XXXVI HISTOIRE SOMMAIRE
qu'il ne condamnait pas le mouvement politique dit national ; et qu'il en reconnaissait même pleinement le caractère légitime. Seulement, il désirait se tenir à l'écart. Cela, à la rigueur, nous suffisait.
Les journaux ministériels continuant à nous dire que nous étions condamnés comme révolutionnaires par tous les évêques, l même par Mgr Laflèchc, je demandai à Sa Grandeur l'autorisation de publier, dans la Vérité, un résumé de l'entrevue du 12 novembre. Cette autorisation me fut accordée, et l'on peut trouver ce résumé dans la Vérité du 18 décembre 1886, page deux. Et j'affirme que ce résumé a été écrit par Mgr Laflèche lui-même, de la première à la dernière ligne. Je n'ai fait que l'intercaler dans ma " déclaration solennelle." Or, voici ce qu'on y lit en toutes lettres : " Que, sans se prononcer sur l'opportunité du mouvement politique dit national, Sa Grandeur reconnaît qu'il est légitime et nullement révolutionnaire «n lui-même, attendu qu'il est l'exercice d'un droit que
^combattre prudemment mais courageusement la mauvaise presse. C:est un point qui a été négligé jusqu'à ce jour. Outre qu'il y a ici un bien considérable à faire par la diffusion des bons princij>es et des vérités de l'ordre social et religieux, nous sommes, nous, particulièrement intéressés. Quels sont, en effet, nos soutiens dans les œuvres de zèle et de charité que nous entreprenons ? Quels sont nos défenseurs contre ces âmes malveillantes qui prennent plaisir quelquefois à traîner les noms des prêtres dans les feuilles publiques pour les discréditer? Quels sont ceux qui prennent notre cause en main dans ces circonstances difficiles, où la dignité de notre caractère sacerdotal ne nous permet pas d'intervenir ? Ce sont ces hommes honnêtes et instruits qui président à la bonne presse ; ce sont ces vaillants combattants qui tiennent ferme le glaive de la parole jjartout où ils voient la vérité et la justice attaquées.
" Accordez donc un patronage efficace aux journaux reconnus pour être de bons principes, et singulièrement dévoués aux vrais intérêts de la Religion et de la Patrie."
1 — Cette affirmation était manifestement fausse: Mgr Taschereau, au moins, j'aime à le proclamer, n'a jamais condamné, je le sais, le mouvement national comme révolutionnaire.