PAR M. EUGÈNE MÜNTZ
Les vicissitudes de la Bibliothèque et des Archives vaticanes à l’époque de la Révolution et du premier Empire ont, dans ces dernières années, fait l’objet de recherches multiples aussi bien en France qu’à l’étranger U Laissant de côté les Archives, dont la confiscation ne fut décidée qu’en 1810, je m’efforcerai d’apporter quelques contributions à l’histoire de la Bibliothèque du Vatican.
La spoliation de la Vaticane comprend deux épisodes
1. Gachard, Les Archives du Vatican, p. 16 et suiv. (Bruxelles, 1874). — « Memorie storiche dell’ occupazione e restituzione degli Archivi délia S. Sede e del riacquesto de’ Codici e Museo numismatico del Vaticano, e de’ Manoscritti e parte del Museo di Storia naturale di Bologna », (imprimé dans le Regestum Çlementis papae V,t. 1. p. ccxxvm-cccxxv). Ce mémoire, rédigé à Paris, en 1816, par Marino Marini, se rapporte plus spécialement à l’enlèvement et à la restitution des Archives. Les éditeurs déclarent formellement (p. cccxxv) qu’ils ont renoncé à publier le catalogue des tableaux, camées et manuscrits restitués au Vatican. Quant aux Memorie istoriche degli Arëhivi délia Santa Sede, de Gaetano Marini, quoique publiés en 1825, ils s’arrêtent au milieu du xvme siècle. — Dans le Journal des Savants de 1892 (p. 429-441 et 489-501), M. Léopold Delisle a résumé le Mémoire de Marino Marini en y ajoutant de nombreux et curieux documents. M. l’abbé Batiffol a publié de son côté quelques documents intéressants sur l’histoire de la Vaticane en 1798- 1799 dans le Bidletin de la Société des Antiquaires de France de 1889 (p. 106-113).
distincts : 1° la livraison de cinq cents manuscrits (ou plus exactement de cinq cents ouvrages, dont plusieurs réunis dans le même volume), faite par Pie VI en exécution d’une des clauses de l’armistice de Bologne et du traité de Tolentino ; 2° la confiscation de cinq manuscrits supplémentaires et d’environ cent vingt incunables ou autres imprimés précieux, celle du médaillier, des séries de pierres gravées et d’une infinité d’autres œuvres d’art, opérée en 1798, à la suite de l’assassinat du général Duphot. — Quant au prélèvement postérieur, que les auteurs de la Description allemande de Rome évaluent à trois cent quarante-trois manuscrits ‘, et Nibby à plus de quatre cents 1 2, il semble n’avoir existé que dans l’imagination de ces savants; les documents conservés à la Bibliothèque nationale n’en font aucune mention.
La remise des cinq cents premiers manuscrits eut lieu le 13 juillet 1797. Un volume, publié à Leipzig en 1803, d’après les procès-verbaux officiels, nous en a conservé le catalogue détaillé 3. Pour les cinq autres manuscrits et les volumes imprimés, la « Recensio » nous en fournit également la liste, liste qui est conforme, sauf sur un petit nombre de points 4, à celle qui est contenue dans un document manuscrit