Trog. Pomp., Prol., X
2. Six, dans le Numtsm. Chroiiicle.^ p. 16 du tirage à pari; Th. Reinacb, dans la Reuue des études grecques, 1890, p. 365.
3. Humnnn et Puchstein, Reisen in Klcinasien und Sord Syrien. (Bcrln. Reimer, 1890); Th. Reinach, dans la liei'ue des éludes grecque», ISJ\ pp. 364-367.
blement à cause d'elle, — ceci est ma seconde remarque, — il m'est venu, d'un amateur de Gonstantinople, les empreintes de nouvelles drachmes d'Ahrocomas : elles n'ont fait que confirmer ma lecture et mes conclusions. L'une d'entre elles, a bien, à la vérité, l'inscription ^«i/ Hj^^)'^, mais une autre, de meilleur style, porte une légende dont je donne
le fac-similé: ^"l^^^ (.DD"I3;7). Remarquez le
resch dont la queue, extrêmement longue, ne saurait convenir à un daUth ; la quatrième lettre enfin s'y trouve conformée comme un caph araméen régulier, et n'affecte plus la moindre ressemblance avec le meni qui le suit. Sur un exemplaire dont les types étaient en partie oblitérés, j'ai pu lire nettement l>tH1i9^ (IDDISV). La question me paraît
donc définitivement tranchée.
Enfin, nous avons passé en revue les monnaies araméennes d'Ariarathe frappées à Sinopc et à Gazioura, vers 350. Nous avons insisté aussi particulièrement sur les imitations barbares de ces monnaies, imitations sur lesquelles on s'est trop hâté de lire de nouveaux noms de gouverneurs. Sur un exemplaire qui m'est communiqué par un marchand, on lit en gros caractères les signes barbares HTA-, dans les((uels je n'hésite pas à reconnaître, au lieu d'un nouveau satrape, les lettres médianes du nom dWriarathe, [PN] IV [IN]. Loin de nous la pensée de revenir sur les faits que nous avons explicitement exposés et que nous rappelons seulement dans le but de compléter le cycle des monnaies satrapales que
'';î:it:i"Tî»'nr mn.-*
. mm
- - ; • • : :-.<t: ti. ;::::< ir^e ^ je les . . : ^. . - .- :- î::.:? zi:iirt:-lre?. et i
.'•- . -, .. r V -T.:: ::rn lîârbitràire el : :■ - . - .. -^r :;. i-;^ niirinaies qui portent .:.- -j*.:i:-i:*. Ces hjuls foncti»>n- : :'::^-: :. -Vi:vr;l nullement, comme ::-.". . :-:- :e L-ttre monnaie j»ar suite r;;. *;:.•. i ^ : .uv /r i.entral. Un seul d'entre f s^. h:'fU\^:. \/'. î: j'i-'-r 'les espèces d'un caractère jîi-, ii\*:t.\:',u\\*'\ : I ».iti<Jc rip.ine de son monnayage ne f:>.t. qi]r; rofifij/jj^-i" l-i l')i doiit nous avons précisé la
Au point ^lf: vufj ir;orio;:^raj>liir[ue. il se dégage aussi 'I'" fjo- kmIiomIm's uïu- cr,Msidération importante. ^,^■•^1 l>i(fi I <Hi;^jc (les satrapes et non celle du roi .\r\u\\\r\\uU- rpir rir>ns préscîutent les monnaies satra-
• ' .mm
pales, dans ces têtes d'un caractère iconique et personnel indéniable, et toujours couvertes de la tiare basse à fanons, ceinte d'un bandeau, coiffure qui, dans certains cas, rappelle le bonnet phrygien, ou qui, d'autres fois, cache le menton et encadre le visage, comme le turban des Arabes. J'insiste sur ce point : c'est la coiffure caractéristique des satrapes ; quand le roi achéménide est représenté sur les monnaies satrapales, il a toujours la tcte surmontée de la cidaris crénelée ; c'est d'ailleurs aussi la cidaris qu'il porte sur les dariques et les sicles : il n'y a pas d'exception.
Du moment que l'effigie personnelle et bien caractérisée des satrapes paraît sur les monnaies qu'ils ont frappées, l'idée nous est tout naturellement venue de rechercher si, sur les dariques elles-mêmes, on peut aussi retrouver les traits personnels de chacun des rois achéménides, malgré Texiguïté de l'image monétaire. Je crois, comme M. Six, qu'on peut arriver, sur ce point, à des résultats véritablement scientifiques, qui ne sauraient être qualifiés « a refinement of classification )) quoi qu'on en ait dit*. Je me réserve de revenir avec détails sur cette intéressante question et d'établir que chacun des rois achéménides a adopté, sur ses dariques et ses sicles médiques, un type iconique exclusivement personnel. Remarquons seulement, aujourd'hui, qu'en dehors même de l'étude des types monétaires, le bon sens et la raison philosophique nous mènent à cette conclusion. Ouand Darius crée la darique, c'est son image individuelle,
1. D. Hcud, The coinaf^eof Lydia and Persia, p. 28, note ; cf. p. 25.
son effigie quMl y fait graver, et non une figure banale et abstraite de roi tirant de Tare. Philosophiquement, l'esprit procède du concret à l'abstrait, de l'analyse à la synthèse. La représentation hiératique, idéale, conventionnelle et abstraite d'un roi Perse achéinénide, ne peut s'être formée que par la synthèse des images individuelles de chacun des |)rinces de cette race, et par le groupement des caractères communs à tous les membres de cette famille ; elle n'est, par conséquent, que la résultante des portraits individuels et concrets qui l'ont précédée. On voit ainsi qu'en faisant graver leurs propres traits sur les monnaies, les satrapes se sont tout naturellement conformés à Tusage adopté pour la frappe des monnaies d'or et d'argent des rois Achéménidcs.