‹ Mélanges numismatiques (volume 2)Chapitre 173 sur 239 · Thurïd.. vin. «i · texte numérisé non relu

Thurïd.. vin. «i

î. Thuryd. VIII, 'ifl, SI, elr. : Di«d., XIII, 36. 4fi ; Jmlin, V, ï, 5 ; Plut. ^/W4..îi. îfl, Ole.

3. Sii. dnn. le !iiiati>malic VhroaUU, 1B8«, pp. U-H du tirn([e i pnH.

tarda pas à amener Alexandre. Contrarié dans ses plans par les autres satrapes, Memnon ne put faire manœuvrer ses nombreux bataillons comme il Teùt voulu, et après la bataille du Granique, au printemps de 334, il dut battre en retraite surTIonie, se dirigéant droit sur Ephèse où la nouvelle de la défaite des Perses avait causé une vive émotion, en raison de l'impopularité de Syrphax. Ayant essayé en vain d'organiser la résistance à Ephèse, Memnon, poursuivi par Alexandre, descendit en Carie et se jeta dans Halicarnasse où il fut assiégé dans l'automne de 334.

La suite des événements politiques que nous venons de rapporter explique clairement l'émission de nos monnaies. Les prytanes éponymes d'Ephèse, en 335 et 334, étaient AiQuioxXf^;; (ou ArjuLayopr^ç) et riuOaYopr^ç; ils frappaient monnaie aux types urbains lorsque Memnon prit la ville et y installa Syrphax. Memnon ayant besoin d'argent pour la solde de son armée et le recrutement des troupes, les chargea d'émettre, concurremment avec les monnaies delà ville, les statères au type du roi de Perse, en archer mélophore, qui portent leur nom. L'émission de ces pièces, commencée en 336, a pu continuer pendant la campagne qui aboutit h la bataille du Granique, et même durant la retraite de Memnon sur Ephèse, puis sur Halicarnasse. Il est, en effet, très vraisemblable que l'atelier monétaire de Memnon se déplaça et le suivit dans sa marche rétrograde : les pièces du même type et du même poids que les précédentes, mais absolument anépigraphes, que nous

[ilicnicienne avec un banc de rameurs. Cette galère, qu'on a prise, dans certaines descriptions, pour une palme, a la même forme que sur les monnaies des rois de Sidon. Sa présence est, ici, très significative, car elle s'accorde avec les circonstances politiques de l'émission monétaire. Le style des ))ièccs, enfin, convient aux dernières années du v' siècle.

Je ne connais que ce groupe de trois pièces, lrap|»ccs à As pendus par Tissa pherne. M, llead a voulu rattaclier au niènic ensemble une obole qui ne |>ortc point la même tète de satrape, et qui. d'iiilleurs, appartient sûrement à Datame'.

Mais Tissapberne a encore frappé monnaie dans une aulre circonstance de sa carrière militaire, et c'est son effigie que porte le statèrc d'argent suivant, dont l'exemplaire unique, conserve au .Musée britannique, est une œuvre d'art digne d'être rapprocliéc des plus belles monnaies de Lampsa<|uc ou de Clazomcnc.

'i. Tète barbue du satiape Tissaplierne, à droite, eoillèe de la tiare perse dont les fanons sont ramenés sous le menton.

If. BAZIA{é<u;). Lyre à sept cordes. TiMces d'un carré creux.

.ft. Statère, I."» gr. :iO. lïiiti>li Muséum'.

1. a. Utiid, ni coinagr of l.y.f,,, nad IW,i.,. ji. M ri pi. m, fi^. 37. 8. MionncI, Sappl., IV. p. 2T4, i.- iJ ; .lue •!<.■ Liiync, .\umin». •Ii> i.ilrapif>,

Cf: rit.ilerf-n «.'te bien -souvent [>ubliê: on Ta attribué à tl\\(:v< [^.i\> : et 1 on a voulu rcionnaitrc. dans les traits <!orit le r-jif^rterc iconique ne saurait faire doute, le r»i Aï t.ixerxt.'s Mnêrnon. La véritable attribution de rrtt** bflle médaille n'a été lîxée que réeemment, piir M. Six. Kn comparant le type de revers avee r.elfii de monn;iies de la ville d'Iasos en Carie, ce s/jVririt. a qui 1 on doit tant d'autres découvertes dans In numismnlirjue asiatique du iv* siècle, a remarqué rpje c éliiit le même style et le même tvpe, si bien qu'il de^e^lait impossible de ne pas conclure à Tidentit^- diltelier. Les monnaies de Colophon ont bien la même Ivre également, niais la similitude n'est pas iiijs-i jjiirriite, et de plus, on ne voit point, chez les historiens, dans quelles circonstances politiques un s,itiape rpieiconque aurait été amené à frapper monnaie ;i Colophon, tandis que lasos fut une des places iinpoitiintes de Tissapherne.

M. Six. recherchant dans quelles circonstances Tissjqiherne a pu fr«q)per, à lasos, ce beau statère, croit r|ue c'est en M'2. après qu'Amorgès. satrape révolté, eut été a>si<}gé dans lasos et capturé par Tissapherne. bi, je, (h Hère d'avis avec le savant hollandais. La guerre finie, l'issaphcrne n'avait plus lieu de faire fVfjpper monnaie, car il n'entra dans lasos que lorsrpj'Amoigès fut réduit et fait prisonnier. De plus, en comparant nr)tre statère avec les monnaies frappées p.ir Tissapherne en ^i 1 1 , à Aspendus, nous constatons

[I. .'l'i, |il. \r; W.rMin^'Iori. Mrlnn'^rH df numism., 1861, p. 90 et pi. \ll, i: li. If'M'l ( oitiii:^»- iij 1.1/dia nntl l'ri .'*itt. p. 5'». pi. III. 2'i ; Gnide lo Ihe coins of Ih,' Anir'if- |i. îs. p!. MX, W-^. 'i~ ; I:iih > >f-niuinL'r, Porlràtkxpfe, p. 22, pi. IH. 1 . >ix. 'l.in- !•■ .Wimisrn. ( Itittntrle. IS.SS, p. lOdu tirage à part.

que le slalère frappé à lasos est sensiblement d'une épo(jue postérieure aux autres. Il n'y a presque plus trace de carré creux, et cette circonstance très significative n'est pas suffîsaninient expliquée par la différence et Téloignement des ateliers. Aussi, en cherchant, dans la carrière de Tissapherne, une autre occasion d'armements pendant laquelle il a pu frapper monnaie à lasos, je crois l'avoir trouvée dans cet épisode raconté par Xénophon :

A|)rès la mort de Cyrus le Jeune et la retraite des Dix-Mille (^lO 1-400), Tissapherne fut réinstallé parle grand Roi en Asie .Mineure ; les villes ioniennes, qui s'étaient autrefois détachées de lui pour embrasser le parti de Cyrus, refusèrent de reconnaître son autorité, et, pour maintenir leur indépendance, elles demandèrent des secours à Sparte qui leur envoya Thibron, en 399. Tissapherne essaya en vain de prendre Cymé, mais il battit Thibron, puis Dercyllidas son successeur. Tissapherne s'était fortement établi en Carie avec son armée : en 397, Dercvilidas vint l'attaquer dans cette contrée, pendant (|ue le navarque Pharax longeait la cote avec ses vaisseaux pour appuyer le mouvement de Tharmoste lacédénirmien. (]e fut alors (pie, pour résister à celte alta([ue, Tissapherne, qui avait avec lui Pharnabaze, se décida à prendre l'oflensive; à la tète de toute son armée, il passa de Carie en lonie et franchit le Méandre pour aller menacer EphèseV Nous n'avons pas à poursuivre plus loin l'analyse du récit de Xénophon ; la campagne, commencée, d'ailleurs, d'une

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