Les derniers Carolingiens , p
3. Cet acte a été publié par Sébastian Rouillard dans son Histoire de Melun (Paris, 1628, in-4°), p. 234-236; son édition est reproduite dans les Historiens de France, X, 559. Voici la date : Actum Compendia palatio, anno Dominicae Incar nationis 991. Data XVII kal. octobris, anno V impe rii Hugonis regis, et Rotberti, filii ejus, consortis in regno, anno IV.
DU ROI ROBERT II ET LE SIEGE DE MELUN
L’erreur de Yllistoria Franc. Senon. est donc évidente, et si le siège de Melun a eu lieu codera anno, il est de 991, et non de 999. Il serait presque inutile de poursuivre la discussion. Examinons néanmoins trois arguments nouveaux émis par M. Pfister 1 2 3 en faveur de l’année 999. 1° « Les Annales S. Gcrmani 2 portent à la date de 999 : Traditio castri Miliduni. » — Mais ces Annales ne sont pas contemporaines des événements; elles ont été composées après 1061, et leur chronologie est peu sûre. C’est ainsi qu’elles mettent en 958, la mort de Hugues le Grand (au lieu de 956), en 981, celle de Lothaire (au lieu de 986), en 997, celle d’Hugues Capet (au lieu de 996), etc. Elles ne doivent donc nous inspirer qu’une confiance médiocre; et d’ailleurs cette date de 999 me semble tout simplement copiée sur Vllistoria Franc. Senon. En effet, cette dernière chronique fut transportée de Sens à Saint-Germain-des-Prés, peu après l’année 1015, qpoque où les abbayes de Saint- Pierre-le-Vif de Sens et de Saint-Germain-des-Prés furent réunies sous la direction de l’abbé Ingon qui les gouverna dix ans :i. Les Annales Sancti Gcrmani sont donc à écarter ; 2° « Renaud, évêque de Paris [fils du comte Bouchard de Melun], livra deux villages de la mense épiscopale à Geoffroi, comte de Châteaulandon, pour le décider à prendre les armes en faveur de son père (Guérard, Cartulaire de Notre-Dame de Paris, I, 326); or Renaud ne fut promu à l’évêché qu’en 992. » En quoi cette charte prouve-t-elle que le siège de Melun eut lieu en 999 ? Elle prouverait seulement qu’il eut lieu en 992 ou peu après ; mais en réalité cet acte doit servir à dater, non le siège de Melun, mais la bataille d’Orsay entre Bouchard et Eudes, qui eut lieu alio quoque tempore 4; 3° « Après la victoire de Bouchard, le chevalier