Le style des monnaies aux types de la tête
1. Polybc, XVI, 24; Tile-Livc, XXXIII, 18; cf. Dichl et Cousin, dans le Bull. corr. heil., t. X, p. 303.
d'Apollon et du Pégase galopant se rapportent bien à l'époque d'Antiochus III, et il n'y a, de ce côté, aucun obstacle à attribuer à cette période les monnaies à la légende ANTIOXEflN.
4. Un des arguments invoqués par Eckhel pour soutenir que les monnaies en question sont le produit d'une alliance monétaire entre Alabanda et Antioche sur le Méandre, c'est qu'on trouve quelques noms de magistrats à la fois sur les pièces à la légende AAABANAEON et sur celles qui portent ANTIOXEflN. Cette raison a même paru péremptoire à la plupart des numismatistes. Or, à mon avis, elle prouve, bien au contraire, l'identité de la ville d'Alabanda et de la ville d'Antioche, et voici comment. Les noms de magistrats qu'on rencontre à la fois avec le nom d'Alabanda et le nom d'Antioche, sont au nombre de trois seulement : ce sont Ménéclès, Menestheus^ et Timoclès. Je n'en connais pas d'autres*. Or, nous conclurons tout simplement que la ville d'Alabanda a changé son nom en celui d'Antioche pendant que ces trois magistrats étaient en fonction et étaient chargés de battre monnaie. Ceci n'a rien que de très naturel : les magistrats monétaires étaient au nombre de trois à Rome, à Athènes et dans un grand nombre d'autres villes.
1. MenestheuM et non Meneulheu*, comme a lu Mionnet, ou Pereslheus , comme a lu Combe, Musée Uunier, pi. v, n* 7.
2. Mionnct, dans une note de la p. 305 (t. V de sa Description) , désij^nc le nom AHMHTPI02 comme se trouvant avec Tinscription AAABAN" AEflN- Mais c'est une erreur; ce nom de magistrat ne se présente qu'avec ANTIOXEflN. L'erreur de Mionnet me semble provenir de ce que cet auteur a mal interprété ce que dit Eckbel, Docir. num. vet., t. H, p. 572.
C'étaient peut-être des stratèges comme à Athènes * ; du moins, cette conjecture est fondée sur une inscription trouvée près d'Alabanda, qui mentionne un Ménéclès qui pourrait être le même que celui des monnaies, et qui est qualifié dans le texte épigraphique (rzpoLTrp(6<; eut /.^paç*. Quoi qu'il en soit, la présence des trois magistrats, Ménéclès, Menestheus et Timoclès sur les monnaies à la légende AAABAN- AEflN et ANTIOXEflN, loin detre, comme on Ta cru, contraire à notre thèse, ne fait que la confirmer d'une manière éclatante.
5. Une alliance monétaire comme celle dont parle Eckhel n'est pas vraisemblable, et les exemples qu'il cite ne peuvent servir dans l'espèce. En effet, quand deux villes concluent une alliance monétaire, les types communs qu'elles adoptent sont empruntés à la fois à lune et à l'autre des villes associées. Même pour les cistophores, puisque Eckhel invoque cet exemple, si les types de cette espèce de monnaies restent généralement les mêmes partout, les ateliers différents qui les émettent y ont placé, à côté du type principal invariable, un monogramme ou un symbole qui leur est propre. Sur les monnaies des villes associées, on retrouve les types particuliers à chacune d'elles, et bien souvent, le mot OMONOIA qui ne laisse aucun doute sur l'origine et la nature de ce monnayage à frais communs. Rien de tout cela sur les monnaies aux types de la tête d'Apollon et du
1. Th. Reinach, Le» Stratèges sur les monnaies d'Athènes, dans la Revue des Etudes grecques, 1888.
2. HauTette-BesnauIt et M. Dubois, dans le Bull, de corr. hell., t. V, 1881, p. 180.
Pé:^^ft f^U^^nt, qprie loa ^oiuir^t classer a Aisbcciie nnr ï&. M^^ndre : c^ ^oot les types d Alobamii. et 4;)rn^ lhypr>f}u»:^0t q^ut rmiis cotnbattoas. il î^oiirait ^âffté:fXr&. qn^. r^ï«#V!iatioa œ ^e manifeste *ar les rw/mn;*»^^ par anieini '%i^?ne: exterietir. Les Ivpes partir;iili^rf* ;^ Antio^he %ar le Méamire ne se troorenl p^ft ff^>ro<fiiit^ : cettft rille renonce à t£>at ^yutbole el fjHft aWirjfie IfA^letnetït §mi aotoiioaiie oiociétaire p<'>nr pffmdrfi excln^ïreraenl les types d'Alabanda. «ion n%^<><:%^ze, f>rla n'est guère TraisemWable.
fi. (^ ^yf^' ^^ Péfpsie galopant a sa raison d^ètre à Alah^inda; il »'expiiqae par la hble qu'a rapportée rAiennf: de HjT^nce^ dans le passage ctlé plus haut^ piif«»r{iif; le nom d'Alabanda même serait dérivé de (Uuix mol» rraricm», âf/!a, <r cheval, » et banda, c victoire!, » co r|tii ffirrait allusion à un succès hippique rfîfriportr'T par Caros le fondateur de la ville, ou à Ivvippoh, le génie protecteur des hippodromes. Pégase n'a riiîH à voir avec Antioche sur le Méandre, dont Ion typoM monétaires sont tout différents.
7. Une dernière remarque. On sait qu'un très gnttul nombre des villes d'Asie Mineure ont souvent pour type de leurs monnaies un bison cornupète : il n'cHt donc pas surprenant de le rencontrer sur des pièces d'Antiochc-Alabanda, de même que sur des pi6ceH d'Antiorhc sur le Méandre, bien que le monnayage de ces deux villes soit tout à fait indépendant l'un do l'autre. Mais quand les monnaies appartiennent ù ce dernier atelier, on voit toujours sous le bison les détours carrés du Méandre', tandis qu'ils ne