LES
DK LA CAPPADQCK
DATAMK, ARKOCOMAS, ARIARATIIK
Je n'ai pas rintenlion de raconter ni même de résumer Thistoire de la Cappadoce sous la domination des Perses Achéménides. Tout ce qu'on sait des obscures annales de cette province a été naguère coordonné et criti(|ué par M. Tliéodore Reinach, avec la sagacité et la précision scientifupK* cpii caractérisent tous ses travaux*. Il me suffira de rappeler qu'il a démontré que la généalogie des rois ancêtres des Ariarathes, telle cpie Diodore nous Ta transmise, est entièrement fabuleuse, et (|u'il a donné les noms d'un certain nond)re des véritables gouverneurs de la Cappadoce antérieurs à Alexandre.
Les premiers d(* ces byparcpies ca|)padociens n'ont pas frappé monnaie; uiais, sous Artaxerxès II Mnémon, nous voyons l'un d'eux. Data me, battre monnaie à son nom; puis, a|)rès Datame juscju'à Ariarathe, le contemporain de la concpu'^te macédonienne, se classent un certain nond)rc d(* drachmes ca|)padociennes à noms de gouvenuHH's, et bien connu(*s par
1. T. Reinach, Trois royaumes tfr l'A'n'r Mineure, pp. .5 et «iiiv.; cf. Revue mumiitmatitfue, pp. .105 et siiiv.
supposé Fr. Lenormant et A. Judas* ; c'est un rfl/?A... Il ne reste doiKî qu'à lire Tarcnmo{s)o\x Tarcommo(s). et dès lors toute analogie avec un nom perse et surtout avec celui de Datame disparait complètement. Tarcan\os. dont le nom rappelle celui de Tarsos et des dynastes cilicicns, Tapx6vSr^(jio<; et TapxovSiaoToç, surtout s'il était permis de lire Tarcommos pour Tarronmos, est évidemment un prince indigène, fils ou descendant du roi Syennesis, qui régnait à Tarse en 40 r. ))
Nous avons déjà dit que la question de savoir si la troisième lettre est un raph^ un nouu ou un daleth. ne saurait être tranchée palcographiquement; ou l)lutôt, Texamen comparatif d'un très grand nombre d'exemplaires nous conduit à la conclusion suivante : Dans la plupart des cas, on lit bien nettement un {taleth ; sur des pièces plus rares, on pourrait reconnaître un noun ou un caph, mais ce n'est qu'une illusion, et il faut voir ici, en réabté, des daleths mal formés; ce qui le prouve bien, c'est que sur les monnaies du satrape Mazaios, par exemple, où Ton ne j)eut lire (|ue H*^ ou HT^, la lettre daleth ou resch (»st parfois exactement faite comme la lettre qu'on voudrait lire noun ou raph sur les monnaies de Datame. Au surplus, le prétendu Tarcommos ou Tarcamos n'a |)as transmis son nom à la postérité, tandis que Datame est, au contraire, fort bien connu historiquement : (lornelius Xepos lui a consacré un ('hapitr(» de sa bioj^raphie des hommes illustres, et il