ET LE SÉMINAIRE DE STE-TUÉRÈSE
d'après son propre témoignage, « à Ste-Thérèse, il est chez lui.» Il appelle auprès de sa personne, à l’évêché, pour le former lui-même aux habitudes sacerdotales, l'enfant chéri de M. Ducharme, son bras droit, M. J. Duquet ; puis, après un an d'absence, le 2 août 1840, dans une cérémonie grandiose et inouïe jusqu'alors à Ste-Thérèse, il le lui rend au plus propre encore à promouvoir jes intérêts de l'éducation. M. Ducharme avait ressenti avec amertume l'éloignement de M. Duquet; le bon père et seigneur, dans sa lettre où il lui annonce l’ordination du nouveau prêtre, s'exprime en ces termes bienveillants : «Aussitôt après la visite, je me propose de préparer à la prêtrise M. Duquet et d’alier l’ordonner à Ste-Thérèse, croyant vous devoir cette satisfaction pour tous les chagrins que je vous ai causés à son sujet. » (Lettre de Mgr Bourget à M. Ducharme, 7 juin 1840.)
Cependant, au mois d'avril 1840, par la mort de Mgr J. J. Lartigue, d'heureuse mémoire, Mgr Bourget devenait évêque de Montréai. Marchant sur les traces de S. Charles Borromée et de S. Alphonse de Liguori qu’il semble avoir pris pour modèles dans sa carrière épiscopale, dévoré du zèle de faire fleurir dans son diocèse le plus pur esprit de l'Eglise et d’y implanter les coutumes et les institutions romaines, il forma le projet d'élever, pour l'éducation de Mans sacerdotale, un petit séminaire qui serait dirigé d’après les règles du saint Concile de Trente. Dans la pensée du pieux évêque, « cette maison devait être un asile à tous ceux qui dans leur enfance montrent de la vocation pour l'état ecclésiastique, afin qu'ils y conservent et puissent par là porter à l’autel l'innocence de leur baptème : elle devait être une école spéciale et avant tout religieuse, où les jeunes clercs apprendraient, dans le silence et la retraite, à pratiquer, à l'exemple de l’enfant Jésus, les vérités qu’ils seront chargés par la suite de prêcher aux peuples ; elle serait une espèce de noviciat où les élèves du sanctuaire, revêtus du costume clérical, s’accoutumeraient à porter de bonne heure le joug du Seigneur, et suceraient, pour ainsi dire, la pié-