‹ Mélanges numismatiques (volume 2)Chapitre 105 sur 239 · CD · texte numérisé non relu

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S'il est vrai de dire qu'un monument archéologique est à moitié expliqué quand il est bien décrit, il est non moins juste d'affirmer que des monnaies méthodiquement rangées et coordonnées ne sont pas loin d'être bien attribuées. Il s'agit pour nous, à présent, de déterminer la patrie respective de nos sept groupes. Nous savons déjà que tout ce monnayage a été émis dans des pays maritimes, c'est-à-dire baignés par la Méditerranée, comme l'indique le type constant de la galère ; nous sommes certains encore par les légendes que, dans ces contrées originaires, plus ou moins étendues, on faisait usage, ici, de l'écriture araméenne, là, de l'écriture phénicienne. Au point de vue chronologique, le style de ces pièces ne nous permet pas de faire remonter nos recherches au delà de Tan 400, et le type du char royal achéménide nous interdit de descendre plus bas que l'an 332, date de la conquête de la Cilicie, de la Phénicie et de TÉgypte par Alexandre.

Dans cette période restreinte de l'histoire de l'empire des Perses, la prépondérance maritime était aux mains des Sidoniens, sous la suzeraineté du grand Hoi. Déjà, dans le siècle précédent, au temps de Xerxès, le roi de Sidon est désigné par Hérodote comme ayant le pas sur le roi de Tyr et la première place à côté du monarque achéménide*. Les navires >idoniens sont cités comme étant les plus remar*

1 H^rod.. Vin.67. »W.

quables de toute la flotte perse *. C'est le roi de Sidon qui commande les vaisseaux phéniciens sous les ordres de Conon, à la bataille de Cnide en 395*. Le successeur peut-être immédiat de celui-ci, Straton, est fameux pour son philhellénisme; son ambition était de dépasser le luxe hellénique des rois de Cypre'; les Athéniens rendent un décret en son honneur*, et c'est à lui, sans doute, qu'il faut attribuer l'inscription bilingue découverte par M. Homolle à Délos*. Un peu plus tard, au milieu du iv® siècle, quand la Phénicie tout entière se révolte contre Artaxerxès III Ochus, c'est à Tenues, roi de Sidon, successeur de Straton, que les représentants des cités phéniciennes, rassemblés à Tripolis, confient le redoutable honneur de diriger les opérations militaires contre les satrapes Mazaios et Bélésys. Bref, c'est à bon droit que l'on était surpris, en voyant l'importance du rôle politique de Sidon, de constater que, tandis que de petits dynastes phéniciens contemporains, comme ceux de Gébal, ont frappé monnaie à leur nom, les opulents et puissants princes sidoniens, comme Straton et Tenues, en étaient dépourvus. Cette anomalie n'était qu'apparente : du moins, je propose de la faire cesser en attribuant aux rois de Sidon la plupart des monnaies dont nous avons, tout à rheure, dressé le catalogue sommaire.

Les monnaies du groupe A sont anépigraphes, de

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