‹ Mélanges linguistiques (volume 3)Chapitre 146 sur 151 · PRIX : 12 FR · texte numérisé non relu

PRIX : 12 FR

t*ersonne n^ignore qu'une littérature très abondante a vu ïe jour au xive et au xve siècle chez les puissants ducs de Bourgogne de la Maison de Valois, Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire. Dans leur entourage immédiat ou bien à quelque distance de leur cour si brillante, on voit surgir des œuvres qui, par leur nombre, leur objet et leur portée, constituent un groupe remarquablement imposant et, jusqu'à un certain point, indépendant parmi les productions intellectuelles de l'époque. Souvent ce sont des œuvres qui sont expressément rédigées pour la famille de Bourgogne, destinées à en célébrer l'éclat et les fastes, par conséquent plus ou moins nettement marquées à son estampille. Mais, en même temps, une seconde catégorie de compositions littéraires apparaît : ce sont celles qui, remontant à un âge antérieur au règne de ces princes, sont rajeunies, modernisées ou simplement soit achetées, soit recopiées à leur demande. Outre ces deux classes d'œuvres, il en est une troisième dont l'examen s'impose à qui veut faire connaître le mouvement intellectuel éclos autour de l'illustre dynastie ducale : c'est la classe des livres qui, vieux ou jeunes, sont entrés dans la « librairie » des seigneurs bourguignons par voie d'héritage, en vertu d'une donation ou bien de quelque autre façon.

Il est superflu de rappeler combien était variée cette « librairie » dont nous venons d'indiquer les principaux modes de formation et d'accroissement. Pareillement, nous pouvons nous dispenser de dire qu'elle renfermait de véritables trésors artistiques : les grandes « librairies » modernes, les grandes bibliothèques de l'Europe et particulièrement celle de Bruxelles sont encore là pour témoigner du souci qu'ont eu les ducs (et tout spécialement Philippe le Bon) de se procurer des manuscrits rares et somptueux.

M, G. Doutrepont, dont on connaît déjà V Inventaire de la librairie de Philippe Le Bon en 1420 (Bruxelles, IQ06), s'est appliqué, dans le nouvel ouvrage que nous annonçons, à reconstituer la vie littéraire à la cour ducale en notant les circonstances d'acquisition, d'apparition ou d'élaboration des œuvres diverses qu'on y a réunies. Tandis qu'il prenait soin de fournir des renseignements sur ces œuvres mêmes, il s'est beaucoup préoccupé de rechercher et de montrer en quoi la littérature bourguignonne éclaire ou explique le tour d'esprit, les tendances politiques, l'être moral, la psychologie des princes dont elle a été la respectueuse vassale et parfois l'inspiratrice ou la directrice. Pour le dire autrement, tout en retraçant la formation et le développement d'une splendide collection de manuscrits rassemblés en l'espace de plus d'un siècle, il s'est efforcé de mettre en lumière les rapports qui existent entre ces manuscrits et les goûts, les aspirations du milieu oîi ils ont été confectionnés et recueillis. Dès lors, on peut affirmer que son travail intéresse non seulement les littérateurs, mais les historiens. Ajoutons encore qu'il n'est pas sans jeter quelque jour sur d'assez

nombreux seigneurs lettrés qui ont été les familiers des ducs et qui les ont aidés dans la « quête » des beaux livres. Enfin, il ne sera pas inutile, croj'ons-nous, à la solution d'une question qui n'a pas encore été suffisamment débrouillée jusqu'ici par la critique : les Origines de la Renaissance.

■ Le sommaire que voici donne les titres des différents chapitres et, pour certains d'entre eux, les divers sujets qui s'y trouvent traités. On pourra par là prendre une idée de l'importance des enquêtes auxquelles s'est livré M. Doutrepont et de la valeur des résultats auxquels il aboutit.

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