PAR M. LE PROF. W. WATTENBACH
Le moyen âge, particulièrement du xr au xiiC siècle, nous a légué un nombre considérable de poésies dont une partie relativement restreinte peut seule être attribuée avec certitude à des auteurs déterminés. Cette masse de vers doit son origine à la tendance de l’enseignement scolastique, dont une des parties essentielles consistait à s’exercer dans la composition des vers latins. On proposait des sujets déterminés et les pièces le mieux réussies trouvaient place dans des recueils, où vraisemblablement maîtres et élèves se voyaient réunis. De là, par exemple, ces si nombreuses épitaphes, dont il y a souvent une suite relative à la même personne et qui, en réalité, n’ont jamais servi d’inscriptions tumulaires. D’autres morceaux étaient composés par les clercs errants (clerici vagcmtes) pour gagner la faveur de leur auditoire et recevoir quelque présent. C’est ainsi qu’on lit à la fin d’un poème en l’honneur du comte Thierry de Flandre :
Dignus, ut est aequum, detmihi finis equum.
L’on faisait aussi des recueils des poésies de ces chantres errants, tel celui du fameux Codex Benedictoburanus. Si, comme il arrive souvent, des pièces isolées portent des noms d’auteurs, l’on s’est vu tenté de leur en attribuer davantage encore. On sait le mérite que s’est acquis M. Hauréau par l’examen des poésies attribuées à Hildebert de Lavardin et
W. WATTENBACH.