SCÈNE XXI. 4/>.i
quelle indignité! Quoi! vous! vous, Monsieur Boursault! Oui, oui, riez! Tout cela est fprt seuti mental; mais ce n'est point vous, c'est moi qui ai prise de corps sur ce monsieur, et d'une autre manière , Dieu merci ! Vous allez voir ! Allons , qu'on se range, et qu'on me laisse appréhender ce monsieur Boileau , que vous avez la faiblesse d'embrasser si tendrement, quand vous ne devriez le serrer dans vos bras que pour l'étouffer !
BÔILEAU.
Ah! seigneur Rollet! C'est de Néron cela! Quoi! vous volez aussi Racine!
ROLLET
C'est bien! c'est bien! Vos méchantes railleries sont ici hors de saison. Allons , çà , qu'on me suive! Sortons sur-le-champ!
BOURSAULT, pendant que Boileau feuillette un volume de ses œuvres une
plume à la main.
C'est-à-dire, mons Rollet, sortez vous-même ! Les dettes de monsieur Boileau vont être soldées; je m'en charge; il ne vous reste plus qu'à vous retirer sans bruit,' s'il vous plaît.
ROLLET
Quoi! vous! vous, Monsieur! Ah! quelle la-
4r,* BOILEAII ET BOURSAULT.
cheté! Quand vous auriez du plutôt... Mais il n'y a donc plus d'honneur en ce monde ?
BOURSAULT
Je vous conseille de n'y point rester, (a Boueau.) Mais que faites-vous donc ]h?
BOILEAU
Air :
Ce que je fais? De ma satire Je raye à l'instant votre nom !
Que ne puis-je aussi te détruire D'un trait, maudite édition !
BOURSAULT
Mon ami, pourquoi la maudire?
Ah ! oui , vous avez hien raison !
Il faut qu'elle reste , pour dire L'injure et son noble pardon!
( n se remet à écrire.) ROLLET, furieux.
De plus fort en plus fort! Le croirait-on? Boursault le satirisé, prendre la défense des méchants vers de Boileau le satirique!
BOURSAULT
Oh! des méchants vers! si vous disiez des vers méchants , passe encore.