LA MINERVE ET LA FRANC-MAÇONNERIE
7 juin 1884.
Voilà la Minerve prise encore une fois en flagrant délit de falsification de textes. C'est une habitude chez elle, on le sait.
La Minerve ayant entrepris de masquer le jeu de la franc-maçonnerie, s'est mise à la besogne maçonniqaement : elle emploie le mensonge, sans sourciller, quand les besoins de la cause l'exigent.
Ces jours derniers la Minerve contenait l'entrefilet suivant :
" La Revue catholique des Institutions et du Droit s'ap-
ou recueil d'études 207
puie sur le livre du fameux Jean d'Erbrée pour dénoncerle Canada catholique comme inondé de francs-maçons. Ceci deviendrait très amusant si ce n'était odieux. Il est vrai que la Revue s'étonne que M. d'Erbrée se borne à lancer des assertions, sans apporter de preuves à l'appui. Elle attribue cette réserve aux meilleurs motifs, naturellement, mais l'absence absolue de preuves, jointe à la présence du masque (car personne ici ne connaît ce dénonciateur et détracteur anonyme) devrait lui donner à penser un peu avant d'endosser la calomnie"
Il y a deux gros mensonges dans cet entrefilet. D'abord, la Revue ne dénonce pas le Canada catholique comme inondé de francs-maçons. Comme le Journal de Rome, elle nous signale charitablement le mal qui nous mine déjà et qui menace sérieusement l'avenir de notre pays.
La Revue des Institutions et du Droit est une des plus savantes revues de France ; elle est dirigée par les jurisconsultes catholiques les plus éminents. Il surfit de nommer M. Lucien Brun, M. Gustave Théry, M. Claudio J ai met. Xous devons donc remercier les rédacteurs de cette publication du soin qu'ils mettent à étudier notre pays. Ils nous parlent le langage, non de l'inepte flatterie, mais du bon sens et de la vérité. Xulle part, dans l'article dont il s'agit, le Canada catholique n'est dénoncé comme inondé de francs-maçons. Mais on nous dit que le péril maçonnique nous menace, que la franc-maçonnerie est déjà " un facteur dans la situation du Canada qu'on tu- saurait n.'-gliger."
C^uel est l'homme tant soit peu sérieux qui ne reconnusse la stricte vérité, ou plutôt la vérité adoucie de ces paroles.
La Minerve se plaît à dénoncer les journaux catholiques d'Europe qui ont la très grande charité de nous prêter main forte dans notre lutte contre la franc-maçonnerie ;
elle fournit par là une nouvelle preuve que la secte exerce déjà une influence néfaste dans notre province. Voici le deuxième mensonge de la Minerve :
" La Revue s'étonne de ce que M. d'Erbrée se borne à lancer des assertions, sans apporter de preuves à l'appui."
C'est absolument le contraire qui est la vérité. La Revue dit, en parlant du livre de Jean d'Erbrée, que c'est une " étude écrite froidement, pleine de faits