saurait se moquer plus cyniquement des douloureuses épreuves de l'Eglise, des solennelles revendications des droits de la papauté que font entendre le Saint-Père lui-même, et les évêques, les prêtres et les fidèles du monde entier ; on ne saurait applaudir avec plus d'audace aux sacrilèges spoliations dont le gouvernement subalpin se rend coupable.
Et ce journal, qui prétend faire la loi aux catholiques du Canada au nom de l'autorité religieuse, circule librement parmi nos braves populations canadiennes, portant au loin le poison mortel de l'impiété !
Et le Sorelois ne voit pas la nécessité au Canada d'une presse catholique pour lutter contre la marée montante de l'incrédulité !
Et l'on soutient encore que le mal révolutionnaire n'a pas pris racine dans notre sol ! Quelle aveuglement ! Quelle folie !
Dans ce même numéro de la Patrie, M. Buies fait connaître sa manière de voir sur la question universitaire. " Voilà la question de l'Université Laval revenue sur le
ou recueil d'études 315
tapis, dit-il. En profitera-t-on enfin pour fonder une université laïque, sérieuse, vraiment scientifique et absolument indépendante de toute ingérence, de tout contrôle, de toute direction autre que celle des fonctionnaires périodiquement nommés à cette fin et responsables de leur ion ? "
Monsieur Buies demande ensuite qu'on réunisse " des capitaux pour fonder un commencement d'une université
libre d'où sortiront des hommes qui ne tiendront pas
de Borne le droit d'être utiles à leur pays."
Allons ! messieurs les optimistes, il n'y a pas de libéralisme au Canada ! oh non !