‹ MélangesChapitre 48 sur 111 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ROGER cent , lisant.

Que d'esprit ! que d'âme dans ce morceau ! Ah ! je veux l'apprendre , m'en pénétrer ! Mais quelle perfection désespérante ! Qu'on est heureux d'avoir du génie! Du génie! Je ne m'en

sens que près de Cécile Ah! comme tous

les amoureux.

Air :

Quand tant de cœurs ont du génie, Pourquoi, sans [^atteindre jamais, Tant d'esprits usent-ils leur vie A courir vainement après?

35e BOILEAU ET BOURSAULT.

Le génie , ah ! cela le prouve , Écho d'un cœur dans tous les cœurs , Cest dans le cœur seul qu'il se trouve ^ N'allons point le chercher ailleurs!

(11 reprend sa lecture, puis Jette le livre avec impatience.)

Jamais je n'en ferai autant!... Ce n'est qu'à Paris qu'on écrit ainsi ! Il faudrait me rapprocher

des grands maîtres Mais^ aller à Paris... avec

qui?... avec quoii^... Comment y vivre i^.. Et puis quitter Montluçbn ! M. Boursault! dont je suis le secrétaire, dont j'ai la confiance; et me séparer de Cécile! ma bonne Cécile!... Diable d'imagination! J'ai tout ce qu'il me faut pour être heureux ici; j'aime la personne chargée de la maison oii nous avons été élevés ensemble, et il faut que je me tourmente encore ! . . . Paris ! Paris inspire-t-il plus que Montluçon .^ Je sais bien que ces comptes , que cette place de receveur des finances qu'occupe ici M. Boursault, que tout cela n'est guère poétique; mais pourquoi désespérer , ici plus qu'ailleurs , d'approcher un jour de l'auteur^ àH Andromaque?

M. Boursault ne m'a-t-il pas dit que je promettais ?

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