‹ Mélanges littéraires [microforme]Chapitre 55 sur 122 · VALIQUET, PHILIPPE, ALPHONSE, AUGUSTE ET ST-PAUL · texte numérisé non relu

VALIQUET, PHILIPPE, ALPHONSE, AUGUSTE ET ST-PAUL

ST-PAUL

Tu m'as invité, je viens.

VALIQUET.

(Après un moment de silence, lui indiquant un siège au bout de la table :)

Voici une place pour vous.

(Auguste, Philippe et Alphonse effrayés se pressent à l'auk St-Paul,

e tre bout de la x Fa Valiquet sert qui fait semblant de manger.)

PaiLiPpe (a& demi-voix).

Vois donc, il ne mange pas ; il jette tout sous la table.

ALPHONSE

Quels yeux creux il vous a !

AUGUSTE

Quel air sévère !

ALPHONSE

Quelle figure de cadavre !

AUGUSTE

Cette maison est maudite !

ALPHONSE

Quelque grand malheur nous menace !

38 L'HOTE A VALIQUET

PHILIPPE

Si nous allions tous être engloutis au fond des enfers !

ALPHONSE

Tais-toi, il nous regarde avec des veux de feu. (Assez long silence.) VALIQUET (en tremblant).

Il fait froid, ce soir, n'est-ce pas ?

ST-PAUL

Oui, suspendu à tous les vents, par les rigueurs de l'hiver, dans les nuits glaciales de février, la moëlle des os en (rissonne au malheureux pendu. (Sience.)

VALIQUET.

La lune éclaire, je crois ?

ST-PAUL

Oui, mais ses pâles rayons ne font pas descendre d’éclair de bonhenr du cœur du malheureux pendu. (Silence.)

VALIQUET.

Il vente ?

ST-PAUL

Oui, sifflant à travers les branches de la sombre forêt, comme le souffie de la mort, le vent se joue dans les cheveux du malheureux pendu. (Silence. St-Paul se lève, tous reculent épouvantés ; il fait quelques pas du côté de la porte, puis se tournant vers Valiquet :)

A mon tour, je t'invite à mon fricot, à sept heures, demain matin, Mercredi des Cendres, premier jour du carême, temps de pénitence. (Z/ sort.)

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