‹ Mélanges [microforme]Chapitre 11 sur 11 · LEE · texte numérisé non relu

LEE

reçue dans un milieu qui avait conservé la tradition des élégances et des délicatesses du dix-huitième siècle,

Suivant ses goûts, il entre, en 1855, à l'école militaire de Saint-Cyr et, deux ans après, à celle de l’'Etat-major.

Comme lieutenant d'État-maijor, il a fait un stage dans les différentes armes. De 1861 à 1866, il a travaillé à la carte d'Algérie et avec tant de dévouement, de compétence et d’assiduité que le Ministre de la guerre lui a décerné des lettres d’éloges et un prix.

En 1865, il était nommé capitaine.

La déclaration de guerre de 1870 le trouve en Algérie.

Il prévoit, oh! sans grand effort, que la guerre, si inconsciemment engagée, va mettre en péril la fortune de la France. 11 n’a jamais dit, mais il savait bien que si les officiers qui gagnaient leurs grades dans les salons des Tuileries étaient braves, ils manquaient d'expérience, de capacité, peut-être d'autre chose encore. Il pensa qu'il n'y aurait jamais trop d'officiers de cœur, de talent, bons français plaçant au-dessus de tout l’amour de la patrie, et obtint l'honneur de combattre au premier rang.

Il est attaché à cette armée de Metz qui pouvait, dans des mains honnêtes, sinon gagner la partie, du moins la disputer terriblement et permettre l'organisation de l’armée de seconde ligne. Vendu comme les an'res, il fut envoyé en Allemagne et interné pelle, puis à Altenbourg.

Délivré à la paix, il prend du ice l'a; née qui disputait Paris aux bandits de ia Cominune, Sa belle

conduite dans les journées du 21 au 28 mai lui valut une citation à l'ordre du jour de l'armée.

En 1872, la croix de la Légion d'honneur récompensa ses services,

La même année, il épousa Mie Céline Suchet, petite-fille ou petite nièce du maréchal Suchet, l'une des plus pures gloires du premier empire.

Carqueleu, avec ses magnifiques ombrages, ses vastes pelouses, ses corbeilles de fleurs, sa royale avenue, était un enchantement. Pas le moindre nuage dans le ciel de la famille. La joie éclairait tous les visages. On était tout au bonheur de vivre. J'ai vu cela.

Dés cette époque, le ministère pensait à la transformation du corps d'État-major. En 1880 seulement, le projet est adopté. M. de la Quesnerie passe dans l'artillerie avec le grade de chef d’escadron. En 1884, il est nommé officier de la Légion d'honneur; en 1887, après un nouveau séjour dans l'État-major, lieutenant-colonel; en 1880, chef d'État-major du gouvernement de Toul.

J'ai oublié de dire que des études militaires, faites en 1875, sous les ordres du général Lamy, lui ont valu un témoignage de satisfaction, ce qui contribua peut-être à son entrée dans la Commission mixte des armes et engins de guerre.

Nul n'était donc mieux préparé aux importantes fonctions de chef d’État-major à Toul. Importantes fonctions, il faut le répéter, car, èn cas de guerre, c’est vraisemblablement dans le rayon de la place de Toul qu’aurait lieu le premier contact avec l'Allemagne,

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Le gouvernement consacrait ainsi le patriotisme et les grandes capacités militaires du colonel de la Quesnesie.

En 1890, il avait cinquante-cinq ans. Il était dans sa force, connu, apprécié, aimé. Un nouvel avancement était prochain. Ses amis espéraient bien qu’il arriverait, comme d'autres membres de sa famille, aux étoiles de général.

Une insolation, je crois plutôt à une congestion causée par l'excès de travail, brisa cette carrière si pleine de promssses.

Après un congé, il jugea que sa santé ne lui permettrait pas, peut-être de longtemps, de remplir, comme il l’entendait, ses fonctions, et dans un sentiment digne de tout respect, malgré les instances les plus flatteuses, il prit sa retraite par anticipation.

Pour lui quel crève-cœur! N'être plus soldat, n'être plus au poste d'honneur qu’il occupait à la frontière, face à face avec notre ennemi de 1870!

Il continue de donner à l'étude des questions militaires le meilleur de son temps. Il voudrait, en cas de guerre, pouvoir reprendre sa place de combat.

Cependant ses études, dont sa santé limite la durée, ne remplissent pas ses jours. Il s’affecte de l’affaiblissement de sa puissance de travail. Il regarde en arrière. I] revoit cette armée dans laquelle il a vécu les trentecinq plus belles années de sa vie. Il s'ennuie, s’attriste, malgré les soins les plus affectueux, et, selon la parole du livre de Job : « La corde de sa tente est coupée »,

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Le colonel de la Quesnerie était un esprit d'élite, bien pondéré, tout grand ouvert à ce qui est bon et beau. Sous ses formes courtoises, séduisantes, on sentait une volonté, une âme forte qu'aucun danger ne pouvait troubler.

[Il a passé faisant le bien, donnant au pays tout son cœur. Nous pouvons dire que la France et l’armée perdent en lui un homme qui leur faisait honneur.

La Société normande de géographie gardera fidèlement son souvenir,

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