Eckhel, D. N. V., t. II, p
3. Voici le texte de cette inscription mutilée : KûÇtxov xt[(JTT]v I) TCt^i; ini ap)(^o'vTOJV Tûv izzpi r. 'louXiov SêXeuxov, uÔv âp/iEpéoj;, rpovOTjaavTcuv T^ç âvaTTûtaEco; xal tou ata.... tôîv av8piavTCi>v xoa{iou xou OeaTpou êv ttj lauxàîv ap/Tj r. *lo'Skiou ScXejxou x«l ...Aùpr,Xîou IlsxiSiavou 'AyaOr^ji^pou. Boeckb, C, /. Gr., n* 3667.
met de reconnaître en lui une œuvre qui a subi rinspiration lointaine du fameux canon de Polyclète.
Chacun sait que, parmi les œuvres nombreuses du sculpteur grec qui fut le digne émule de Phidias, celle qui eut le plus de notoriété dans l'antiquité était la statue d'un éphèbe, désigné sous le nom de Doryphore ou a porte-lance » . Le Doryphore représentait un jeune homme parvenu à la plénitude du développement physique, entièrement nu, tenant sa lance de la main droite, le pied gauche ramené en arrière, de façon à porter tout le poids du corps sur la jambe droite. C'était un chef-d'œuvre au point de vue anatomique, si Ton en croit les auteurs anciens, et il est resté le modèle classique, le canon des sculpteurs grecs jusqu'à Lysippe. Pas n'est besoin de rappeler plus longuement ces notions qu'on trouvera développées dans tous les ouvrages relatifs à la sculpture grecque*; j'insisterai seulement sur un point encore : c'est que ce fut Polyclète qui imagina de faire supporter, dans ses statues, tout le poids du corps par une seule jambe : proprium ejus est^ dit Pline (XXXIV, 56), ui uno crure insistèrent signa excogitasse.
Que l'on compare la statue du héros Cyzicos, sur les monnaies, avec les répliques du Doryphore qui nous sont parvenues, et l'on ne pourra méconnaître une certaine analogie, sinon même de la ressem-
1. Voyec notamment : 0 Rayet, Monuments de tari antique, 4* livr.; E. Babelon, Le Cabinet de» Antiques à la Bibliothèque nationale, pp. 41 à 45 ; l'art. Polykleitos, dans les Denkm'àler de Baumeister ; P. Paris, La sculpture antique, p. 256 ; et pour les textes relatifs au Doryphore : J. OTcrbeck, Die antiken Schrifiquellen zur Geschichte der Bildenden Kuntte h§i den Gritchen, p. 170 à 172. *
blance. C'est le même port, la même attitude, la môme souplesse, les mêmes proportions. Nous pouvons donc conclure de ce rapprochement caractéristique, que les monnaies nous fournissent Timage d'une statue de Cyzicos, sculptée par un artiste qui, par suite d'une tradition invétérée dans les écoles de sculpture, paraît avoir pris à tâche de se conformer au canon de Polyclète.
Les deux médaillons de Cyzique, dont nous venons d'analyser les types, ont le même droit : les deux têtes de Commode jeune paraissent frappées à Taide d'un coin unique. La légende prouve que ces pièces ont été émises du vivant de Marc Aurèle, père de Commode, alors que ce dernier n'était encore que César. Elle correspond à celle des monnaies de coin romain qui est ainsi conçue : L*AVREL*COMMODVS CAESAR AVG-FIUGERM. On sait que Commode, qui naquit en 161, l'année même de l'avènement de Marc Aurèle, reçut avec son frère, Annius Verus, le titre de César, dès l'an 166, puis qu'il prit avec Marc Aurèle le titre de Germanicus en 172; enfin Commode fut associé à l'empire avec le titre d'Auguste en 177*. C'est donc entre les années 172 et 177 que nos médaillons ont été frappés à Cyzique. La forme ù6ç pour utoç se rencontre souvent dans les inscriptions et parfois aussi sur les monnaies : M. Waddington l'a signalée, notamment, sur une pièce de bronze d'Acmonia, à l'effigie d'Elagabale*.
t. Eckhel, D. N. V., t. VII, p. 102; G. Wilmanns, Exempta inscr, latin,, t. II, p. 515.
3. WaddingtoD, Voyage numUm. en Aiie-Ijfineure, p. 6, n* 7 et p. 8.