XL HISTOIRE SOMMAIRE
certains de mes lecteurs ; car le directeur de la Vérité a la réputation bien établie chez plusieurs d'être un homme tellement sûr, pour ne pas dire tellement infatué de luimême*, qu'il ne consulte jamais personne, qu'il ne tient aucun compte de l'opinion des autres, qu'il fait tout à sa tête, en un mot. C'est ce que les bons Pères Dominicains trouvaient naguère le moyen d'insinuer clairement dans leur bulletiu pieux, le Rosaire, publié à Saint-Hyacinthe. Au cours d'un accusé de réceptioD, d'ailleurs sympathique, consacré à ma conférence sur la Langue française au Canada, le directeur du Rosaire — le R. P. Gonthier, dit-on — s'exprimait comme suit, dans la livraison de juillet 1901, page 223 :
" Nous accusons réception, avec remercîments, de la remarquable conférence de M. J.-P. Tardivel, sur la langue française au Canada. Le sujet n'a peut-être jamais été traité avec une telle compétence. A la différence d'un trop grand nombre des nôtres, le rédacteur de la Vérité est un travailleur, et, cette fois, son parti pris de ne pas accepter des opinions toutes faites Va bien servi."
Les mots du Rév. Père, que je me permets de souligner, traduisent parfaitement l'opinion courante sur le compte du directeur de la Vérité : c'est convenu, il y a chez lui un parti pris de ne point tenir compte de ce que pensent les autres.
Plusieurs lisent la Vérité, non qu'ils l'approuvent en aucune façon, mais parce qu'ils sont certains, disent-ils, de n'y trouver que l'opinion de son directeur ! Or, j'ose dire qu'il n'y a pas un journaliste en ce pays qui consulte plus souvent et plus systématiquement que moi. Ce n'est pas par modestie, précisément, comme le disait l'auteur de la lettre au cardinal Mazzella, car je ne prétends pas posséder cette vertu à un haut degré. C'est plutôt parce que j'ai