SCÈNE ÏX
BOILEAU, ANTOINE, entralit d'un air effaré. *
ANTOINE
Ah, Monsieur!
BOILEAU
Qu'est-ce ?
ANTOINE
N'dînez pas ici!
BOILEAU
Pourquoi donc?
ANTOINE
Là bas! à la cuisine...!
BOILEAU
Eh bien.^
ANTOINE
Le cuisinier...! - *
BOILEAU
Le cuisinier à la cuisine. Qu'y a-t-il d'extraordinaire à cela .^
ANTOINE
Monsieur Mignot! le pâtissier de la satire!
SGfiNE IX. 397
BOILEAU
£h ! qu'ont de commun Mignot de la satire avec le dîner, la cuisine et le cuisinier?
ANTOINE
C'est que c'est lui-même ! oui , Monsieur !
BÔÏLÉAU.
Qui?
ANTOINÏ:.
Palsangué ! le cuisinier !
BOILEAU
Le cuisinier, dis- tu ^
ANTOINE
Eh oui! Mignot! Monsieur Mignotll^Uai' reconnu ! . .
BOILEAp, . , , , :
Bon!... vraiment!..^ quç^e singularité!... Eh bien, qu'importe après tout? . ,
ANT0Xîî]E,
Comment, qu'importe! Il faut .l'yqir,. ca,r il sait qu'il travaille pour yoyxs ! Ses yeux ressembl,ç|it^aux cb^çhjonsi 4'pe§,fpii,rne^ux.! Il va, vient , brise tout ce qui tombe sous sa main,. . .
BOILEAU
Laisse-le faire, pjourvu que le dipersoitpassgb^
nos BOILIEAU ET BOURSAULT.
ANTOINE
Monsieur^ il a les deux vers sur le cœur, et j 'tremble !
BOILEAU
Et de quoi?
ANTOINE
Monsieur! si c't'homme-là sait queuq'herbe qui tue les poètes comme le persil tue les perroquets, il la mettra dans une sauce d'abord... y n'y manquera pas !
BOILEAU
Allons donc ! . . . . sois tranquille. Nous sommes ici chez un galant homme qui saura commander au dépit du seigneur Mignot.
ANTOINE
C'est égal, Monsieur, n'restez pas longtemps ici!
BOILEAU
Eh, lepuis-je.^ Tu sais bien que je suis sans argent; que j'ai même quelques dettes dails cette ville , et que j'attends une lettre de change qu'on doit m'adresser ici poste restante..... Hé! j'y pense : va voir à la poste si elle n'est jM)int arrivée.